vendredi 9 janvier 2026
Un ROUGE 2026 pour toutes et tous !
lundi 20 juin 2022
Pour Rachel. Le Vieux Communiste. Traduction
dimanche 18 juillet 2021
La poésie en des temps de sauvagerie
Y'a-t-il un temps pour la poésie, en une époque de sauvagerie ? Cette question n'est pas nouvelle. A chaque impasse humaine, après chaque catastrophe, l'impuissance de la poésie à humaniser l'Histoire est questionnée. (...) Je dois bien reconnaître ici que notre présente célébration est embarrassante. Non que la poésie puisse paraître étrangère à notre époque de barbarie, puisque la poésie a toujours été fille de son temps ingrat, mais parce que la célébration est fête, et que nous sommes bien incapables de ressentir la joie de la fête... Non qu'il y ait un deuil chez notre voisin, mais bien parce que nous, nous tous habitants de cette petite planète, nous tous, nous sommes en deuil! (...)
La mort palestinienne quotidienne est devenue une sorte de bulletin météo, la tyrannie américaine ayant placé l'occupation israélienne au-dessus du droit international et élevé la puissance occupante au rang de la sainteté. C'est un monde sauvage, dément, égoïste, dans lequel ne prévaut pas d'autre loi que celle de la jungle, un monde armé au surplus de la puissance nucléaire. Est-il encore possible d'écrire un poème ? Comment peut-on être à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du réel en même temps ? Comment peut-on à la fois contempler et s'engager ? Comment peut-on poursuivre sa tentative permanente : recréer le monde grâce à des mots à la vitalité éternelle ? Et comment sauver ces mots de la banalité de la consommation de tous les jours ? Sans doute avons-nous besoin aujourd'hui de la poésie, plus que jamais. Afin de recouvrer notre sensibilité, notre conscience de notre humanité menacée et de notre capacité à poursuivre l'un des plus beaux rêves de l'humanité, celui de la liberté, celui de la prise du réel à bras-le-corps, de l'ouverture au monde partagé et de la quête de l'essence. (...)
La poésie est-elle capable, aujourd'hui, de se retrouver elle-même, tant la clarté de son contraire est excessive ? Peut-être, car la poésie, ce moyen particulier de supporter la vie et de se la concilier, est aussi une méthode qui nous permet de résister à une réalité inhumaine en écrasant l'évidence de la vie. (...) En effet, la poésie ne combat pas la guerre avec les armes et le langage de la guerre. La poésie n'abat pas un avion à l'aide d'un missile oratoire. La contemplation de l'éternité d'un brin d'herbe, de l'adoration du papillon à la lumière, de ce que le regard de la victime ne dit pas au bourreau : voilà de quelle manière la poésie combat l'effet de la guerre contraire à ce qu'il y a de naturel en nous, de cohérent avec la nature. (...)
Il est vrai qu'une poésie qui ne conserverait pas sa vivacité en d'autres temps serait une poésie qui se dissoudrait aussi rapidement que le présent change. Il est vrai aussi que la poésie emporte avec son devenir et qu'elle renaitra, demain. Mais il n'en est pas moins vrai que le poète ne peut renvoyer l'"ici" et le "maintenant" vers un ailleurs et vers un autre temps.
C'est en ce temps de tempête que la poésie a besoin que soient posées les questions qu'elle soulève, seule, d'une façon qui la rende présente et vivante. Rendre le langage vivant, rendre le fluide de vie aux paroles, voilà qui ne peut se faire sans redonner à la vie le sens de la vie. En cela la quête du sens est la quête de l'essence, c'est là notre questionnement humain, collectif et personnel. C'est ce qui rend la poésie à la fois possible et nécessaire.
Mahmoud Darwich, Poète et écrivain palestinien. 1941-2008
Allocution prononcée en 2003, lors de la manifestation "rencontre avec Mahmoud Darwich", à la cité d'Aix-en-Provence
vendredi 19 juin 2020
De tout, il resta trois choses. Fernando Sabino
De tout, il resta trois choses :
La certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu’il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche, une rencontre !
dimanche 22 mars 2020
Puisque la poésie est politique. Ya que la poesia es política
La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
Paul Eluard
lundi 16 mars 2020
Coronavirus. De la peur à l'espoir.
De William Ospina
in El Espectador
À qui parle Virginia en marchant vers l'eau ?, traduit de l'espagnol par Tania Roelens,
Ursúa, trad. Claude Bleton, J-C. Lattès, 2007
Le pays de la cannelle, trad. Claude Bleton, J-C. Lattès, 2010
Arrêter net, trad. Tania Roelens, Paris, Editions des Crépuscules 2019
mardi 22 mai 2018
Milonga del fusilado. En hommage à Alain Fichet
Ne me demandez pas qui je suis
ni si vous me connaissiez
les rêves que j'avais eu
grandiront bien que je ne sois plus
Je ne vis plus mais je continue
à la recherche de ce que je cherchais
et les autres qui continuent à se battre
verront naître d'autres roses
Au nom de ces choses
tous continueront à me nommer.
Ne vous souvenez pas de mon visage
celui qui fut mon visage de guerre
alors qu'il y avait sur ma terre
le besoin d'être dans la haine.
Dans le ciel qui s'éclaire déjà
vous verrez comment était mon front
peu de gens m'ont entendu rire
et bien que mon sourire soit ignoré
vous le retrouverez dans l'aube
du jour que l'on aperçoit.
Ne me demandez pas mon âge
J'ai les années de tous et toutes
parmi de nombreux choix, j'ai choisi
d'être plus vieux que mon âge
Et les années en vérité
sont les coups que j'ai donné
Je nais avec chaque fusillé
et même si mon corps se meurt
j'aurai l'âge en vérité
de l'enfant que j'aurai libéré.
Ne cherchez pas ma tombe
parce que vous ne la trouverez pas
Mes mains sont celles qui vont
dans d'autres mains qui se battent
ma voix est celle qui crie
mon rêve est celui qui continue entier
et sachez que je ne meure
que si vous commencez à lâcher
Parce que celui qui meurt au combat
vit dans chaque camarade.
vendredi 27 avril 2018
Pour un 1er mai internationaliste : SOMOS SUR (Ana Tijoux feat Shadia Mansour)
Pour ce 1er mai 2018, voici la traduction des paroles de la chanson d'Ana Tijoux : SOMOS SUR
Tu nous dis que nous devons nous asseoir
Mais les idées ne peuvent que nous mettre debout
Cheminer, avancer, ne pas se rendre ni reculer
Voir, apprendre, absorber comme une éponge
Personne n'est en trop, on a besoin de tous, tous comptent
Tous pour tous, tout pour nous
nous le crions haut et fort, il n'y a pas le choix
ce n'est pas une utopie, c'est une joyeuse rébellion
la danse de ceux qui sont de trop, ta danse et la mienne
pour nous lever et dire : ça suffit
Ni l'Afrique, ni l'Amérique Latine ne se vendent aux enchères
avec de la terre, un casque, un crayon, fouler au pied le fiasco
provoquer un tremblement de terre social dans ce bourbier
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Chili, Angola, Porto Rico et Tunisie
Algérie, Venezuela,
Guatemala, Nicaragua, Mozambique, Costa Rica
Cameroun, Congo, Cuba, Somalie,
Mexique, République Dominicaine, Tanzanie
Tirez vous de l'Amérique Latine yanquees
français, anglais et hollandais, je te veux libre Palestine
(Donne moi le micro)
La musique est la langue maternelle du monde
Elle soutient notre existence, elle protège nos racines
Elle nous unit depuis la grande Syrie, à l'Afrique, jusqu'en Amérique Latine
Ici je suis avec Anita Tijoux
Ici je suis avec ceux qui souffrent, et non avec ceux qui t'ont vendu
Ici je suis avec la résistance culturelle
Depuis le début, hasta la victoria siempre!
Je suis avec ceux qui sont contre, ceux qui n'ont pas collaboré, ceux qui sont de notre côté
Depuis longtemps j'y ai pensé, c'est pourquoi j'ai investi sur Banksy quand Ban-Ki s'est brisé
Comme dit le refrain : "la situation a besoin d'être bercée mais en réalité la situation doit s'arrêter"
Pour chaque prisonnier politique libre, une colonie israélienne s'agrandit
Pour chaque salut, mille maisons dévastées
Ils utilisent la presse pour ce qu'ils peuvent fabriquer
Mais quand ma peine est condamnée, la voilà la réalité
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Mille fois nous vaincrons, du ciel au sol, du sol au ciel
Allons, sau, sau, sau, sau, sau, sau, sau, sautant
Petit Cheval Blanc, repars dans ton village
Nous n'avons pas peur de toi, nous avons la vie et le feu
le feu de nos mains, le feu de nos yeux
Nous avons tant de vie, et jusqu'à la force couleur rouge
La petite Marie ne veut pas de ton chatiment
Elle va se libérer avec le sol palestinien
Nous sommes Africains, Latinoaméricains
Nous sommes ce Sud et nous nous tendons la main
dimanche 16 juillet 2017
Et la mort n'aura pas d'empire
Des poètes et des artistes du monde entier soutiennent le processus de paix et appellent à sa mise en oeuvre rapide en Colombie.
Medellín, 15 juillet 2017
"Nommer l'extermination salit la langue, c'est la raison pour laquelle on lui cherche de fausses métaphores salvatrices. Mais la guerre ne peut être déguisée, elle est trop inacceptable. Et c'est presque toujours l'argument final pour qui manque d'arguments".
Graciela Maturo, Samuel Bossini, Hugo Francisco Rivella, Tina Elorriaga (Argentine)
Maria Takolander (Australie)
Diana Araujo (Brésil)
Stefan Hertmans (Belgique)
Marcia Mogro (Bolivie)
Jorge Torres, José Luis Díaz-Granados, Alejandra Lerma, Maria Tabares, Marco Fidel Cardona, Camila Charry, Lucía Parias, Gustavo Valdes, Carlos Ciro, Sore Snid Berrío, Maria Isabel Garcia Mayorca, Pedro Arturo Estrada, Orietta Lozano, Felipe Posada, Felipe López, Camilo Restrepo, Carlos Andrés Jaramillo, Kelly Jiménez, Daniel Acevedo, Lina Trujillo, Andrés Alvarez , Ronald Cano, Lorena Zapata, Gunnara Jamioy Izquierdo (Nations Iku-Kamëntsá, Colombie), Pedro Ortiz (Nation Inga, Colombie), Martín Cruz (Colombie)
Eduard Encina, Polito Ibañez (Cuba)
Elvira Hernández, Jesus Sepulveda, Mauricio Castillo –Chinoy-(Chili)
Gary Geddes (Canada)
Peter Laugesen (Danemark)
Luis Carlos Mussó, Luis Carlos Mussó (Equateur)
Gerry Loose (Ecosse)
Inger Mari Aikio (Nation Sami, Finlande)
Marc Perrin, Anne Kawala, Stepháne Chaumet (France)
Peter Waugh, Zingonia Zingone (Grande Bretagne)
Nikolaos Vlahakis, Savina Yannatou, Spyros Manesis (Grèce)
Sabino Esteban (Guatemala)
Fabricio Estrada (Honduras)
Abhay K. (Inde)
Caterina Davinio (Italie)
Ann-Margaret Lim (Jamaique)
Hanane Aad (Líban)
Khalid Raissouni (Maroc)
Margarito Cuéllar, Balam Rodrigo (Mexique)
Natalio Hernández (Nation Náhuatl, Méxique)
Baatarkhuu Tumendembere (Mongolie)
Fakhri Ratrout (Palestine-Jordanie) Najwan Darwish (Palestine)
Shirley Villalba (Paraguay)
Denisse Vega (Pérou)
Mina Gligoric (Serbie)
Firas Sulaiman (Syrie)
Svenja Herrmann (Suisse)
Haydar Ergülen (Turquie)
Saidash Begzy Oglu Mongush (Tuva-Russie)
mardi 6 juin 2017
Rêves en désordre. Sueños en desorden. Bachir Hadj Ali
Sueños en desorden
Sueño con islotes risueños y calas umbrías
Sueño con verdes ciudades de noche silenciosas
Sueño con caseríos blanquiazules sin tracoma
Sueño con rios profundos tranquilos y perezosos
Sueño con una protección de los bosques convalecientes
Sueño con fuentes anunciadoras de cerezos
Sueño con olas rubias que salpican las torres de alta tensión
Sueño con plataformas petrolíferas color primero de mayo
Sueño con encajes lánguidos sobre las sendas quemadas
Sueño con fábricas afiladas y manos hábiles
Sueño con bibliotecas cósmicas bajo el claro de luna
Sueño con comedores de murales mediterraneos
Sueño con tejados rojos en la cumbre del Chelia
Sueño con cortinas corrugadas en las ventanas de mis tribus
Sueño con un interruptor de marfil en cada cuarto
Sueño con un cuarto claro para cada niño
Sueño con una mesa transparente para cada familia
Sueño con un mantel florido para cada mesa
Sueño con poderes adquisitivos elegantes
Sueño con novias que no se preocupan por las negociaciones secretas
Sueño con parejas harmoniosamente acordadas
Sueño con hombres equilibrados en presencia de la mujer
Sueño con mujeres cómodas en presencia del hombre
Sueño con bailes rítmicos en los estadios
y campesinas espectadoras con zapatos de cuero
Sueño con campeonatos geométricos inter-liceos
Sueño con torneos oratorios entre los picos y los valles
Sueño con conciertos de verano en unos jardines colgantes
Sueño con mercados persas modernizados para cada cual segun sus necesidades
Sueño con mi pueblo valeroso cultivado bueno
Sueño con mi país sin torturas sin carceles
Miro con mis ojos miopes mis sueños desde mi celda
Bachir Hadj Ali in "Que la dicha perdure"
Escribiendo poemas y ensayos, Bachir Hadj Ali funda en 1966 el Partido de la Vanguardia Socialista (PAGS) y desarolla una actividad intensa, interrumpida en 1980 a causa de la pérdida progresiva de la memoria. Muere en Argél el 8 de mayo de 1991.
Je rêve de fleuves profonds sagement paresseux
Je rêve de protection pour les forêts convalescentes
Je rêve de sources annonciatrices de cerisaies
Je rêve de vagues blondes éclaboussant les pylônes
Je rêve de derricks couleur de premier mai
Je rêve de dentelles langoureuses sur les pistes brûlées
Je rêve d’usines fuselées et de mains adroites
Je rêve de bibliothèques cosmiques au clair de lune
Je rêve de réfectoires fresques méditerranéennes
Je rêve de tuiles rouge au sommet du Chélia
Je rêve de rideaux froncés aux vitres de mes tribus
Je rêve d’un commutateur ivoire par pièce
Je rêve d’une pièce claire par enfant
Je rêve d’une table transparente par famille
Je rêve d’une nappe fleurie par table
Je rêve de pouvoirs d’achat élégants
Je rêve de couples harmonieusement accordés
Je rêve d’hommes équilibrés en présence de la femme
Je rêve de femmes à l’aise en présence de l’homme
Je rêve de danses rythmiques sur les stades
Et de paysannes chaussées de cuir spectatrices
Je rêve de tournois géométriques inter-lycées
Je rêve de joutes oratoires entre les crêtes et les vallées
Je rêve de concerts l’été dans des jardins suspendus
Je rêve de marchés persans modernisés
Pour chacun selon ses besoins
Je rêve de mon peuple valeureux cultivé bon
Je rêve de mon pays sans tortures sans prisons
Je scrute de mes yeux myopes mes rêves dans ma prison








