Affichage des articles dont le libellé est Venezuela. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Venezuela. Afficher tous les articles

dimanche 24 février 2019

Nouvelle victoire stratégique du Vénézuéla Bolivarien en ce 23 février


Par Carlos Aznarez in Resumen Latinoamericano

Et voici qu'est arrivé ce jour que beaucoup appelaient le "jour J". Certains se pourléchaient déjà les babines, à Cúcuta ou à Miami, en pensant qu'allait arriver le "grand moment" où entrerait "l'aide humanitaire" et oú le "dictateur" et sa Révolution Bolivarienne s'effondrerait comme un jeu de cartes. Cela ressemble au vulgaire scénar d'un film de troisième catégorie mais le pire est que pour beaucoup de gens dans le monde entier, pour toute cette partie de la population qui croit religieusement ce que racontent les médias hégémoniques : le truc avait marché et ils s'imaginaient qu'au Venezuela, ce n'était qu'une question d'heures pour que la marionnette infâme appelée Juan Guaidó arrive avec tous les honneurs au Palais de Miraflores. Et finalement, est arrivé ce qui arrive à l'empire et à ses alliés dans toutes ses dernières batailles avec le chavisme, batailles diplomatiques ou diatribes d'un bellicisme verbal plus qu'irritant : elles échouent. Ils n'ont pas gagné, ni contre le peuple, ni contre le gouvernement légitime dirigé par Nicolás Maduro. Ni dans la zone de la frontière avec la Colombie, ni dans celle qui longe le Brésil et encore moins par la route maritime. Ils n'ont pas réussi non plus à mobiliser ces 600 000 personnes annoncées par Guaidó, qui sont devenues ce samedi 23 février, un petit groupe agressif de brigands mercenaires qui ont monté quelques violentes guarimbas et plusieurs fakes.

Au cours de la journée, la farce allait se répéter, en essayant de faire entrer quelques camions avec la fameuse "aide". Soudain, sur le pont, deux camions ont été incendiés par un groupe de guarimberos qui ont arrosé les véhicules d'essence, en étant filmés et photographiés par de nombreux reporters. Mais comme les médias hégémoniques sont la pointe de lance de l'intoxication massive, ils ont inventé un autre tableau mensonger en accusant le chavisme d'avoir causé cet incendie. Et plus encore : ils ont raconté que les coupables de cette piteuse action étaient les membres de la Garde Nationale Bolivarienne, qui se trouvaient pourtant placés très loin des faits. Il en a été de même, avec le vol de deux petits tanks sur le pont qui mène à Cucutá et qui s'est soldé par la désertion d'un groupe infime de gardes qui, non contents de passer à l'ennemi, se sont révélés des criminels : ces lâches ont renversé violemment des dizaines de barrières qui protégeaient le lieu, en blessant une vidéaste chilienne et une policière bolivarienne loyale. De l'autre côté du pont, on a pu observer la complicité des policiers d'Ivan Duque qui les aidaient ostensiblement. Pendant ce temps-là, deux des chefaillons des guarimbas de ce samedi, le député de droite José Antonio Olivares et un de ses comparses nommé Vilca Fernández célébraient "l'exploit".

Ce qu'ils n'ont pas dit, c'est que les brigands "engagés" par l'opposition affiliée à Guaidó et protégés par la police colombienne (voir les preuves vidéos qui tournent sur les réseaux), se sont grandement offusqués parce que les choses ne s'étaient pas bien passées et qu'on ne leur avait pas versé les "honoraires" négociés. C'est ainsi qu'une bande de malfrats, cagoulés ou à visage découvert, a mis une bonne raclée aux "entrepreneurs". Voilà comment le député Olivares a reçu des bonnes baffes aux cris de "voleurs, payez ce que vous avez promis".

Les médias ne racontent pas non plus la vérité sur ce qui est arrivé à l'extrême inverse du côté colombien du pont Simón Bolivar, là où s'étaient concentrés des milliers de patriotes bolivariens pour défendre avec leurs corps la souveraineté de leur pays face à toute tentative d'invasion étrangère. Ils ont reçu des coktails molotov, des grosses pierres et des tirs d'arme à feu. Certains de ceux qui ont été attaqués font partie de la liste des 42 blessés, deux par balles et trois gravement brûlés à cause des bombes incendiaires. Il y a aussi des policiers vénézuéliens dans la liste qui, comme pendant ces mois difficiles où on élisait la Constituante, se sont complètement investis pour que la meute d'Ivan Duque et l'opposition fascisante présidée par Guaidó ne mettent pas les pieds sur le territoire vénézuélien.

Un autre incident a eu lieu quand des opposants qui ont traversé la frontière à partir du Brésil, ont attaqué et brûlé une camionnette militaire bolivarienne sur le poste frontière de Pacaraima. A chacun de ces faits violents, se réduit ce qui pour Donald Trump, Marco Rubio, Elliot Adams, John Bolton et Luis Almagro, devait être la "solution finale" de ce qu'ils appellent la "dictature" socialiste.

Ils n'ont pas pu et ils ne pourront pas. Cela s'est clairement vu pendant cette journée. Ils ont été à nouveau vaincus par un peuple qui a des idées et qui est convaincu de lutter pour son présent, qui garde mémoire de ce que fut son passé et qui se prépare au jour le jour à forger un futur de progrès social. Cet esprit à la fois noble et guerrier, celui de Bolívar, celui qui a nourri Fabricio Ojeda, qui a été hérité par le Commandant Chavez et qui est aujourd'hui porté avec dignité par Nicolás Maduro s'est vu aussi défiler par les rues de Caracas, à l'heure même où ne se produisait pas l'invasion "humanitaire" annoncée. La marée rouge a de nouveau couvert l'avenue Urdaneta de bout en bout et a montré au monde qu'au Venezuela qui vit normalement et paisiblement, ils et elles sont des millions celles et ceux qui construisent le bouclier qui protège cet énorme processus libérateur.

Ils ont marché avec ferveur et avec beaucoup de joie, il n'y avait pas de rage dans leurs gestes. Bien au contraire, ils ont dansé, chanté, scandé les slogans anti-impérialistes de toujours, depuis le "Yanquis Go Home" jusqu'au "No pasarán" des luttes anti-fascistes des peuples. Ils étaient ouvriers, étudiants, habitants des quartiers populaires, des femmes en mouvement et des milliers de jeunes qui ont grandi avec la panacée d'accéder aux Universités populaires et aux plans de santé des Misiones. Ils sont sortis à la rue, avec la décision de montrer à ceux qui doutent encore de ce processus libérateur, qu'ils sont eux, disposés à le défendre. Il y avait là aussi cette délégation animée des mouvements sociaux du monde, qui inaugurent ce dimanche la rencontre de l'Assemblée Internationale des Peuples, instance d'organisation qui veut se construire pas à pas au nom de la Révolution Internationale. Parmi eux et elles, on a pu voir des sud-africains du Syndicat métallurgique Numsa qui ont dansé leurs danses typiques en l'honneur du Vénézuela, à côté des brésiliens qui clamaient "Lula Libre", des argentins qui conspuaient Macri et même des jeunes basques et catalanes avec les drapeaux de leurs nations. A travers toutes leur voix, "l'épée de Bolivar" continue à cheminer, comme le fait le socialisme, à travers l'Amérique Latine. Et leur agitation militante a reçu en retour les "saluts solidaires et révolutionnaires" des masses chavistes. Une fête du peuple, qui portait la victoire obtenue face à la nouvelle tentative de l'empire le plus terroriste qu'a connu l'humanité.

Ensuite, le président du peuple a parlé, celui élu en mai par des millions de citoyens, et non ce pantin autoproclamé qui devra maintenant rester vivre à Cúcuta ou à Bogotá, ou qui terminera en prison avec les autres terroristes de son acabit. L'écouter en cette occasion, s'adressant à celles et ceux qui font la Révolution au quotidien, a permis de se souvenir de gestes similaires de son maître Hugo Chavez, à qui Maduro ne rend pas seulement hommage mais qui, dans la pratique, fait honneur à son héritage.

Voilà, ce 23 février, la Révolution Bolivarienne a marqué un autre point, celui de la paix avec justice sociale face à la guerre impérialiste. Mais on ne peut pas être triomphaliste avec l'ennemi que l'on affronte aujourd'hui. Ils vont insister, ils sont féroces, impitoyables. Ils l'ont déjà montré et ils utilisent tout ce qu'ils ont entre leurs mains pour attaquer les peuples. C'est pourquoi il ne faut pas baisser la garde. Guaidó a d'ores et déjà demandé à ses complices de mettre pratiquement en route le recours de l'intervention armée. Trump, qui se rend sûrement compte du caractère inutile de ses "muchachos", va imaginer de nouvelles attaques. Il faut donc continuer à veiller, tout en évaluant à sa juste valeur ce qui a été fait jusqu'à maintenant. Ils n'ont pas pu gagner face au courage de ce peuple. Ils ne pourront pas.


Jour J au Venezuela : Les camions n'ont pas pu entrer


La tentative de l'opposition vénézuelienne a échoué, la frontière avec la Colombie est restée close. 

Par Marco Terrugi in Pagina 12

Depuis Ureña, Táchira (frontière Venezuela/Colombie)

Le 23 février, jour de l'entrée tant annoncée de l'aide humanitaire au Vénézuéla est arrivé, et il s'est terminé. Les pronostics apocalyptiques ne se sont pas réalisés, Nicolás Maduro n'est pas tombé, Juan Guaidó est resté à Cucuta, le pays n'est pas entré dans une confrontation cinématographique. Situation de Haute Tension ? Bien sur, particulièrement sur la zone frontière qui sépare les deux pays, à travers trois ponts sur un fleuve presque sec : Les ponts Simón Bolivar, Tienditas et Santander. D'un côté le Táchira, avec les villes de San Antonio et Ureña, de l'autre côté le Nord du Santander, avec la ville de Cúcuta.

La journée a commencé tôt avec, comme on s'y attendait, une pression frontale ciblée par la force médiatique sur les ponts. Les actions eurent des moments d'euphorie, comme par exemple le moment oú une poignée de membres de la Garde Nationale Bolivarienne a rejoint les troupes Trump-Rubio-Duque-Guaidó. Mais l'euphorie s'est éteinte et au fur et à mesure du passage des heures, s'est formée la certitude que ne passeraient de l'autre côté ni les gens, ni les camions.

Deux éléments sont emblématiques de la situation. D'un côté, le déploiement d'une confrontation permanente sur les ponts Bolívar et Santander auquel s'est ajouté l'essai d'occupation de l'aéroport de San Antonio qui a été désactivé. D'autre part, l'utilisation des camions de l'aide humanitaire.

La confrontation a repris les stratégies violentes déployées par la droite en 2014 et en 2017 dans plusieurs villes du pays : les tristement célèbres "guarimbas". Avec cette différence qu'elle se concentre sur les ponts internationaux et qu'elle compte sur le soutien évident des troupes de sécurité de l'Etat colombien. Le cycle s'est répété : Avancer vers le côté vénézuélien, reculer, chercher à passer sous le pont dans le cas du Pont Simon Bolivar. Que devrait faire un gouvernement face à la tentative d'invasion guarimbera financée internationalement ?

L'utilisation des camions a eu trois moments clés. Le premier, par l'exploitation médiatique des images des files de camion en route vers les ponts. Le deuxième, avec l'affirmation mensongère qu'ils avaient réussi à rentrer au Venezuela - comme par exemple le chanteur vénézuélien Nacho qui a annoncé que tout était arrivé à bon port. Et le troisième, par la création d'un fake, en brûlant deux citernes et en faisant un montage accusant la Garde Nationale Bolivarienne, alors qu'il y a un film enregistré qui montre que ce sont des jeunes de la première ligne de confrontation.

L'incendie des citernes semble avoir été planifié et se traduit par l'accusation de crime contre l'humanité portée sur Nicolás Maduro, par l'escalade des menaces internationales, comme celle du tweet du sénateur nord-américain Marco Rubio qui a affirmé que le Vénézuéla a tiré sur le territoire colombien et que les Etats-Unis défendront la Colombie en cas d'agression.

Mais ce qui est certain au delà de ces épisodes, c'est que rien de ce qu'ils avaient annoncé n'est arrivé. L'aide "humanitaire" n'est entrée par aucun point au Venezuela, ni par la Colombie, ni par le Brésil, ni par la mer. Il ne s'est pas produit de scission au sein de la Force Armée Nationale Bolivarienne. Les ponts n'ont ressemblé qu'aux images bien connues de la stratégie violente de la droite, dans un contexte maintenant plus complexe. Ce qui devait être le Jour J ne l'a pas été, ni le point de basculement tant annoncé. Une nouvelle fois, la base sociale de l'opposition est plongée dans la désillusion, confrontée à la distance entre les promesses de ses dirigeants - qui sont maintenant internationaux- et les corrélations réelles des forces en présence.

Le Chavisme, de son côté, a mobilisé à Caracas pour la cinquième mobilisation consécutive en cinq jours. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé la rupture des relations avec le gouvernement colombien, mesure centrale qui s'ajoute aux décisions prises antérieurement de fermer les frontières avec le Brésil, la Colombie, et les îles d'Aruba, Bonaire et Curaçao.

Le bilan de ce 23 février aboutit à ce que la "grande offensive" qui se posait comme l'attaque finale n'a pas atteint ses objectifs, avec un gouvernement vénézuélien qui reste debout malgré le choc qui, comme on s'y attendait, frappe simultanément sur plusieurs plans : armés, médiatiques, psychologiques, diplomatiques, territoriaux. Ce résultat final était ce à quoi on pouvait s'attendre au vu des forces réelles - sans l'effet gonflé des réseaux sociaux - et sans l'apparition d'une nouvelle carte d'Elliot Abrams, Iván Duque ou Marco Rubio.

Il y a aussi un autre décompte, c'est celui de la quantité de fausses nouvelles, constructions de rumeurs, données non vérifiées, sans sources dignes de foi. Cela participe de l'avalanche, de l'étourdissement, pour justifier de nouvelles actions possibles. Le cas des camions brûlés est celui le plus clair de cette journée du 23 février. Il est souvent difficile de confirmer les sources, les nombres, la véracité des faits, qui sont balayés dans les logiques de guerre dont l'opération communicationnelle est la colonne vertébrale. Personne ne peut se surprendre d'un mensonge nord-américain lors d'un assaut, le droit à l'innocence est interdit, la nécessité du doute est permanente.

Que se passera-t-il le 24 ou le 25 ? Il est encore trop tôt pour le savoir, mais il semblerait que, au vu de ce qui s'est passé, les pressions sur les ponts vont continuer, sans la capacité réelle d'entrer au Venezuela, les menaces et les réunions internationales vont aller en augmentant, et il y aura peut-être un fake de grande envergure. Rubio l'a déjà annoncé dans la nuit du 22 au 23, quand il a écrit sur la possibilité que l'ELN assassine des civils. Il a annoncé ce qu'eux-mêmes semblent disposés à faire, et comment le déguiser, pour ensuite justifier de nouvelles actions, en passant de la forme "aide humanitaire" à un nouveau schéma.

A la frontière, c'est une nuit tendue qui se termine, comme s'il pouvait arriver quelque chose à tout moment. Nous traversons des heures et des journées complexes, où l'un des objectifs centraux du gouvernement du Venezuela et du chavisme, est de prévenir les actions-pièges, les images de violence et la violence même qui a fait 42 blessés du côté vénézuélien ce samedi 23. Une idée du climat social de cette nuit de samedi est donnée par la tendance de Twitter, où les cinq hashtags les mieux positionnés demandent l'intervention internationale. Et pourtant, la certitude qu'ils ne réussiront pas à renverser Nicolás Maduro, élu démocratiquement, semble rester majoritaire.

Traduction : CM

vendredi 11 mai 2018

Venezuela. Cette habitude caribéenne de ne pas se rendre



Par Marco Terrugi in La tinta

Le Venezuela se prépare aux élections présidentielles. Face à la menace des Etats-Unis et la nécessité de soutenir une révolution qui donne encore de l'espoir au continent.

Caracas vit au rythme de la rage et de la caraïbe. Ce n'est pas un bal de débutantes. Le transport y est une bataille, le distributeur d'argent y est une bataille, la pharmacie y est une bataille, les prix y sont une bataille. C'est une guerre qui éclate comme les tempêtes tropicales décrites par Maïakovsky : Il ne reste que peu d'air entre tant de pluie. Mais il ne pleut pas à Caracas, il y a des semaines de transition entre soleil et pluie, une sécheresse nuageuse. L'eau se recycle, elle passe de seau en bassine, on y fait attention dans la douche, dans la cuisine. Et quand revient son bruit dans les tuyaux, c'est la fête dans les maisons. Nous marchons au bord des limites, comme d'habitude.

Personne n'aurait dit que nous arriverions jusque là, en mai 2018. Ni avec des dés, ni en lisant les cendres de cigare, ni en appliquant de manière méticuleuse les hypothèses bien huilées qui ont donné des résultats dans les autres pays. Ce processus a pour habitude de ne pas respecter les règles, de frapper comme frappe le gitan du film Snatch, quand tout le monde le voit vaincu, que des millions ont été misé sur sa défaite, et qu'il se lève avec un poing droit qui casse les pronostics et laisse l'autre sur le tapis. Au tapis, il y a la droite vénézuélienne, qui ne se remet pas de la défaite de l'année dernière, quand elle a cherché à prendre le pouvoir politique avec les pires venins inoculés pendant des années dans sa base sociale et l'entrée en scène de groupes armés, entraînés pour des assauts violents. C'est pourquoi le gros de cette droite ne va pas aux élections. Et ceux qui avaient investi sur elle ont déchiffré son incapacité à convaincre les majorités. Je parle des Etats-Unis, impérialisme à l'ère des disputes géopolitiques ouvertes, condensées dans des pays comme la Syrie.

Ils veulent nous faire capoter. Que le pays s'effondre, que nous revenions aux misères qui ont engendré le cycle de la révolution, cette fois-ci pour tout faire chavirer, couler au niveau matériel et au niveau des idées. Ils le répètent avec l'impunité du pouvoir de leurs grands médias, semaine après semaine, ils annoncent d'autres attaques économiques, encore plus d'asphyxie par un blocus qui cherche à empêcher les importations, les transactions, les renégociations, en dollars et en cryptomoneda Petro. Leur nouveau coup sera, et c'est déjà prévu, de ne pas reconnaître le président élu qui, selon les sondages, sera Nicolás Maduro. S'il gagne c'est par l'unité du chavisme autour de sa candidature, une base sociale historique, le poids de Chávez, et par la faiblesse de ses adversaires électoraux : Henry Falcón, ex chaviste, qui promet une dollarisation de l'économie (il se garde bien d'expliquer comment il le fera), et l'outsider évangéliste conservateur Javier Bertucci.

Tout n'est pas de la faute de l'impérialisme. C'est aussi évident que l'existence de l'impérialisme. Poser cela au centre de la scène permet de situer le conflit et ses dimensions, le ring où nous nous trouvons.




Le pain, le distributeur de monnaie, le transport, les prix et les médicaments font partie de cette trame géopolitique, sa manifestation immédiate, quotidienne, la forme qui impacte la bouche de chacun. La stratégie d'usure est une oeuvre élaborée, pas improvisée. Elle fait mal là où ça fait le plus mal, elle s'articule sur les misères et les contradictions du processus, la corruption, l'indolence, les compromissions pour obtenir une maison, une voiture, un compte en banque. Les effets du cadre économique sur le tissu social changent à mesure que la situation se prolonge. On peut le voir, à quelques jours des prochaines élections présidentielles qui auront lieu le 20 mai : Alors qu'une partie des gens, du chavisme, parle de la campagne, milite, suit les infos, une autre partie est immergée dans la résolution des batailles quotidiennes qui n'arrêtent pas, et qui ne se calment que de temps en temps sur certains points. Il y a plusieurs temps superposés dans les territoires où s'est fondé le chavisme.

Ces temps sont exigeants. Ils demandent à ce qu'on reprenne le contrôle sur une économie qui semble effrénée, particulièrement sur les prix, qu'on exerce l'autorité, que soit freinée cette course où beaucoup ont fait de petites, moyennes ou très juteuses affaires sur les besoins, que les dirigeants reprennent le langage des rues, qu'ils fassent de la politique à la Chavez, que la lutte contre la corruption qui s'est développée soit approfondie, que les promesses de campagne ne soient pas seulement des promesses de campagne mais des faits. C'est une demande adressée aux dirigeants, au Parti Socialiste Uni du Venezuela, aux institutions, à la révolution en tant qu'espace de construction, d'espoir, d'identité.

Nous ne sommes pas dans une crise humanitaire, ce concept politique installé par les Etats Unis et répété jusqu'à la nausée par les grands médias pour justifier les attaques et diaboliser par l'effroi dès que l'on prononce le nom du Venezuela. Nous sommes dans un cadre de recul des espaces qui avaient été conquis, qui pousse à des reconversions économiques pour arriver à finir le mois ou la quinzaine, en jonglant avec les chiffres pour que ça rentre. Le cas des transferts de fonds en est un exemple très clair : Cent dollars, ce qui est très peu dans un autre pays, servent à résoudre une grande partie des besoins mensuels.




Ainsi, de même qu'il était impossible ou presque, il y a un an, de pronostiquer que ce mois de mai nous trouverait aux portes d'élections présidentielles avec une possibilité de victoire de Maduro, il est impossible de pronostiquer ce qui se passera dans un an. Le prochain pas, c'est de garantir la continuité du pouvoir politique le 20 mai. C'est indispensable au niveau national et continental, niveau que l'impérialisme ne perd jamais de vue. Il n'existe pas trois blocs, il n'y en a que deux. C'est à l'intérieur du processus, du chavisme en tant que courant historique, que peuvent se construire des solutions aux urgences du quotidien dans une perspective stratégique. Il serait trop tard de s'en rendre compte après, avec des classes dominantes déchargeant sans freins et sans demi-mesures leur revanche jusque dans nos maisons.

Nous sommes face à nous mêmes : Histoire, rage, caribéens, latinoaméricains, avec nos passions et nos pauvretés, dans une époque qui défie nos générations réunies autour du Venezuela. Il y a dans ce destin un destin commun, qui marque ce que nous pourrons, ou pas, dans les prochaines années. Ceux qui nous ont précédé, comme ceux qui viendront et chercheront ce que nous aurons réussi, nous regardent.

Traduction : CM



mardi 15 août 2017

Dilma Rousseff : L'image diffusée en Occident sur le Venezuela est irresponsable


Source BBC Mundo

Il y a près d'un an que la procédure d'impeachment contre la présidente du Brésil Dilma Rousseff, l'a obligée à laisser son poste alors qu'elle était accusée de manipuler illégalement les comptes du gouvernement. Mais ce n'est pas une raison pour qu'elle garde le silence.

Au cours d'un entretien avec la BBC, l'ancienne cheffe d'Etat a affirmé que l'image diffusée en Occident sur le Venezuela est irresponsable, que le traitement de la presse internationale sur ce pays est "absurde" et que de cette manière, un grand conflit armé peut se créer dans la région "comme ils l'ont fait en Irak et en Afghanistan".

Depuis que Rousseff a quitté le pouvoir, son mentor politique, l'ancien président Luz Inácio Lula da Silva, a été condamné il y a un mois à 10 ans de prison pour un autre cas de corruption et de blanchiment d'argent. Quelques semaines auparavant, Michel Temer qui a succédé à Roussef à la présidence du Brésil et qu'elle accuse de "traître", a failli être poursuivi par la Chambre des Députés.

Avec ce paysage, l'ancienne présidente a décidé de parler avec la correspondante de la BBC au Brésil, Katy Watson, pas seulement sur la situation politique turbulente chez elle mais aussi sur celle du pays voisin et ancien allié politique : le Venezuela de Nicolás Maduro.

L'Occident est irresponsable avec le Venezuela

Au milieu de la crise actuelle au Venezuela qui a laissé plus de 100 morts dans les rues au cours des derniers quatre mois de protestation contre le gouvernement, Gleisi Hoffmann, le leader du Parti des Travailleurs (PT) auquel appartiennent Rousseff et Lula, a souligné que le parti soutenait Maduro contre la "violence offensive de la droite". Lula avait également montré son soutien au gouvernement socialiste auparavant, et Rousseff n'est pas catégorique sur la condamnation du gouvernement du Venezuela, comme l'ont été d'autres leaders de la région ces dernières semaines.

"Maduro gouverne au Venezuela dans des circonstances extrêmes. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une manière d'aller de l'avant sans effusion de sang" dit-elle. Elle admet pourtant que Maduro n'a pas la même stature politique qu'Hugo Chávez. "Je crois qu'Hugo Chávez a été un grand leader qui a eu la chance d'être au pouvoir à l'époque où les prix du pétrole étaient à la hausse" a dit Rousseff à la BBC. "Quand les prix ont commencé à descendre, il n'y a pas eu que le Venezuela à le sentir. Et la situation a commencé à devenir très difficile" ajoute l'ex-présidente.

A ce propos, Rousseff critique l'image véhiculée en Occident sur le pays, qu'elle qualifie d' "irresponsable" et considère également que le traitement de la presse internationale "est absurde". "Ils vont créer, comme ils l'ont fait en Irak et en Afghanistan, ils peuvent créer ici, après 140 années de paix, ils peuvent créer un grand conflit armé" assure-t-elle. Et elle ajoute : "Et il ne s'agit plus de discuter. Car l'opposition n'est pas parfaite non plus".

Vous souvenez-vous de Saddam Hussein ?

Et donc on ne peut pas reprocher à Maduro la crise actuelle au Venezuela ? Lui demande la journaliste de la BBC.

"Je ne vais pas en vouloir uniquement à Maduro. Ce qu'il y a c'est un conflit" souligne Rousseff. "Vous vous souvenez de ce qu'ils ont fait à Saddam Hussein ? Ils l'ont tué de la manière la plus brutale possible. Quand ils l'ont fait, tous les monstres sont sortis à découvert, on a ouvert une boite de Pandore. D'où est sorti l'Etat Islamique? Il est venu du fait que les Etats-Unis pensaient qu'il y avait une position démocratique là-bas. Et il n'en était pas ainsi" ajoute-t-elle.

Le 5 août dernier, le bloc économique des pays sudaméricains, le Mercosur, a suspendu indéfiniment le Venezuela jusqu'à ce que la démocratie soit rétablie dans le pays. Pour Roussef, la communauté internationale, et particulièrement le Brésil, a beaucoup de comptes à rendre.

"Le Brésil n'a pas le droit de parler sur la clause démocratique au Mercosur. La situation au Brésil n'est pas la même que celle du Venezuela mais il y a bien eu un coup d'Etat. Au moins, au Venezuela, ils sont arrivés au pouvoir à travers le vote" a souligné Rousseff.

Un coup d'état en cours

Le 31 août 2016, le Sénat du Brésil a destitué Rousseff de son poste de présidente pour "maniements illégaux des comptes du gouvernement". Pour Rousseff, cet événement n'a été qu'une des phases d'un processus bien plus long. "Ne croyez pas que ça a commencé et fini le jour où ils m'ont sortie de mon bureau. Ca a commencé le jour où eux (les rivaux politiques) se sont rendus compte qu'ils n'allaient pas arriver au pouvoir par des élections démocratiques. C'est à dire que la démocratie n'était pas viable selon leur point de vue" a-t-elle dit à la BBC.

Pour Rousseff, la condamnation de son prédécesseur, l'ex-président Lula da Silva, est un autre mouvement de ce plan de manoeuvres politiques. Au delà de la sentence de 10 ans de prison contre lui, Lula se profile comme candidat du PT et se maintient dans les sondages pour les élections de l'année prochaine. "Le premier chapitre a été un coup d'Etat contre moi. Mais il y a un deuxième chapitre, qui est d'éviter que Lula devienne candidat présidentiel".

Mais n'est-il pas temps que la scène politique du Brésil reçoive du sang neuf ?

"Comment savoir si le Brésil a besoin d'un nouveau leader et d'un nouveau changement ? Depuis quand ce qui est "nouveau" est nécessairement "bon" ? Le nouveau, ça pourrait être Hitler. Il n'y a pas de garanties. Pourquoi les gens reconnaissent ce que Lula a fait ? Parce que pendant son gouvernement, on vivait mieux" affirme-t-elle. 

Sa réponse est claire quand on lui demande si le fait qu'elle soit une femme a influé sur sa destitution: "Vous me demandez s'il y a eu un comportement machiste ou misogyne ? Oui. Cela n'a pas été la raison principale, je ne peux pas dire ça, mais oui, c'est un élément qui s'est lié à tous les autres".




dimanche 13 août 2017

Face à la menace d'intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela


Les Pays d'Amérique Latine rejettent la menace d'intervention militaire 

Source : Correo del Orinoco

Suite à la menace d'intervention militaire émise ce vendredi par le président des Etats-Unis Donald Trump contre la République Bolivarienne du Venezuela, plusieurs pays de la région ont exprimé catégoriquement leur rejet concernant des actions de ce type.

Le premier pays à se prononcer a été le Chili, à travers son ministre des affaires étrangères Heraldo Muñoz, qui a indiqué que le gouvernement de Michelle Bachelet "rejette la menace d'une intervention militaire au Venezuela".

De la même manière, le président bolivien Evo Morales a condamné la "volonté interventionniste armée des Etats-Unis contre le Venezuela, pays qui cherche la paix en dialogue par la Constituante et des élections régionales". Morales a assuré qu'avec cette tentative d'intimidation, Trump révèle réellement ses intentions concernant la Patrie de Bolívar et confesse au monde que "ceux qui sont contre Maduro, ne recherchent qu'une intervention militaire impérialiste", c'est pourquoi ils gardent "un bruyant silence complice".

Pour sa part, le gouvernement colombien a publié ce samedi un communiqué rejetant les mesures militaires et l'usage de la force dans le système international contre le peuple vénézuélien, affirmant que "toutes les mesures doivent s'appliquer dans le respect de la souveraineté du Venezuela à travers des solutions pacifiques".

Le chancellier péruvien Ricardo Luna, au cours d'un entretien avec l'agence Reuters, a qualifié comme "un acte de folie" la menace du gouvernement des Etats-Unis contre le peuple vénézuélien et a souligné que "toutes les menaces étrangères ou internes de recours à la force portent atteinte (...) aux principes de la Charte des Nations Unies", c'est la raison pour laquelle "le Pérou et certains pays de la région qui ont la même mentalité, condamnent la menace ou l'usage de la force non approuvé".

A ce propos, les pays qui sont membres du Mercosur (Marché Commun du Sud) ont considéré que "les uniques instruments acceptables pour la promotion de la démocratie sont le dialogue et la diplomatie", rejetant ainsi la violence et tout type de stratégie qui implique l'usage de la force.

Le Mexique, à travers la Secrétaire aux Affaires Etrangères, a exprimé son rejet "de l'usage ou de la menace d'usage de la force dans les relations internationales, et affirme que la crise au Venezuela ne peut pas se résoudre à travers des actions militaires, internes ou externes". Certaines organisations sociales mexicaines citées par l'Agence Vénézuélienne de Nouvelles (AVN) se sont opposées à la possibilité d'intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela car selon elles, "l'attitude du gouvernement des Etats-Unis n'est rien d'autre qu'une nouvelle tentative d'appropriation des territoires et d'implantation d'un gouvernement de spoliation, misère et inégalité" comme il l'a fait récemment en Lybie et en Irak.

Traduction : CM





samedi 12 août 2017

Venezuela : Installation de l'Assemblée Constituante. 4 août 2017


Discours de Delcy Rodriguez, Présidente de l'Assemblée Nationale Constituante de la République Bolivarienne du Venezuela

Caracas, 4 août 2017

Vous, hommes et femmes de la Constituante qui avez été élus par la volonté populaire absolue d'un peuple qui a traversé les montagnes, qui a franchi les remous du fleuve, bondi et dépassé les barrières du fascisme et de la violence pour venir s'exprimer en tant que pouvoir constituant originaire : Jurez-vous au nom de ce peuple qui vous a donné sa volonté absolue de peuple originaire, son pouvoir constituant souverain et plénipotentiaire ? Jurez-vous de défendre la patrie face aux agressions impériales qui fondent aujourd'hui sur notre Venezuela, contre les agressions de la droite fasciste qui a déployé toute sa haine, toute son intolérance pour vaincre le peuple indomptable du Venezuela ? Jurez-vous de défendre le Venezuela avec courage, de le défendre avec cette bravoure du peuple vénézuélien ?

S'il en est ainsi, que la patrie vous en soit reconnaissante à vous tous, hommes et femmes.

Je veux remercier le constituant Fernando Soto Rojas, le constituant Elvis Amoroso et Victor Clark, pour leur contribution à l'installation de cette assemblée plénipotentiaire et souveraine. L'Assemblée Nationale Constituante est donc formellement installée, elle a été convoquée par le chef d'Etat Nicolás Maduro Moros et ratifiée par la volonté absolue de plus de 8 millions de vénézuéliens et vénézuéliennes.

Chers constituants souverains et plénipotentiaires, nous sommes arrivés ici avec le portrait de notre père fondateur et libérateur Simón Bolívar, et de notre commandant éternel, Hugo Chávez. Nous sommes 8 millions à être venus, peuple originaire constitué. Je veux, s'il vous plait, que vous vous leviez pour remercier celui qui a convoqué cette constituante : le Président Nicolás Maduro est devenu un géant aujourd'hui, le président Nicolás Maduro s'est élevé au dessus de lui-même et a remis le pouvoir au peuple, il en sera fait mémoire dans les pages glorieuses de notre histoire, c'est ainsi qu'on le reconnaîtra. Nous remercions le "président-peuple", le président Maduro, pour avoir activé les pouvoirs créateurs et sages du Venezuela.

Le 5 août 1999, notre commandant éternel Hugo Chávez faisait un discours à la plénipotentiaire de 1999 et disait en citant un dramaturge anglais : "Souffle la tempête, souffle le vent fort, j'ai de quoi faire face". Le commandant Hugo Chávez ne se trompait pas et il s'est adressé au peuple du Venezuela. Il y avait une tempête provoquée par le modèle néolibéral imposé par la bourgeoisie locale, avec ses alliés impérialistes, il y avait une profonde crise politique, sociale, économique, culturelle au Venezuela. Et le commandant Hugo Chávez est apparu comme un rayon de lumière pour notre patrie et il a accouché d'une constituante. A l'époque, la même bourgeoisie qui aujourd'hui a prétendu s'opposer à l'activation du pouvoir constituant originaire, avait forgé des combines juridiques pour que le pouvoir originaire ne soit pas activé. Les lire, c'est comme écouter ceux qui tentent aujourd'hui de réprimer la voix du peuple. Mais c'est totalement impossible, il n'y a pas moyen de faire taire le peuple du Venezuela, il n'y a pas moyen de détenir le peuple souverain du Venezuela.

A la constituante de 1999, nous étions arrivé avec cette tempête, les vents forts soufflaient, mais notre commandant a été sage et il a dit : "Souffle la tempête, souffle le vent fort, j'ai de quoi faire face". Et le Commandant Chávez n'était pas en train de se vanter vainement, le Commandant Chávez savait qu'il parlait au nom de millions de vénézuéliens et vénézuéliennes qui s'étaient levés et avaient rompu les chaines de la domination imposées par une minorité bourgeoise, apatride, toujours liée aux pouvoirs impérialistes et contraire à un projet national au Venezuela. Cette tempête a accouché d'un modèle unique au monde, un modèle exclusif à arborer, un modèle d'inclusion sociale. Pour la première fois depuis son processus d'indépendance, le peuple du Venezuela a été reconnu dans ses pouvoirs créateurs et dans sa grandeur, reconnu en tant qu'être humain à travers l'égalité. Avec le commandant Chávez, avec la constituante de 1999, nous avions rompu les chaines de la domination, de l'esclavage et nous avions, comme nous le faisons aujourd'hui, donné au monde un message de libération nationale.  Avec le commandant Chávez et le modèle de 99, la démocratie participative et protagonique du peuple du Venezuela est arrivée et aujourd'hui, nous approfondissons ce modèle. Elle est arrivée avec cette constituante de 99, de nouveaux airs ont soufflé sur notre patrie et nous avons vu alors, depuis 1999, un peuple qui construit son propre destin, un peuple qui décide de son avenir, de son futur, sans aucun type de pouvoir supérieur qui lui donne des ordres ou des instructions.

Mais pendant que le peuple avançait, tel un ouragan comme le disait le commandant Hugo Chávez, ou telle cette marée rouge qui sillonnait toutes les rues de notre patrie, avec ce peuple aussi s'est préparée une conspiration sans mesures contre le modèle porté par la constitution de 1999. Ces élites qui avaient été vaincues, ce modèle source d'inégalité, de pauvreté, de faim, de discrimination, de destruction de la planète, ce modèle a cherché à renverser la constitution de 1999. Sans aucune trêve camarades, depuis 1999, il y a eu un processus de contradiction historique qui s'exprime aujourd'hui avec une intensité majeure dans la constituante de 2017. C'est la droite fasciste - car il faut le dire : quand ils ont été au gouvernement, ils ont exercé un terrorisme d'état.

Je veux rendre hommage à nos cadres : avec notre Bolívar, avec notre commandant éternel, il y a aussi Víctor Soto Rojas, Argimiro Gabaldón, Fabricio Ojeda, le jeune Jorge Rodríguez, le jeune Roberth Serra, notre soldat éternel Eliezer Otaiza. Nous sommes des millions à être entrés dans cette assemblée, comme seuls se réveillent les peuples quand ils sont décidés à être libres. En 1999, il y a donc eu un processus d'émancipation de la misère économique et de l'exclusion politique qui est resté formulé dans notre constitution mère de 1999. Si nous sommes venus ici, ce n'est pas pour détruire notre constitution, non, nous sommes venus écarter de notre chemin tous les obstacles, tout l'arbitraire dictatorial qui nous a empêché d'exercer la validité matérielle de notre constitution, nous sommes venus la défendre, nous venons l'approfondir, nous venons la renouveler, camarades.

C'est de cette constitution de 1999 qu'est née cette Assemblée Nationale Constituante, camarades, grâce au commandant Chávez, grâce à notre constitution mère et grâce, comme nous le disions au début, à notre président-peuple qui est devenu aujourd'hui un géant, avec plus de peuple et des millions de vénézuéliennes et vénézuéliens. Cette Assemblée Nationale Constituante ne sort pas de rien, camarades, cette Assemblée Nationale Constituante a affronté toute une série d'obstacles et d'atrocités de la part de ceux qui résistent à la démocratie, de ceux qui prétendent restaurer les chaines impérialistes rompues par notre processus d'indépendance, de ceux qui ne reconnaissent pas l'être humain comme un égal mais comme quelqu'un qu'il faut soumettre dans une relation d'inégalité violente. Cette Assemblée Nationale Constituante a pu rompre la phase la plus obscure de la dictature qui, à droite, cherchait à empêcher l'exercice massif des vénézuéliens et vénézuéliennes mobilisés pour exercer notre droit au vote, pour exercer notre droit à la libre circulation, le droit à la santé, au travail, à la vie.

Nous n'arrivons pas ici en partant de rien, le peuple qui est là est en lutte, debout, il a le moral, il a une éthique combative. Cette constituante est née d'un profond conflit historique avec un groupe minoritaire qui prétend prendre possession de la patrie, un groupe minoritaire qui prétend la restauration néolibérale coûte que coûte. Nous avons vu d'horribles crimes de haine, nous avons vu comment ils brûlaient des êtres humains vivants, des atrocités inhumaines, nous avons vu aussi la violence criminelle à des fins politiques pour déstabiliser et renverser le gouvernement constitutionnel et légitime du président Nicolás Maduro, de ceux qui louent le vieux style des dictatures, je répète, cette droite, contre-révolutionnaire, fasciste, qui aujourd'hui prétend renverser le processus révolutionnaire que s'est donné le peuple du Venezuela en 1999, quand ils ont été au gouvernement, ils n'ont pas été différents, ils ont été plus fascistes, plus dictateurs que ce qu'ils expriment aujourd'hui.

Nous ne reviendrons jamais à ce passé camarades, et vous, constituants souverains et vertueux, vous avez entre vos mains la responsabilité d'empêcher que cela arrive. Ils violent massivement les droits humains, nous, avec la constituante de 1999, nous avons réussi à instaurer au Venezuela le gouvernement, l'état des droits humains. Nous avons pu nous sentir libres, nous qui étions jeunes pendant la 4ème République, nous savons de quoi on parle... D'oppression, de répression, d'extermination, de tortures, de disparitions, de sévices. Voilà ce qu'a été notre jeunesse, revendiquée aujourd'hui par la Révolution Bolivarienne, grâce à notre Commandant Chávez qui nous a amené la liberté, qui nous a amené la démocratie, qui nous a amené l'égalité, qui nous a amené la justice.

Le 30 juillet, le peuple vénézuélien a envoyé de nombreux messages. La première chose qu'il a dite c'est "Nous voulons la paix", et la paix s'est faite, avec la constituante la paix est venue immédiatement, cher père Numa, la paix s'est faite. Le peuple est décidé à défendre la paix. Le peuple du Venezuela a dit aussi que le conflit violent ne va pas s'imposer au Venezuela pour permettre une intervention étrangère, nous avons envoyé beaucoup de messages, pas seulement pour le Venezuela mais aussi pour le monde :

Au chef de l'impérialisme, nous disons "Ne te mêle pas du Venezuela" et nous allons le répéter toutes les fois que cela sera nécessaire. Ne te mêle pas du Venezuela. A partir de cet hémicycle puissant, entourés par nos libérateurs, nous disons : Empire sauvage et barbare ! Ne te mêle pas du Venezuela parce que le Venezuela jamais ne faiblira, ni ne se rendra.

A la droite vénézuélienne et ses pivots, qui refuse de trouver un chemin pour l'action politique, qui refuse de renoncer à la violence criminelle, aux morts et aux balles, le peuple du Venezuela envoie aussi un message, le peuple du Venezuela lui a dit : "Nous voulons de l'action politique, opposition criminelle, arrête la violence", le peuple du Venezuela ne veut pas de la guerre, le peuple du Venezuela veut la paix, et le message a été très clair. A cette droite, nous disons que si elle ne prend pas le chemin démocratique et de l'action politique, la justice s'imposera. Cette constituante est là aussi pour faire justice, camarades. Le peuple du Venezuela ne va pas remettre son destin à une minorité violente, à une minorité apatride, liée à un projet anti-national, à un projet impérial.

A la communauté internationale : Ne vous trompez pas sur le Venezuela, le message est clair, très clair. Nous, vénézuéliens, nous allons résoudre notre conflit, nos crises, entre vénézuéliens et vénézuéliennes, sans aucune interférence étrangère, sans aucun mandat impérial. Il est temps, il est grand temps, et je le dis en guise de réflexion aux alliés historiques de la droite et de la bourgeoisie locale, nous disons : Il est grand temps que vous commenciez à regarder le peuple du Venezuela, nous sommes là depuis 19 ans et vous avez encore du mal à nous voir. Parce que vous ne reconnaissez pas le peuple. Voilà notre tragédie, les pouvoirs impérialistes ont du mal à reconnaître le peuple du Venezuela. Bon, cette constituante va se charger de leur faire comprendre de quel bois sont faits les vénézuéliens et les vénézuéliennes.

Je veux également dire à nos grands-parents, aux grand-pères et aux grand-mères qui sont sortis courageusement pour défendre la démocratie, la paix et la souveraineté : Merci aux papis et mamies. aux personnes avec un handicap, vous qui êtes devenus des milliers d'espérances pour exercer votre droit, pour ne jamais rendre ce que la révolution bolivarienne vous a donné, vous êtes les sujets historiques de notre révolution. Nous remercions aussi les étudiants, la jeunesse, aujourd'hui largement représentée dans cette Assemblée Nationale Constituante, où plus de 200 constituants sont des jeunes. Merci aux femmes, aux étudiants, aux travailleurs, promoteurs historiques de la transformation sociale et économique de la patrie. Aux chefs d'entreprise ici représentés, nous vous appelons, le peuple a dit "Construisez un modèle national, d'économie diversifiée", le Venezuela le mérite et le Venezuela en a toutes les capacités, pour construire ensemble et nous développer comme une grande puissance. C'est ce que nous méritons comme peuple. Nous voulons remercier aussi les paysans, les pécheurs, représentés aujourd'hui pour la première fois dans cette Assemblée Nationale Constituante, il y a là la souveraineté alimentaire tant recherchée par notre commandant Hugo Chávez. Aux communes, aux communards, aux missions, aux grandes missions, aux retraités représentés ici, les 8 secteurs qui accompagnent ce processus constituant et qui ont envoyé eux-aussi un message très clair, "nous voulons approfondir et consolider le pouvoir populaire".

Que le peuple ait plus de pouvoir, c'est de cela dont il s'agit camarades, pas d'aller en arrière. Je veux dire à la hiérarchie de l'Eglise - et notre cher père Numa nous excusera, lui qui n'a rien à voir avec ça-, dire à ces dirigeants ecclésiastiques qui avaient donné leur bénédiction au pacte de punto Fijo, que nous sommes des millions à être sortis dans les rues pour dire sous le ciel qui nous abrite : Nous voulons la paix, la paix soit avec nous tous, amen, amen, pour la paix au Venezuela.

Et la constituante est arrivée avec son pouvoir souverain et plénipotentiaire pour guérir, nous venons pour guérir le Venezuela de ses blessures, de la guerre économique, il n'y aura plus d'instruments qui facilitent l'agression multiforme à notre économie, parce que dans cette Assemblée Nationale Constituante que nous avons installé, nous avons le pouvoir de combattre la guerre économique que le parlement puntofijidiste a voulu mener dès qu'il s'est installé dans ce palais fédéral. Il est arrivé pour faire la guerre, à nos femmes, à nos grand-parents, à nos enfants, et il les a attaqués avec la guerre économique. Le peuple du Venezuela lui a envoyé un message très clair, il lui a dit "ton chantage sur la faim n'a pas vaincu la volonté du peuple du Venezuela". Au Venezuela, il n'y a pas de faim. Au Venezuela, il y a de la volonté. Au Venezuela, il y a de la détermination et il y a du courage pour défendre le Venezuela. Ecoutez-le à la fin ! Gouvernements de droite qui ne veulent pas écouter le peuple du Venezuela. Ici, il n'y a pas de crise humanitaire. Ici, il y a de l'amour.

Ce qu'il y a, c'est une crise de la droite fasciste qui cherche à détruire un peuple libre et indépendant. C'est la seule crise que nous avons à résoudre et nous allons la résoudre. Que le sache le monde entier, nous avons déjà nommé une direction de l'assemblée, que je salue, ce sont des vice-présidents de luxe, ils portent avec eux l'esprit de 1999, il y a là les veilleurs, les gardiens de notre constitution mère. Dès maintenant, il y a une assemblée constituante qui a le pouvoir d'agir, ne pensez pas que nous allons attendre des semaines, des mois, des années... Non, dès demain, nous commencerons à agir dans cette assemblée nationale constituante. Et les violents, les fascistes, ceux qui font la guerre économique au peuple, qui font la guerre psychologique au peuple, la justice va les poursuivre : Ne vous étonnez pas parce que le pouvoir constituant originaire est arrivé au Venezuela. Allez camarades, nous sommes là pour la rénovation constitutionnelle, pour l'entente nationale. Quand le président Nicolás Maduro a convoqué cette constituante, il a dit "je veux que tout le peuple du Venezuela s'installe dans un grand dialogue national", ceux qui ne croyaient pas dans l'assemblée constituante, vous avez ici notre main fermement tendue pour le dialogue national. Cette constituante est pour tous et toutes, camarades, il n'y a pas d'exclusion, le message de l'exclusion c'est celui de la droite apatride, le notre, c'est celui de l'inclusion, celui de l'égalité, et nous disons à tous, à toutes les vénézuéliennes et tous les vénézuéliens : nous gouvernerons pour vous, nous accompagnerons le président Nicolás Maduro pour vaincre la guerre qui s'est imposée contre le peuple du Venezuela.

Président Maduro, nous nous adressons à vous en tant que constituants souverains que nous sommes, nous n'allons pas vous laisser seul, vous êtes devenu aujourd'hui des millions d'hommes et de femmes, de vénézuéliens et vénézuéliennes, pour tenir les rênes de la patrie, pour conduire la révolution bolivarienne à bon port. Président Maduro, vous n'êtes pas seul, il y a ici le peuple du Venezuela qui vous accompagne et qui a compris votre appel à la paix, au dialogue, à la compréhension, à l'inclusion, à l'égalité, à la justice. C'est sans peur que nous allons vers la rénovation constitutionnelle, que nous allons vers la rénovation spirituelle à laquelle nous a appelé notre président.

Je veux donner un renseignement technique, excusez-moi en ce moment si émouvant, mais les Nations Unies qui ont fait un travail de recherche très complet et très spécifique sur les processus constituants, ont établi qu'au cours des 25 dernières années, plus de 100 processus constituants ont eu lieu dans le monde. Ils ont également établi que la vie utile d'une constitution est de 19 ans et que les gouvernements, les états et les pays les moins démocratiques, sont ceux dont les constitutions sont écrites par des comités d'experts. Ici, ce ne sont pas des experts qui sont arrivés. Ici, il y a le peuple du Venezuela, pour construire et écrire sa constitution. Et ça se voit, nous le voyons, sur la figure de tous nos constituants, les gens ordinaires du Venezuela sont là pour défendre la paix, pour défendre la souveraineté et défendre l'indépendance nationale. Le moment de renouveler notre constitution est arrivé, conformément aux standards internationaux. Et je le dis à cette communauté internationale qui a l'habitude d'agir avec un double langage : Je vous demande, pourquoi au cours de ces 25 dernières années, alors qu'il y a eu plus de 100 processus constituants dans le monde, aucun n'a fait naître une telle furie et une telle peur comme celles que déclenche le processus constituant vénézuélien.

Eh bien, j'ai la réponse. Car nous avons aussi envoyé un message aux peuples du monde, et nous avons dit : "Peuple, relève la tête et voit que, au Venezuela, on peut gouverner avec le peuple. Lève la tête et regarde le pouvoir politique, lève la tête et met en déroute ces oligarchies qui t'oppriment, qui te méprisent et qui te briment humainement".

Bon. Ils ont peur, bien sur que le processus constituant vénézuélien leur fait peur, parce que nous allons approfondir la démocratie participative et notre modèle gagnant de droits fontamentaux et d'égalité sociale. Camarades, le peuple est là avec sa sagesse et sa créativité pour accoucher une nouvelle histoire. Comme le Commandant Chávez et la constituante de 1999 avait accouché de ce beau projet et ce beau modèle, nous disons ici, Président Maduro, nous sommes avec vous pour accoucher une nouvelle histoire de dignité et de gloire pour le Venezuela. Camarades, il est temps, il est urgent de défendre notre patrie, c'est le moment de la rénovation, de la justice, de l'approfondissement des droits fondamentaux, du pouvoir populaire, de la paix, de la souveraineté et de la défense de notre mère, la terre.

Bien, camarades, corps souverain et plénipotentiaire, je veux terminer ces mots avec un poème de Pablo Neruda, de la Patria Grande, de notre Amérique Latine à qui nous envoyons aussi un message d'amour et d'espérance à partir du Venezuela : Pour dire aux peuples du monde, aux peuples d'Amérique Latine et des Caraïbes, que les processus de libération sont à l'oeuvre dans l'humanité et que nous le livrons, ici au Venezuela.

Nous donnons l'exemple qu'il est possible de libérer toute l'humanité. J'aime à vous saluer avec ce poème : "Pensons à la terre entière, en frappant un coup de poing sur la table. Je ne veux pas que le sang revienne pour tremper le pain, les haricots, la musique. Je veux que viennent avec moi le mineur, la petite fille, l'avocat, le marin, le fabricant de poupée. Que nous allions au ciné et que nous en sortions pour boire le plus rouge des vins. Je suis venu pour chanter et pour que tu chantes avec moi". Pablo Neruda.

Chantons tous à la paix et à l'union des vénézuéliens,
chantons à la patrie libre et souveraine,
chantons au "bravo pueblo" qui a accouché ce pouvoir souverainissime.
Un grand merci, camarades.

Traduction : CM




samedi 5 août 2017

La violence politique au Venezuela


par Marco Terrugi in Hasta el nocau
Sociologue, journaliste franco-argentin
résident en ce moment au Venezuela

Il y a un casse-tête des morts. Plus de cents, en plus de cents jours de conflit. Pour l'opposition médiatique, le problème se résume à l'idée que tous ont été assassinés par le gouvernement. Peu importe qu'il n'y ait pas de preuves à l'heure du grand titre ou qu'il n'y ait pas eu d'enquête pour fonder une affirmation comme celle-là. Ce qui importe, c'est l'impact, le nombre, le scandale, le mort empilé sur l'autre mort et qui construit petit à petit l'idée d'ores et déjà consolidée partout : Le régime est autoritaire, dictatorial, il viole les droits de l'homme.

Dans d'autres cas, la responsabilité n'est pas attribuée au gouvernement sinon à la crise, au conflit. Un vieux truc, avec en grand titre "La crise a fait deux nouveaux morts", et pourtant, ils furent assassinés par la police aux ordres du gouvernement argentin, Darío Santillá et Maximiliano Kosteki en 2002. A l'époque, ce ne fut pas "la crise", cela ne l'est pas non plus au Venezuela aujourd'hui. S'il reste un peu de journalisme dans cette bataille politique, on devrait au moins conserver l'enquête comme base pour construire les informations et l'opinion. Il s'agit-là d'un souhait presque ingénu : le mensonge est devenu une forme centrale de communication dans ces médias.

Il y a enfin un autre truc : Dire sans nommer. "Des morts pendant la journée électorale" ou par exemple, "ils ont incendié le siège de la magistrature" quand il est évident - il suffit de suivre les mouvements - que l'édifice a été incendié par des groupes de choc qui, à chaque manifestation de l'opposition, sont en première ligne et reçoivent leurs ordres des dirigeants de Voluntad Popular. Dans ce cas, il n'y a pas d'auteur de l'action. Ni le gouvernement, ni la crise, personne. Et encore moins l'opposition.

Ces trois variables sont répétées quotidiennement par des dizaines de grands titres, sur la une, au Venezuela et dans le monde. Le résultat, c'est qu'une majorité est convaincue du fait que le gouvernement est l'auteur de toute la violence et des morts. Combien de fois faut-il répéter une idée pour qu'elle devienne une vérité ? Dans le cas de l'opposition vénézuélienne, l'architecture communicationnelle est écrasante : Elle peut compter sur les principaux médias de chaque pays du continent, des Etats-Unis et d'Europe, articulés entre eux.

****
Les morts, donc. Qui est responsable ? Il y en a plus de cent, avec un nombre exact diffus : 125? 127? Plus? Moins? Difficile d'avoir une certitude en raison du large éventail de causes des morts - certaines ont été notées dans des analyses et exclues par d'autres-, en raison aussi des sources d'information, du croisement des données entre les pouvoirs publics et les sources journalistiques. Les causes ont été diverses : des barricades et des blocus, des pillages, des brûlés vifs ou des lynchés, la manipulation d'explosifs, le fait de passer près d'une manifestation sans y participer, les bagarres entre manifestants, les tirs des bandes criminelles, de l'intérieur des manifestants, par les corps de sécurité de l'Etat, entre autres.

Dans ce total, il y a eu 11 victimes par balles des corps de sécurité. Suite à cela, 39 agents sont en procès, détenus ou mis en examen. C'est à dire qu'environ 10% des morts sont de la responsabilité de l'Etat. Autre élément : Parmi le total des morts, au moins 7 personnes sont des membres d'une des forces de sécurité. Le discours qui dit que tous les morts sont causés par le gouvernement tombe rapidement.

Alors qui sont les responsables des 90% restants ? Au niveau intellectuel, ce sont les dirigeants des partis d'opposition, en particulier Voluntad Popular et Primero Justicia, qui conduisent le plan d'escalade de la violence dans la rue. Au niveau matériel, cela dépend de chaque cas : des paramilitaires, des groupes de choc, les jeunes des manifestations eux-mêmes, des gens isolés incités à tuer - car pour une partie de l'opposition, il est devenu légitime de tuer du chaviste. Le Ministère Public n'a détenu personne de l'opposition, ni auteur matériel ni intellectuel, même quand l'évidence a été enregistrée par des caméras, quand par exemple un des jeunes a été lynché et incendié parce qu'il passait auprès d'une manifestation en plein Caracas. Et ce n'est pas un hasard, car l'alignement de la Fiscalia sur l'opposition est déclaré. La justice est absente et cette absence élargit le trou noir de la mort.

****
Il suffirait quelquefois d'appliquer un raisonnement logique, comme dans le cas des élections de dimanche dernier. L'opposition a annoncé qu'elle empêcherait que les scrutins aient lieu et elle a agi en conséquence. Elle a assassiné un candidat dans la nuit de samedi, elle a attaqué 206 centres de vote, elle a affecté gravement la participation dans 5 municipalités, elle a fait éclaté une bombe sur la police, elle a déployé des groupes paramilitaires pour empêcher que les gens ne votent, elle a tiré sur des électeurs, sur des corps de sécurité de l'Etat. Et pourtant, l'information mondiale a été la même partout, de Clarín au secrétaire de l'OEA : Le gouvernement a été responsable de la violence. Mais pourquoi le gouvernement aurait-il fait ça le jour des élections clefs de dimanche ? Pourquoi aurait-il lancé des grenades sur les bureaux de vote et fait explosé une bombe contre la police ? Les matrices des médias peuvent détruire jusqu'au bon sens.

****
Le Venezuela est frontalier avec la Colombie, épicentre du para-militarisme. Il a été infiltré pendant de nombreuses années par des groupes paramilitaires qui s'y sont enracinés et qui en lien avec des bandes criminelles, ont formé leur propre force (logistique, surveillance, structuration). Il y a les témoignages des populations, les attaques perpétrées avec des armes de guerre contre les garnisons militaires ou les postes de police, les zones qu'ils contrôlent, leurs campements. Et pourtant, ils n'existent pas, ni dans les grands médias, ni dans les discours des dirigeants de la droite, ni dans les analyses de certains intellectuels.

Mais ils existent bien dans la vie des gens : Les maisons taguées, les chavistes des villages qui doivent s'en aller à cause des menaces, les camarades assassinés, les commerces qui doivent fermer sinon ils sont attaqués, et aussi les transports, les couvre-feux. Cela a lieu dans des municipalités de Táchira, Mérida, Lara, Barinas, au cours des déploiements qu'ils réalisent pendant les semaines d'escalade du conflit à chaque coin du pays.

La formule est la suivante : Chaque fait de violence doit être nié et au cas où l'action serait trop évidente, elle doit être dénoncée comme un coup du gouvernement contre lui-même. Même si c'est invraisemblable, comme de dire que c'est le gouvernement qui a lancé des grenades depuis un hélicoptère sur le Tribunal Suprême de Justice. Le plan golpiste déploie des vagues de violence, en légitime une partie, en cache une autre et construit l'idée-force d'une opposition "pacifique, légale et massive" qui est victime d'une répression démesurée. Les médias lavent la figure de la droite tous les jours, et ils ne sont pas les seuls : Ils y a aussi ceux qui centrent toute leur critique sur le gouvernement et minimisent l'action golpiste jusqu'à la rendre invisible.

Il y a une grande querelle sur le sens et les acteurs de la violence, afin de les démasquer, mettre un nom sur la mort et les obliger à sortir de l'anonymat.

On ne peut pas comprendre les réponses du chavisme - avec ses succès et ses erreurs - si on ne comprend pas la stratégie déployée, ou si on choisit délibérément de la cacher. Que doit faire un gouvernement et un mouvement populaire, avec ses contradictions infinies, face à une opposition qui mise sur une solution violente et qui déploie un bras armé pour réaliser des actions militaires ? Comment doit-il agir ? Les réponses sont variables. Cela va d'un schéma de contention en misant sur l'usure, à l'essai de formes de défense intégrale comme l'avait envisagé Hugo Chávez à travers les Milices Bolivariennes. Encore que sur ce dernier point, il y ait un autre débat : Il semblerait nécessaire de construire des formes de réserve des territoires dépendants des territoires eux-mêmes, et pas seulement de la Force Armée Nationale Bolivarienne - comme l'est la Milice Bolivarienne- tout en étant articulé avec elles. Rien en dehors de l'unité.

Il s'agit d'un point clef. Comment défend-on un processus populaire ? Qui le défend ? Est-ce seulement l'appareil de l'Etat ?

****
La violence est devenue la norme au Venezuela. Le premier homme qui a pris feu dans la rue a choqué, le deuxième aussi, le troisième a commencé à faire partie du possible, le cinquième est entré dans la logique du conflit. Par contre oui, il a eu un impact, celui qui lynché puis brûlé, a été roué à coup de pieds comme un chien par ses assassins. Cette normalisation fait partie de l'objectif de la violence de l'opposition, elle cherche à frapper le tissu social, à le décomposer, à faire s'affronter les parties jusqu'à légitimer le lynchage comme pratique sociale de l'opposition des classes moyennes et supérieures. Jusqu'à maintenant, on n'a vu personne lynché dans un quartier populaire à cause de sa posture politique.

Le gouvernement s'est-il trompé et a-t-il commis des violences qu'il ne devait pas commettre ? Oui. Les chiffres sont là, les gens emprisonnés, les organes de sécurité de l'Etat qui ne sont pas ce que nous voudrions qu'ils soient, qu'ils ont cherché à transformer pendant ce temps de révolution et qui ne sont encore qu'à la moitié du chemin. Le chavisme a des contradictions, des limites, une lutte des classes interne, des traîtres, des bureaucrates, des corrompus impunis placés à des postes de direction, et une longue liste de problèmes. On doit en débattre, les contester : C'est sur la résolution ou pas de ces points que la possibilité du projet se joue.

Mais le problème, c'est l'inversion des rôles, le fait de considérer le gouvernement comme l'auteur de l'escalade de violence et non comme celui qui exerce une réponse - avec ses erreurs- contre un essai de coup d'état avec la participation directe des Etats-Unis. Regarder le Venezuela à travers le show médiatique, l'avalanche esthétique victimisante et héroïque de ses mobilisations, la production massive de contenus - qui coûte des millions de dollars - les pages de l'opposition et Aporrea, plus le chercheur quelconque d'une université étrangère qui "analyse les collectifs", conduit à gober complètement le récit du golpisme.

Débattre sur le chavisme est une nécessité. Passer du côté du bloc conduit par les Etats-Unis est une erreur historique. Ce ne serait pas la première fois que cela arrive dans l'histoire de la gauche du continent.

@Marco_Terruggi

Traduction : CM



Entretien avec Jorge Arreaza, ministre des affaires étrangères du Venezuela


Source : Telesur

Le chancellier vénézuélien affirme que l'Assemblée Constituante, présidée par Delcy Rodriguez, deviendra un grand forum du dialogue national.

Au cours d'un entretien ce vendredi sur Telesur, Jorge Arreaza a assuré que l'installation de l'Assemblée Nationale Constituante (ANC) a ramené la stabilité et la paix dans le pays, après trois mois de violence de l'opposition dans les rues. "Cette semaine, il n'y a pas eu de manifestation. Après les élections de dimanche, nous avons eu la paix" explique Arreaza en assurant que l'objectif de l'ANC était d'atteindre la stabilité du pays et qu'il a été atteint.

Le diplomate souligne que "le Venezuela a donné une leçon avec l'ANC qui a amené la paix, et l'exécutif national souhaite que les autres pays comprennent ce qui a eu lieu le 30 juillet dernier" dans le scrutin auquel ont participé plus de huit millions de vénézuéliens. Il explique que même les vénézuéliens sympathisants de l'opposition qui ne soutiennent pas l'ANC ont cessé les actions de déstabilisation dans les rues et sont retournés travailler pour le pays. Par contre, il critique les médias qui ne montrent pas la réalité d'un pays qui est revenu à la paix.

Pour Arreaza, le gouvernement vénézuélien espère qu'à travers l'ANC, "la violence de l'opposition sera vaincue avec respect" et il est convaincu qu'ils atteindront la certification de la démocratie. Ce vendredi, l'Assemblée Nationale Constituante s'est installée au Palais Fédéral du Venezuela, avec 545 constituants, qui travailleront à partir de ce samedi pour consolider et renforcer la souveraineté nationale. Elue par plus de huit millions de vénézuéliens, l'ANC cherche à être un grand forum du dialogue national. "Nous allons insister là-dessus et on appellera tous les secteurs" affirme-t-il.

Les Etats-Unis doivent respecter la souveraineté du Venezuela

Le chancellier Jorge Arreaza exige que le gouvernement des Etats-Unis respecte la souveraineté et l'autodétermination du Venezuela. Ainsi, il affirme espérer que le gouvernement des Etats-Unis ne continuera pas ses "lamentables déclarations" qui cherchent à discréditer la démocratie de ce pays sudaméricain. "Trump ne pourra pas aller contre la volonté du peuple de construire la paix" s'exclame-t-il.

"Nous exigeons le respect du gouvernement des Etats-Unis, le respect de notre souveraineté et de notre autodétermination, parce qu'avec l'élection du dimanche, le peuple du Venezuela a parlé et a donné une leçon de détermination" dit-il.

Ingérence du Mexique, de la Colombie et de la CIA

Se référant à l'ingérence du Mexique et de la Colombie dans les affaires intérieures du Venezuela, il indique que ces gouvernements ont violé la diplomatie et les relations de respect entre pays. "Le gouvernement du Mexique se trouve mal quand on évoque la question de sa subordination aux intérêts du gouvernement des Etats-Unis" signale-t-il.

Il rappelle que le directeur de la CIA a visité le Mexique et la Colombie pour mettre en oeuvre des mesures de violence et de déstabilisation au Venezuela, parce qu'ils veulent les ressources minérales et naturelles de cette nation.

A propos des ministres des affaires étrangères de l'Argentine, du Brésil et du Paraguay, il signale qu'au sein du Mercosur (Marché Commun du Sud), "ils cherchent à exclure le Venezuela. C'est une manoeuvre de plus". Concernant l'Organisation des Etats Américains (OEA), il assure qu'elle cherche à mettre à mal le Venezuela devant les autres pays et suit les orientations de petits groupes qui cherchent la violence : "La OEA répond à des intérêts impérialistes et face à eux, le Venezuela continuera à défendre sa souveraineté et son autodétermination".

Arreaza affirme que le Gouvernement vénézuélien veut maintenir des relations de respect avec toutes les nations et attend la même chose en retour. "La diplomatie bolivarienne de la paix promeut la construction d'un monde pluripolaire et multicentrique qui respecte les relations entre les pays". A ce propose, il a cité les exemples de la Chine et de la Russie, comme pays fondamentaux pour la consolidation des relations multipolaires.




vendredi 4 août 2017

Venezuela et le renouvellement des élites... Un autre point de vue colombien


Par Luis Eduardo Celis in La silla vacia

Il y a plusieurs crises au Venezuela. Elles s'articulent dans une dispute entre projets de société, leaderships et légitimités qui ne peuvent être évalués de manière isolée. C'est une crise pleine de contradictions.

Pour une compréhension plus rigoureuse, il conviendrait de présenter le Chavisme comme alternative à des élites républicaines qui avaient envisagé un projet de rente pétrolière et qui n'avait pas créé une économie permettant d'engendrer des capacités diversifiées et démocratiques. Ce modèle, qui est entré rapidement en crise, a eu comme réponse un dirigeant qui a su offrir une alternative. De manière charismatique, il s'est érigé en "liquidateur" d'une tradition politique qui avait été hégémonique dans la conduite de la société vénézuélienne pendant tout le XXème siècle. Les "Adecos" (sociaux libéraux) comme les "Copeianos" (démocrates chrétiens) ont été anéantis politiquement et démocratiquement par l'alternative présentée par Hugo Chávez à la fin du siècle précédent.

Cette élite politique liquidée n'a aujourd'hui aucune capacité de leadership. Et pendant près de 20 ans de "Chavisme", ils ne sont pas arrivés à positionner un discours de changement face à cette vieille tradition.

A la base de la crise, il y a la bataille entre différents projets de société. Des projets qui ne sont pas clairement définis et qui restent relativement superficiels. Avec des simplifications que les adversaires se chargent d'accentuer.

Pour comprendre cette crise, il faut aller au delà du débat et des grands discours. Il faut penser que la crise de la société vénézuélienne va au delà des "Chavistes" et de la "MUD". 

S'il est vrai qu'il faudrait évaluer l'exercice de près de 20 ans de gouvernement du "Chavisme", je considère que les défis de la société vénézuélienne débordent le cadre du débat politique et questionnent les bases d'une société profondément fragile dans son ordre économique et social. Dit de manière simple, la crise de l' "Etat Pétrolier" est plus qu'une crise conjoncturelle et elle questionne les possibilités de la société vénézuélienne à construire une société de droits et une citoyenneté de qualité.

En nous arrêtant sur la crise de la société vénézuélienne et sa profonde dépendance au pétrole (avec toute la fragilité que cela sous-tend), il faudrait en arriver à l'évaluation des débats actuels et à la pugnacité qui fait du Venezuela une société divisée.

Avant Chavez, la rente pétrolière était concentrée entre les mains d'élites florissant au milieu d'une pauvreté offensée. Chavez a capitalisé ce mécontentement et a proposé une "redistribution élargie" de la rente pétrolière. Mais la grande question de la société vénézuélienne, la diversification économique et la construction d'une économie sociale démocrate n'a pas été résolue.

Le rayonnement politique du Chavisme s'est basé sur un discours qui a cherché à prendre ses distances par rapport aux Etats-Unis. Un projet d'autonomie et de revendication des intérêts latinoaméricains a été proposé. Cela a coïncidé avec une montée des forces de gauche dans une bonne partie du continent, forces qui ont été soutenues par le "chéquier pétrolier", donnant au Chavisme et au Vénézuela un leadership dans le continent.

Le Chavisme a oscillé entre les alliances avec des secteurs du pouvoir économique et sa lutte contre eux. Ceci a peu à peu détruit sa capacité précaire d'approvisionnement et d'autosuffisance. Des secteurs clefs comme l'agroalimentaire et les médicaments n'ont jamais été consolidés et, en dépendant des achats internationaux, ils se sont retrouvés enchaînés à la baisse des prix du pétrole. L'argumentaire chaviste explique qu'ils ont été soumis à une "guerre économique", de fait, les signes de désapprovisionnement et de pénurie ont augmenté de manière dramatique.

De son côté, l'opposition a mis l'accent sur le désastre économique d'une société habituée aux subventions et au "paternalisme" qu'il avait été possible d'exercer quand les prix du baril de pétrole tournait autour des 100 dollars.

Il y a de toute évidence une confrontation ouverte dans la société vénézuélienne. Mais le maniement médiatique, tout au moins ce que nous voyons en Colombie, ne montre pas la profondeur de la crise et en reste à la superficie d'une manipulation sur les "bons" et les "mauvais", les "démocrates" et les "tyrans", qui simplifie à l'extrême une situation plus complexe.

Bien sur qu'il y a des excès, des violences des deux côtés et le non respect des institutions. Mais nous devrions prendre de la distance sur le fait que le débat et la confrontation correspondent à une dispute entre des projets, car en réalité, il n'y a pas grand chose dans les propositions et dans les projets pour dépasser la fragilité d'une économie pétrolière. Une économie dépendante et fragile. C'est un thème qui est débattu et reconnu comme crucial par la société vénézuélienne, mais qui n'est pas résolu.

La Constituante va de l'avant et la crise politique va s'approfondir. Pour le moment, ce que nous allons voir, c'est une détérioration de l'action politique institutionnelle et une mobilisation dans les rues qu'il est difficile de mesurer en terme de légitimité et de soutien de la société vénézuélienne.

Au beau milieu de cette crise, aucun tiers ne sera déterminant dans la réalité politique du Venezuela et les forces politiques internes devront construire les concertations nécessaires.

@luchocelisnai
Sociologue colombien, assesseur de Redprodepaz

Traduction : CM





Nouvelle victoire du VENEZUELA à l'ONU au grand désespoir de la droite


La droite voulait le soutien de l'ONU pour ensuite justifier une intervention étrangère contre le gouvernement légitime du Venezuela, mais l'ambassadeur d'Egypte Amr Abdellatif Aboulatta, actuel président du Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) pour ce mois-ci, a affirmé ce mercredi que la situation au Venezuela ne représentait pas une menace pour la paix et la sécurité internationale.

Il a dit que les faits qui ont lieu au Venezuela sont des affaires internes et cette position élimine la possibilité que la question soit examinée dans les travaux du Conseil de Sécurité de l'ONU. Le représentant de l'ONU a fait ces déclaration aux médias lors de la présentation du programme de travail du Conseil pour ce mois d'août.

Les réflexions du diplomate concernent la situation qu'affronte actuellement le Venezuela, où depuis le mois d'avril, l'opposition développe des manifestations violentes et appelle à une intervention étrangère pour faire tomber le gouvernement du président constitutionnel Nicolás Maduro. Les Etats Unis avaient à la mi-mai apporté la question du Venezuela en consultation au Conseil de Sécurité de l'ONU mais n'avaient pas réussi à obtenir un soutien international contre le pays sudaméricain.

De son côté, le représentant permanent du Venezuela à l'ONU, Rafael Ramírez, a affirmé ces jours derniers que toutes les agressions qui prétendent isoler la Révolution Bolivarienne instaurée par le commandant Hugo Chavez échoueront. Il a également souligné que la campagne contre le Venezuela et son gouvernement ne trouve des échos que dans l'extrême-droite des Etats-Unis et chez les porte-paroles discrédités de la droite mondiale en rappelant "Nous étions au Conseil de Sécurité jusqu'au mois de décembre dernier, nous sommes au Conseil des Droits de l'Homme à Genève et au Conseil Economique et Social (Ecosoc). Nous présidons la quatrième Commission de l'Assemblée Générale, le Mouvement des Pays Non Alignés et le Comité Spécial de la Décolonisation. C'est donc que nous continuons à déployer notre politique de paix et de solidarité".

Source : insurgente.org
Traduction : CM