mercredi 30 mars 2016

Tristes Guerras / Tristes Guerres. Miguel Hernandez

Tristes guerres
Si l'amour n'en est pas la cause
Tristes, tristes.

Tristes armes
Si ce ne sont pas les mots
Tristes, tristes.

Tristes hommes
S'ils ne meurent pas d'amours
Tristes, tristes.

Miguel Hernandez

samedi 26 mars 2016

Une belle journée / Un buen dia


Rester la nuit pour observer les étoiles
Couché sur le dos dans le frais du gazon
Ça suffirait parfois pour qu'au delà des illusions
On puisse se dire "Y'a d'bons moments quand même !"

Quedarse en la noche para observar las estrellas
De espaldas en la hierba fresca
Podria ser suficiente para que, más allá de las falacias,
Se pueda decir "A pesar de todo, ¡hay cosas buenas en la vida!"

Se lever quand la brume étendra ses voiles
Aux jardins bleus dont on n'voit même plus le fond
faire quelques pas et regarder jusqu'à l’horizon
Où l'on sait qu'au delà quelqu'un vous aime
Levantarse cuando la bruma extiende su velo
En los jardines azules cuyos fondos no se ven
Hacer algunos pasos y mirar hacia el horizonte
Donde se sabe que más allá alguien te quiere
Je l'sens bien déjà, c'est une belle journée pour moi
Mais toi ça va ? Ca n'dure pas c'est pas fait pour ça
C'est une belle journée pour moi
Lo voy sintiendo ya,
va a ser un buen dia para mí. Y tu ¿Que tal?
No va a durar, ya se sabe...
Es un buen dia para mi
Prendre un peu la lumière au soleil qui brûle
Ça n'est pas bon c'est vrai mais ça fait du bien
Ne pas avoir à être dispo pour trois fois rien
Laisser couler les heures à la pendule
Tomar un poco la luz del sol que quema
Eso hace daño, verdad, pero sabe bueno
No tener que estar lista para una miseria
Dejar fluir las horas en el reloj 
Aux derniers feux tout au loin d'un ciel immense
Guetter le tout dernier rayon vert du soir
Et tout là haut voir passer ton avion rouge et noir
Tu me reviens je m'dis que j'ai d'la chance
En las remotas luces de un cielo inmenso
Aguardar el último rayo verde de la tarde
Y ver pasar allá arriba tu avion rojo y negro
Estás de vuelta y me digo ¡que suerte tengo!

Alors finira une bien belle journée pour toi et moi ça va ?
On aura, qui vivra verra, bien d'autres journées comme ça
Ce soir finira une bien belle journée pour toi et moi ça va ?
On aura, qui vivra verra, bien d'autres journées comme ça

Entonces para tí y para mí se acabará un buen dia ¿Que tal?
Tendremos, el tiempo lo dirá, muchos otros dias como este dia.
Esta noche,  para tí y para mí se acabará un buen dia ¿Que tal?
Tendremos, el tiempo lo dirá, muchos otros dias como este dia.





Des trains, des voies, des quais, des gares / Trenes, vias, andenes y estaciones


Des trains, des voies, des quais, des gares
Regards sur les gares
Espaces habités
Attentes et retards
Bagages
Courir, monter, descendre, attendre
Foules et flux
Individus multiples en séries
Perspectives contrariées
Fer, pierre, béton, ciment, cuivre, laiton, goudron
Gris, gris, gris, noir, brumes
Couleurs intruses qui s'imposent


Trenes, vias, andenes y estaciones
Miradas en las estaciones
Espacios habitados
Esperas y retrasos
Maletas
Correr, subir, bajar, esperar
Muchedumbres y flujos
Series de individuos múltiples 
Perspectivas contrarias
Hierro, piedra, hormigon, cemento, cobre, latón, alquitrán
Gris, gris, gris, negro, nieblas
Colores intrusos que se imponen

mercredi 23 mars 2016

COLOMBIE. Suite à la vague d’assassinats

COLOMBIE. Suite à la vague d’assassinats, des leaders socio-politiques et des défenseurs des droits humains lancent un SOS au Parlement Européen

Eliécer Jiménez Julio, Ginebra, Suiza | 22-03-2016 |
Trad° C.M pour le Cialnanterre | 23-03-2016 |

Des dirigeants, des organisations politiques, des organismes de défense des droits humains en Colombie et en Europe ont envoyé un SOS au Parlement Européen afin de dénoncer l’escalade de violence et de violations des droits humains commises ces derniers jours, de manière croissante, contre des personnes membres d’organisations sociales de gauche en Colombie : Assassinats, disparitions, déplacements forcés et menaces contre des membres du Parti Communiste Colombien, de la Marche Patriotique, de l’Union Patriotique et d’autres leaders sociaux. 

La lettre, signée entre autres par Aida Avella (Présidente de l’Union Patriotique), Diego Martinez (Secrétaire exécutif du Comité Permanent pour la Défense des Droits Humains –Colombie- CPDH), Viviana Vieira (Pôle Démocratique Alternatif –PDA- en Europe), Hugo Orejuela (Marcha Patriotique en Belgique), souligne que « Ces trois derniers mois, dans notre pays, les assassinats, les disparitions, les déplacements forcés, les menaces contre les leaders et leurs enfants, contre le Parti Communiste, la Marche Patriotique, l’Union Patriotique et les leaders sociaux, nous font penser que l’extrême droite, opposée à la recherche de la paix avec justice sociale, a déjà commencé l’extermination que nous craignions tant. En tout, 54 agressions contre des leaders de ces partis et mouvements ont été enregistrées, soit 2 agressions par jour entre menaces, attentats, assassinats, montages judiciaires et poursuites. Ce dernier mois, la situation a empiré, avec 32 personnes assassinées en tout parmi lesquelles 17 appartiennent à des mouvements politiques et sociaux et 15 personnes ont été assassinées dans le cadre des actions qu’on appelle de manière sinistre le « nettoyage social », et qui est une stratégie de terreur pour contrôler les communautés ». 

Le communiqué a été envoyé entre autres aux Députés européens : Josu Juari-Bildu ; Javier Couso – IU ; Marina Albiol – IU ; Lola Sanchez – Podemos ; Miguel Urban – Podemos ; Tania Gonzalez – Podemos ; Helmut Scholtz – Die Linke ; Richard Howitt – UK ; Ana Gomes – Groupe de l’Alliance Progressiste ; Maite Pagazaurtundúa - UP et D; Jordi Sebastia – Groupe des Verts / ALE ; Ernest Ursatun - Groupe des Verts / ALE ; Josep-Maria Terricabras - Groupe des Verts / ALE. 

Cette communication souligne que ces derniers jours, « les agressions ont eu lieu dans 15 régions colombiennes (Santander, Putumayo, Antioquia, Arauca, Atlántico, Boyacá, Cauca, Chocó, Córdoba, Cundinamarca, Meta, Norte de Santander, Sucre, Sur de Bolívar y Buenaventura). Ce qui attire notre attention, c’est que l’escalade de violence coïncide avec les zones prioritaires pour la mise en œuvre du post-accord déterminé par le gouvernement national et le PNUD ». 

La lettre est également signée par des organisations comme le Comité Espagnol des DDHH en Colombie COMADEHCO, l’agence de presse Nueva Colombia – ANNCOL de Suède, le groupe RAICES – Dublin (Irlande), l’Observatoire DDHH-U Distrital Bogotá (Europe), « On y va -Globalisons la solidarité » (Suisse), AIPAZCOMUN (Suisse), la Coordination Populaire Colombienne à Paris (France), l’Association Jorge Adolfo Freytter Romero qui expriment leur préoccupation : « Avec ces morts et ces agressions contre des représentants de partis et de mouvements d’opposition, avec la multiplication de ces faits alors que se rapproche la signature et la mise en œuvre des accords de paix, nous n’avons plus de doute sur le message de terreur qu’envoie l’extrême droite et nous craignons que ce soit le début d’une vague de violence et de mort, semblable à celle vécue par l’Union Patriotique ». 

La Marche Patriotique au Pays basque, l’Association Jaime Pardo Leal en Suède, l’Union Patriotique en Suisse, le groupe des Constituants Exilé-e-s Persécuté-e-s par l’Etat colombien en Europe, le Comité d’Information sur l’Amérique Latine de Nanterre en France signent également le communiqué en affirmant : « Chaque fois qu’ils assassinent un membre d’un parti politique ou d’un mouvement social, ceux qui envoient les assassins cherchent non seulement à semer la terreur mais aussi à faire croire au pays et aux groupes de guérilléros qui sont disposés à laisser les armes, qu’il n’est pas possible d’être dans l’opposition démocratique en Colombie. Les auteurs intellectuels et matériels de ces crimes se trompent, le processus de négociation de paix doit continuer, c’est pourquoi nous devons stopper cette situation de toute urgence ». 

Le courrier aux eurodéputés exprime : « Face à cette situation grave, nous demandons respectueusement et de manière urgente, une intervention du Parlement Européen et de votre part, afin d’alerter, de rendre visible et de freiner cette guerre sale contre les dirigeants populaires, car nous croyions que cela peut être le début d’un phénomène semblable au génocide de l’Union Patriotique, qui avait également succédé à un processus de paix avec les FARC-EP ». 

Il est important d’indiquer que le parlement européen connait la situation en Colombie et l’accompagnement du processus de paix négocié entre le gouvernement colombien et les FARC-EP (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie – Armée du Peuple). C’est pourquoi les signataires ont considéré pertinent de s’adresser à cet organe législatif européen pour demander un soutien suite aux événements récents qui mettent en danger le processus de négociation. Ils viendront prochainement devant les eurodéputés pour expliquer l’escalade de violence contre les partis politiques de gauche et les leaders sociaux et on y espère la tenue d’un débat à ce sujet dans les prochains jours. 

Différents courriers dénonçant les violations graves des droits humains en Colombie sont remises à différents gouvernements et parlements de pays et d’Etats européens. Le CPDH a interpellé le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme des Nations Unies dont le siège est à Genève, en Suisse. On demande également à l’Union Européenne qu’elle exige du Gouvernement colombien l’application de la clause signée dans les TLC (Traités de Libre Commerce) portant engagement de respecter et veiller sur les droits de l’homme en Colombie, et particulièrement, de garantir la vie et les libertés de l’opposition politique et sociale sans criminaliser le mouvement social ou être complice des assassinats des leaders, ce qui a lieu en ce moment, et que soit créée une commission de haut niveau pour enquêter sur ces crimes et punir les coupables liés à l’extrême droite et ennemis de la Paix avec Justice Sociale.
 
Source : Tercera Información

dimanche 13 mars 2016

Hommage à Klaus Zapata (1995-2016)

Cette semaine, Klaus Zapata, un jeune camarade colombien de la JUCO (Jeunesse Communiste Colombienne) a été assassiné alors qu'il participait à un match de foot, à Soacha (Colombie). Dans la même semaine, trois autres jeunes leaders du mouvement social colombien ont été assassinés. Je transmets ici le communiqué de la JUCO traduit en français  par Alvaro, membre de la JUCO, à Paris pour ses études et par Lina, jeune militante franco-colombienne.  

Pour que l'info soit diffusée aux camarades du PCF et de la JC









Jeunesse Communiste Colombienne



Communiqué dénonçant l'assassinat du militant 
de la Jeunesse Communiste Colombienne de la Ville de Soacha (Colombie)


7 MARS 2016



Les FAITS

1.Dans la nuit du dimanche 6 mars de cette année, le jeune KLAUS ZAPATA, militant de la Jeunesse Communiste Colombienne de la ville de Soacha, a été assassiné. Il était activement engagé à Soacha dans un travail civique et communautaire en défense de la vie, de l'environnement et pour la paix avec justice sociale a travers la culture. Il a reçu plusieurs impacts de balles tirées par un individu non identifié alors qu'il jouait au football. 

2.On ignore encore les motifs du crime perpétré contre ce jeune acteur du mouvement social. Les agents de police présents sur les lieux ont déclaré qu'il s'agissait d'un acte d'intolérance provoqué par des différends dans le cadre de la rencontre sportive. 

3.Cependant, selon la famille et les ami·e·s de KLAUS ZAPATA qui se basent sur les témoignages de témoins visuels du meurtre, l'assassin se trouvait sur les lieux en tant que spectateur et n'a pas pris part au match de football. L'individu non identifié était en position d'attente et de surveillance, et a profité d'un moment de confusion et d'une petite altercation entre les joueurs pour tirer précisément sur KLAUS ZAPATA avant de quitter immédiatement les lieux.



Le CONTEXTE 

1.Ce n'est pas la première fois que la vie et l'intégrité des militant·e·s de la Jeunesse Communiste Colombienne sont menacées. Nous avons a de nombreuses reprises dénoncé au niveau national et international la persécution systématique que subissent les jeunes Communistes Colombien·ne·s. Malgré cela nous nous maintenons au cœur de la lutte sociale et politique dans les campagnes et les villes du pays.

2.La ville de Soacha, dans le département de Cundinamarca, se situe au sud-ouest de la capitale colombienne. Soacha dénombre aujourd'hui approximativement 347 quartiers, dont plus de 50% sont des installations illégales : aucun titre de propriété et presque aucun investissement public. Environ 30% des quartiers de la ville sont situés dans des zones à haut risque naturel. 

3.La violence engendrée par le conflit armé s'est fortement manifestée dans la ville de Soacha, la rendant le lieu de graves attaques contre la vie et les libertés individuelles. Ainsi, on a assisté, entre autres, à des assassinats pour cause d'intolérance sociale connus comme «assainissement social », à des couvres-feu, à des disparitions forcées, à des exécutions extrajudiciaires « faux-positifs », à des tortures, à des menaces contre des acteurs du mouvement social par le biais de « listes noires » qui les déclarent comme objectifs militaires, à des recrutements forcés de jeunes par des groupes armés légaux et illégaux, à des déplacement inter et intra urbains de la population. 
 
4.Parmi les groupes signant des lettres de menaces qui déclarent leur présence dans la ville de Soacha, on trouve les paramilitaires reformés sous le nom autoproclamé de « Aigles Noirs » et « Bloc Métropolitain de Bogotá ». Dans des documents écrits, ceux-ci annoncent des assassinats liés aux activités réalisées par les acteurs du mouvement social de la ville, activités qu'ils déclarent suivre de près. De plus, leur stratégie de contrôle ou de terreur de ce territoire considéré comme stratégique les amène à restreindre la libre circulation et la mobilité des personnes, sous menace de mort. 

5.Malgré l'extrême difficulté de ces situations, les habitant·e·s de Soacha se caractérisent par leur volonté d'impulser leur organisation communautaire d'aspect social afin de promouvoir la participation citoyenne, la dénonciation de la crise sociale et humanitaire, la protection de leurs ressources naturelles, de leur territoire et exiger le respect de leurs droits. C'est sur ce terrain de lutte et de résistance que se démarquait notre camarade de la JEUNESSE COMMMUNISTE COLOMBIENNE SOACHA, KLAUS ZAPATA. 

6.Il faut également signaler que le jour même des faits, la Jeunesse Communiste Colombienne avait activement participé à une mobilisation en défense de la montagne et contre l'exploitation minière qui affecte des territoires tels que Soacha.



NOUS DEMANDONS 

1.Aux autorités locales, départementales et nationales, que soit diligentée une enquête afin que les responsables soient jugés, garantissant ainsi, a la famille, aux ami·e·s, aux membres de la communauté de Soacha et aux camarades du jeune KLAUS ZAPATA, l'accès à la justice, à la vérité afin que cela ne se reproduise plus. 

2.Que l'Etat Colombien garantisse et accompagne le travail des acteurs et actrices du mouvement social qui travaillent dans des secteurs affectés par le phénomène du paramilitarisme comme c'est le cas à Soacha. 

3. Qu'émergent des alternatives pour une culture de paix qui ne passent pas par la militarisation des territoires, par la stigmatisation des jeunes engagé·e·s et par la restriction de la libre circulation dans des secteurs tels que Soacha qui font face à des problématiques sociales. 

4.Que des politiques publiques soutenant le développement d'une culture de paix et de réconciliation s'appliquent à des territoires tels que celui de Soacha qui a historiquement souffert de la violation de ses droits économiques, sociaux, politiques, culturels et environnementaux

5.Aux organisations de défense des droits de l'Homme et concernées par la paix en Colombie au niveau national et international, de se tenir alertes vis-à-vis de la situation de recrudescence de la violence contre des acteurs et actrices du mouvement social lors de cette année 2016, et d'exiger du gouvernement une volonté politique de faire la lumière sur toutes ces affaires, de juger les auteurs matériels et intellectuels, de garantir le libre exercice de la lutte pour la paix avec justice sociale, pour le territoire et l'eau sans que cela implique un risque pour la vie et l'intégrité de ses défenseur·e·s. 

COMITE EXECUTIF CENTRAL
de la JEUNESSE COMMUNISTE COLOMBIENNE

COMITE CENTRAL
de la JEUNESSE COMMUNISTE COLOMBIENNE

SECRETARIAT NATIONAL DES DROITS DE L'HOMME
de la JEUNESSE COMMUNISTE COLOMBIENNE


Juventud unida luchando por la paz democrática y el socialismo
Jeunesse unie, en lutte pour la paix démocratique et le socialisme






lundi 7 mars 2016

8 mars. Journée des luttes pour les droits des femmes

L'inégalité de genre 
diminue la capacité 
à voir dans l'autre 
un(e) semblable

dimanche 6 mars 2016

Belles en couleur

Après la Marianne à l'oeil distrait et la vieille ficelée ligotée, m'est venu le besoin de belles en couleur. J'ai commencé par décliner le visage de la Pieta de Michel Ange en cherchant à exprimer les ombres et les lumières à travers deux couleurs. Puis j'en ai eu assez des yeux baissés de cette malheureuse: J'ai cherché des visages de femme chez les peintres de la Renaissance. Les humbles poses et les regards baissés vers le fils y sont légion : l'image de "l'idéal féminin" que représente la vierge Marie a décidément le visage penché. Que ce soit dans la tendresse de la naissance ou dans la douleur de la mort du fils, l'humble soumission est de rigueur. 

Je suis donc aller chercher ailleurs. Et j'ai choisi le visage de la jeune fille à la perle de Vermeer. Il y a lá un regard à la fois espiègle et charmeur, libéré des pesanteurs religieuses, avec la hardiesse sensuelle de la perle qui attire les yeux de tous et toutes.