samedi 15 octobre 2016

Colombie. Le Genre et les Accords de Paix



Plus que promouvoir une "idéologie du genre", les accords de paix signés à La Havane incluent une approche de genre. Vouloir "purger" les accords de cette "idéologie du genre", c'est leur quitter leur capacité de construire une paix stable et durable en Colombie.

Tout au long de la campagne du plébiscite pour la paix, ce que l'on a appelé "Idéologie du genre" est devenu un facteur déterminant pour regrouper autour du NON les discours de l'extrême-droite, de plusieurs organisations chrétiennes et de certains secteurs de la société, qui ont vu dans cette supposée idéologie, une menace profonde contre la famille et l'enfance colombiennes. Dans ces secteurs, les critiques qui sont émises sur les formes historiquement établies de relations entre les hommes et les femmes, leurs sexualités et leurs désirs, sont comprises comme des menaces, qu'ils réunissent dans l'expression "idéologie du genre". 

L'argument du débat qui a commencé depuis quelques mois avec une discussion publique à propos des manuels de vie scolaire et d'éducation sexuelle, a grandi progressivement jusqu'à devenir un aspect fondamental des négociations entre le gouvernement et les secteurs du NON à propos des accords signés à La Havane. Les récentes déclarations d'Alejandro Ordoñez appelant à "purger" (terminologie qui rappellent les expériences néfastes d'élimination de l'opposition par différents régimes totalitaires) les dits accords de "l'idéologie du genre" (Voir le journal El Tiempo du 11 octobre) alertent sur les risques que comportent de telles attitudes réactionnaires face aux avancées que des féministes et des groupes de femmes ont réussi à mettre en oeuvre dans notre pays au cours des dernières décennies sur la violence de genre, le droit à décider sur son propre corps et le besoin de reconnaitre notre espace dans la sphère publique, professionnelle et politique dans des conditions d'égalité.

Dans ce sens, il nous semble très important de souligner que :

1. Plus que promouvoir une "idéologie du genre", les accords de paix signés à La Havane incluent une approche du genre qui, selon María Paulina Riveros, Directrice de la Défense des Droits Humains au Ministère de l'Intérieur et négociatrice plénipotentiaire pendant le processus de dialogue, signifie : 

"Un accord qui adopte une approche du genre, est un accord dans lequel tous : hommes et femmes, hétérosexuels et homosexuels, bisexuels et personnes à l'identité diverse, sont conçus comme des citoyens, des sujets politiques, des interlocuteurs visibles du dialogue social... " (Présentation de Accords de La Havane dans une approche de genre).

L'approche de genre est une préoccupation transversale dans les accords, qui se traduit par des mesures affirmatives sur 8 axes thématiques afin de garantir l'équité de genre dans toutes les matières qui les composent : Accès à la propriété rurale pour les femmes, garanties des droits économiques, sociaux et culturels, participation dans les espaces de représentation, mesures de prévention et de protection, accès à la vérité et à la justice, reconnaissance publique, renforcement de l'organisation et participation politique.

2. Contrairement au sens littéralement satanique qui a été donné à la terminologie "idéologie du genre", il est important de préciser que le genre n'est pas une théorie, ni une idéologie, mais un concept développé autour de la notion de sexe et des relations entre les hommes et les femmes. Le genre est un instrument d'analyse qui a donné lieu à un champ d'études, les études sur le genre, dans lequel, comme dans tous les champs d'études, il y a différentes écoles théoriques et non des idéologies. Les détracteurs et les détractrices du genre ont cherché à présenter ce champ d'études comme une idéologie, en l'assimilant à un ensemble d'idées et de représentations sur la différence sexuelle, qui cherchent des transformations sociales au détriment de l'enfance et de la famille.

3. La société colombienne a été traversée par de multiples inégalités de genre qui ont permis le développement d'une culture masculinisée et patriarcale, et ont engendré de multiples formes d'exclusion pour les femmes et les personnes LGBTI. Elles ont subi la guerre et les dynamiques du conflit armé dans des formes particulièrement graves, en raison de leurs positions dans des secteurs sociaux subordonnés. Et c'est cette situation que l'on cherche à dépasser à travers l'approche du genre dans les Accords.

4. L'approche du genre et de la diversité sexuelle qui est présente dans les accords de paix et dans de nombreuses politiques publiques ne représente pas une menace pour la société en général, mais bien au contraire, une opportunité pour comprendre et transformer les inégalités et les exclusions des droits économiques, sociaux et culturels dont souffrent les femmes et les personnes LGBTI, et qui font obstacle à la construction d'une société plus équitable et à la résolution non violente des conflits.

L'Ecole des Etudes de Genre de l'Universtié Nationale de Colombie, les autres centres d'études de genre, les institutions académiques, les organisations sociales et les personnes signataires de la pétition ci-dessous considèrent que brandir l'idéologie de genre comme une menace est un argument utilisé par certains secteurs politiques pour faire taire nos voix et pour faire reculer nos avancées politiques et académiques dans la société colombienne. C'est pourquoi nous soulignons la nécessité de développer des approches du genre qui soient en capacité de comprendre la complexité de la réalité que nous vivons actuellement et d'affronter ces postures qui vont au détriment des droits des différentes personnes et collectifs.

Nous défendons l'importance et l'irrévocabilité de la perspective du genre et de la diversité sexuelle dans les Accords de La Havane, au vu de son importance dans la reconstruction du tissu social colombien et la possibilité de guérir, pardonner et se réconcilier. Nous avons appris à travers l'exemple que nous ont donné de nombreuses victimes, dont une grande partie sont des femmes, et qui pardonnent à leurs bourreaux. Le pardon n'est pas un signe de faiblesse, ni un manque de "virilité", c'est un signe de grandeur personnelle et collective. C'est aussi la possibilité qui nous est offerte à toutes et tous de trouver des solutions dialoguées à nos différends et de construire un nouveau pacte social dont l'axe soit d'atteindre l'équité de genre et le respect de la diversité, conditions nécessaires pour une paix stable et durable.
Trad° : CM


 
 
 
 

mercredi 12 octobre 2016

A Bogotá, la Colombie indigène montre son soutien à la paix


Par Rossih Amira M.S
Source : Colombia Plural

Des centaines de représentants des peuples originaires ont défilé ce lundi 10 octobre à Bogotá, la capitale, dans le cadre des actes organisés pour le IXème Congrès de l'ONIC (Organisation Nationale des Indigènes de Colombie) pour dire au Gouvernement : "Nous voulons pouvoir vivre en paix".

Ce lundi, Bogotá a été plus que jamais, "Bacatá" comme on la surnomme chez les Muisca. C'est dans la capitale colombienne qu'ont conflué des centaines d'indigènes, arrivés depuis les différentes régions du pays, à travers fleuves, montagnes, sentiers et routes pour faire valoir leurs revendications historiques et renouveler leur soutien au processus de paix en Colombie.

Les raisons de la marche de ce 10 octobre sont multiples, depuis le IX Congrès des peuples indigènes de l'ONIC, à la commémoration des 100 ans de résistance du peuple Arhuaco de la Sierra Nevada de Santa Marta et à l'insistante manifestation que le peuple Mizak du Cauca veut faire en soutien au processus de paix. "Nous, peuple Mizak, sommes très affectés par le conflit armé, c'est ce qui nous a motivés à faire cette marche et qui nous a amenés jusqu'ici, à Bogotá" dit Manuel Cuchium Tombé, autorité indigène du peuple Mizak qui, avec plus de 1.600 indigènes de cette nation, a marché ce lundi depuis la place de toros de Bogotá jusqu'à la place Bolívar. "Nous voulons protester, pour dire au Gouvernement que le processus de paix nous appelle à pouvoir vivre sans conflits, sans armes, nous voulons pouvoir vivre en paix".

Les Autorités indigènes et les communautés des villages de Silvia, Cajibio, Morales, Caldono et Piendamó du département du Cauca, ont mobilisé plus de 20 chivas pour arriver à Bacatá. Felipe Valencia  a voyagé depuis la réserve indigène de Guambia pour affirmer clairement que, à partir de Silvia, ils s'adressent à tout le peuple colombien parce que "c'est nécessaire de continuer à avancer, continuer ensemble avec le Gouvernement et les communautés, pour ce que nous désirons depuis de longues années et que nous sommes en train de vivre aujourd'hui (le processus de paix)".

A partir du nord du pays, le peuple Arhuaco est également venu, pour revivre la mémoire de la geste historique des six autorités indigènes qui, en 1916, sont arrivés pour la première fois à Bogotá afin d'exiger du gouvernement colombien une plus grande attention à leurs besoins et aux problématiques de leur peuple. "Nous venons d'une marche de 100 ans de lutte. Le thème de la paix est à l'intérieur, et maintenant aussi, nous nous mobilisons pour exiger le respect du territoire, des indigènes, des femmes, des enfants, de tous". Ainsi s'exprime Daricugugo, un homme arhuaco qui est arrivé de Nabuzimaque, dans la Sierra Nevada, pour commémorer ces 100 ans de résistance historique.



Des représentants des départements du Cauca, Valle del Cauca, Huila, Caquetá, Nariño, Cundinamarca et Magdalena -où vivent plus de 26.000 indigènes- sont venus aussi sur la Place d'Armes avec le président Juan Manuel Santos à qui ils ont demandé que la recherche de la paix ne cesse pas.

"Pour harmoniser l'esprit et continuer à cheminer avec la parole comme Mouvement Indigène Colombien" : Voilà le slogan et l'objectif des organisations de l'ONIC qui célèbre son IXème Congrès avec la participation de 4.000 indigènes, membres de cette organisation et de l'Organisation Nationale des Peuples Indigènes de l'Amazone (Opiac), la Confédération Indigène Tayrona (CIT) et les Autorités Indigènes de Colombie (AICO). Ils sont tous réunis depuis samedi dernier, 8 octobre, dans la localité de Bosa, considérée comme un territoire ancestral pour le peuple Mhuysca.

Le colisée du Collège Clarétien de cette localité est le lieu de rencontre, le forum où les communautés indigènes débattent sur la situation actuelle en Colombie et le futur qu'ils réclament, le lieu où ils ont tissé un mandala "avec des aliments et des plantes médicinales, pour faire offrande au territoire et aux esprits qui habitent en lui". Politiquement, ce congrès fait mémoire des victimes indigènes et pour ce faire, de manière symbolique, tous se sont rangés en "cinq files indiennes avec des grands batons, jusqu'à se rassembler pour faire mémoire des victimes, femmes et hommes, qui ont offert leur vie pour la défense du territoire".

Le IX Congrès de l'ONIC continuera jusqu'au 14 octobre, avec un appel à ce que "nous, tous les peuples indigènes de Colombie, des plaines jusqu'au Chocó, de l'Amazonie jusqu'à la Guajira, levons nos bâtons et cheminons avec la parole, pour continuer à miser sur la Paix, unissons nous tous : Ceux du fleuve, de la mer et du désert, ceux des selvas, des montagnes, des plaines et des villes".

En cette fin d'après-midi sur Bacatá, un peu plus d'une centaine d'indigènes Arhuacos sont arrivés sur la Place de Bolívar où ils ont rencontré les mille Misak, pour faire de la tombée du jour un moment mémorable. Les revendications de mémoire et de paix des peuples originaires de Colombie se sont alors mélangés avec le campement des jeunes qui ont décidé de demeurer sur la place jusqu'à ce que le processus de paix aille de l'avant. La mobilisation populaire, indigène, afro-descendante et paysanne ne cesse pas dans la capitale du pays. "Je crois que nous avons une même vision, par un appel ancestral et nous nous unissons à tout cela" réplique Daricugugo.


mardi 11 octobre 2016

Faire la somme des absences (Sumando ausencias)


Ce mardi 11 octobre, à partir de 8h00 du matin et pendant toute la journée, la sculptrice colombienne Doris Salcedo a invité 1500 personnes à coudre avec du fil et une aiguille, les toiles blanches où les noms des victimes du conflit armé ont été écrits avec de la cendre.

Après avoir uni toutes les toiles, ce tissu a recouvert la superficie de la place Bolívar de Bogotá, la Plaza mayor. L'initiative a été lancée par l'artiste jeudi dernier et c'est à l'Université Nationale, que les noms de plus de 2000 victimes de prises d'otage, crimes et disparitions forcée ont été inscrits. Chaque nom a une taille de 2m50 et pour les écrire, on a eu besoin de deux tonnes de cendre.

Doris Salcedo explique que sa proposition est une "Action de deuil et de paix", elle ajoute que "certaines victimes sont plus anciennes que d'autres, et donc, il peut y avoir des noms plus obscurs que d'autres, des lettres plus obscures que d'autres".

Avec cette action, la sculptrice invite tous les colombiens à s'unir et à coudre les toiles en symbole de pardon et de solidarité avec les victimes des 52 ans de guerre vécus en Colombie.





Une semaine au Macondo référendaire

C'est avec une très grande joie que je publie ici l'article que m'a envoyé mon amie Maria Baresh. Née en Colombie de parents colombiens mais résidente en France depuis de nombreuses années, elle écrit en français sur le mille-feuilles d'événements et de sentiments vécus la semaine passée par tou-te-s celles et ceux qui portent la Colombie profondément ancrée au coeur. Je trouve qu'elle a un vrai talent d'écriture, avec le goût de raconter et le souhait d'exprimer les émotions. Elle sait partager le plaisir des mots et des idées. Je lui souhaite de continuer...
Maria, tu as la matière et tu as du style... Vas-y! ¡Adelante!
C.M


“Era como si Dios hubiera resuelto poner a prueba toda capacidad de asombro, y mantuviera a los habitantes de Macondo en un permanente vaivén entre el alborozo y el desencanto, la duda y la revelación, hasta el extremo de que ya nadie podía saber a ciencia cierta dónde estaban los límites de la realidad.
Cien años de soledad 
Gabriel García Márquez


"C'était comme si Dieu avait résolu de mettre à l'épreuve toute capacité d'étonnement, et avait maintenu les habitants de Macondo dans un va-et-vient permanent entre l'euphorie et le désenchantement, le doute et la révélation, à tel point que personne ne pouvait plus véritablement savoir où se trouvaient les limites de la réalité."
Cent ans de solitude 
Gabriel García Márquez

 « Une semaine au Macondo référendaire »


Par Maria Baresch
Lundi 10 octobre 2016

Dimanche 2 octobre : c’est la singulière impression d’avoir rendez-vous avec l’histoire colombienne qui prévaut, de sentir les lueurs de l’aube percer au bout de cette longue guerre, d’entrevoir enfin la possibilité d’alléger ce pays que nous portons sur le dos.  Soyons clairs, nous étions optimistes ! Le « oui » ne pouvait que l’emporter, et ce bien en dépit des discours haineux qu’avait déchaîné la néfaste campagne uribiste du « non »[1].   

Nous sommes donc là, réunis devant le consulat colombien de Paris, observant avec tendresse les familles se prononcer pour la « paix en Colombie », les enfants glisser le bulletin de vote de leur parent « pour un nouveau pays ».  Ce sont ces images enthousiastes que nous emportons avec nous le soir pour attendre avec une certaine impatience les résultats.  Vers 23h00 notre optimisme prend forme : le « oui » l’emporte en France avec 82.53% des voix, puis dans la plupart des bureaux de vote des colombiens de l’extérieur…  S’ensuit le dépouillement des urnes en Colombie où le « oui » commence avec un léger avantage, le « non » à ses trousses.  Nous retenons notre souffle, puis la panique, l’angoisse nous saisissent face à la réalité glaciale de la victoire du « non ». Une victoire avec, certes, un très léger écart de 53 894 voix, mais une défaite de notre « Si majeur ».  Alors les chiffres se mettent à virevolter, tourner et retourner : 50.21% pour le « non », 49.81% pour le « oui », 62.57% d’abstention, 13 066 047 personnes se sont déplacées aux urnes sur 34 899 376 d’inscrits sur les listes électorales; et c’est en leur compagnie que nous allons nous coucher pensant, ingénieusement, qu’ils se « corrigeront » pendant que la nuit nous berce. 

Au lendemain du référendum nous vivons ce que nous appelons en Colombie un  « guayabo »[2] national.  L’incompréhension, la tristesse et ce goût amer de s’être stupidement gâté le plaisir, d’avoir manqué le rendez-vous.  Et puis c’est l’étonnement de nos amis français devant ce résultat qui nous prend à la gorge : comment expliquer cette Colombie que nous aimons, mais au caractère insaisissable par ses paradoxes et ses contradictions ? Comment expliquer la violence qui s’accroche inlassablement à ses poignets alors qu’elle transpire à la fois la joie de vivre ? 

Une crise politique se dessine : alors que les accords de paix s’étaient forgés en colonne vertébrale du mandat de Santos, le « non » constitue un véritable revers politique, qui un instant, exalte les ambitions électorales d’Uribe qui se voit déjà pour 2018 porte-parole et sauveur de cette Colombie désappointée par les politiques de Santos.   Pourtant, ce sont les régions les plus affectées par la guerre qui ont voté avec une écrasante majorité pour le « oui ».  Le « non », lui, l’a emporté principalement dans les zones urbaines.[3]  Sans vouloir faire de la caricature, l’image des paysans, bottes en caoutchouc aux pieds, murmurant  à mi-voix « nous avons perdu » et les classes plus aisées, assises confortablement devant leur  télévision, s’exclamant « nous avons gagné ! » est pour le moins significative.

D’autant plus qu’Uribe et ses amis du « non » n’ont eu d’autre ambition que de torpiller les accords faisant appel sans vergogne aux calomnies et mensonges dont les effets n’ont fait qu’exacerber les haines et les divisions.  Pour fomenter le spectacle de la politique colombienne, une interview du directeur de campagne du « non », Juan Carlos Vélez, nous révèle quelques coulisses, le poussant d’ailleurs à la démission du Centre Démocratique (le parti d’Uribe).  Cette « croustillante » information ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : que la campagne pour le « non » visait à détourner le débat du contenu même des accords, qu’elle instiguait la peur à travers des formules sentencieuses de « menaces castro-chavistes » dans des zones plus « concernées »  par la « problématique » vénézuélienne, qu’elle inventait des impôts qui conduiraient les colombiens à se « sacrifier » en vue de la réincorporation des FARC-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie –Armée du peuple),  qu’elle diabolisait les insurgés, ces « terroristes » qui bénéficieraient d’une entière impunité.

De plus, le traitement médiatique n’a certainement pas avantagé le « oui », où par exemple les caméras et micros se sont longuement attardés sur les massacres de Bojayá, sans couvrir en parallèle l’acte où les FARC demandaient justement pardon à ses victimes. 

Le fort taux d’abstention est un facteur également important, qui ne peut nous laisser pantois.  Outre les difficultés réelles sur le terrain pour se déplacer aux urnes, l’immobilité politique de certains ne peut donner en aucun cas un brevet d’innocence.   Cela dit, nous défenseurs du « oui », avons peut-être tenu notre vérité pour seule et unique. Or avons-nous eu un sens vrai de la réalité ?  Avons-nous su écouter ces voix qui ne se mobilisent pas pour aller voter,  celles qui ont encore peur ? Un de nos défis de réconciliation semblerait alors aller dans ce sens : réussir à voir le monde avec des yeux nouveaux, ceux des victimes, des douleurs muettes, des espoirs brisés, des désenchantés ; sinon, nous ne verrons rien.

« L’engouement référendaire »[4] est également questionnable dans le cas colombien.  En effet, ce  mécanisme de consultation a aussi permis de libérer une parole belliqueuse, exacerbant les tensions et la haine.  En diabolisant systématiquement les FARC, les défenseurs du « non » ont contribué à l’agonie du débat, le vidant de tout contenu social.  Or, comme l’explicite l’article 22 de la Constitution colombienne « la paix est un droit et un devoir dont l’application est obligatoire ». La paix, référendum ou pas, est donc avant tout un devoir de politique publique.  Dans ce sens, le conseiller juridique des FARC à la table des négociations, a pertinemment rappelé que les accords, conformément au droit international, ont déjà un effet juridique. De plus, quand bien même le « oui » l’aurait  emporté, ne serions-nous pas confrontés à des démons similaires : des uribistes hargneux aux envies de sabotage et donc à la nécessaire et infatigable défense des accords ? 

Dans cette sombre incertitude où les résultats du plébiscite ont semblé nous plonger,  de la lumière s’infiltre pourtant.  Dès mercredi des marées humaines de jeunes et moins jeunes  se rassemblent dans plusieurs villes du pays ainsi qu’à l’étranger pour défendre la paix.[5]  Vendredi 7 octobre c’est au tour de la région d’Antioquia, bastion d’Uribe, de se manifester largement pour la paix.  Des initiatives d’occupation de places, notamment à  la place Bolivar de Bogotá, fleurissent et redonnent une voix ainsi qu’une légitimité à la rue.  La formule « paz a la calle »[6] résonne et rallume nos espoirs.  Même les colombiens ayant  voté « non » disent vouloir la paix.  C’est à se demander qui, à part Uribe et ses fidèles alliés, veut la guerre ? 

Par ailleurs, la communauté internationale entérine son soutien aux accords de paix, soutien que nous pourrions interpréter comme se cristallisant à travers la déconcertante attribution du prix Nobel de la paix à Santos vendredi.  

En outre, tant du côté des FARC que du côté du gouvernement, l’ouverture au dialogue prévaut. Ils ont tous deux reconnu et entendu les résultats du plébiscite et se disent disposés à écouter les colombiens ayant choisi le « non ». Dans un communiqué conjoint ils réaffirment, dans ce sens, leur engagement de maintenir le cessez-le-feu bilatéral  et sollicitent les Nations Unies afin de maintenir leur mission d’observation.  Parallèlement, les pourparlers entre le gouvernement et l’ELN[7] semblent se décanter.  

Une position délicate se profile pour Uribe. Lui, qui a tout misé sur l’aventure militaire, ne pourra continuer à répondre par la belliqueuse aux nombreux votants du « non » qui ne semblent pourtant pas se prononcer pour la guerre.  Alors qu’il est invité au dialogue, ses dernières propositions pour « amender » les accords, au-delà de proposer des choses qui figurent déjà dans les accords, preuve de sa méconnaissance de ceux-ci, ne semblent en aucun cas montrer une volonté de se détourner de sa constante dialectique, mariage dangereux de la guerre et du mensonge, dont l’unique objectif réside dans un statu quo bénéficiant les privilégiés de toujours.  Que la « mano dura » de la politique sécuritaire d’Uribe se soit par enchantement métamorphosée  en colombe blanche de la paix paraît peu crédible ; et c’est sur ce terrain qu’un de nos défis majeurs se présente : démontrer son impertinence et refuser les concessions à la droite extrême si nous voulons sérieusement atteindre l’essence réconciliatrice des accords.

Alors que cette semaine au cœur du Macondo référendaire, où le va et vient permanent entre la liesse et le désenchantement opère et chatouille notre fil émotionnel, une voie semble cependant s’esquisser : celle de la défense des accords de paix, qui du haut de leurs 297 pages cherchent un pacte social et politique large et donnent le ton de la réconciliation nationale. 

L’horizon encore un peu brouillé, où les promesses et les menaces s’entremêlent, le grand défi de la paix est un dur et long chemin, un incessant combat qui exige de nous d’avoir un ou deux regards d’avance, de marcher là où personne n’ose mettre les pieds.  Nous aurons à affirmer notre volonté de voir ces accords respectés et implémentés, à accompagner depuis l’extérieur la concrétisation de la justice sociale véritable, celle qui inclura les communautés aux marges, ces vérités diverses, qui expriment cependant toute la réalité colombienne.  Ce n’est que par cette construction d’une société nouvelle, où ces voix exclues pourront trouver un écho social et politique,  que l’avenir nous sera rendu, que nos espoirs inébranlables triompheront, que nous verrons enfin l’aube pointer le bout de son nez en Colombie mais aussi ailleurs.

Maria Baresch
Lundi 10 octobre 2016


[1] Alvaro Uribe Vélez, actuel sénateur du Centre Démocratique, Président de la Colombie entre 2002 et 2010.
[2] Gueule de bois
[3] “Ganó el No: Colombia se enfrenta a un diálogo nacional” : http://pacifista.co/gano-el-no-colombia-ante-la-incertidumbre/
[4] Lire Alain Garrigou, « Voter plus n’est pas voter mieux », Le Monde diplomatique, Paris, août 2016.
[5] Autour d’une grande marche silencieuse, qui n’est pas sans faire écho à la symbolique marche de 1948 organisée par Jorge Eliecer Gaitán.
[6] Paix dans la rue.
[7] Armée de libération nationale.




Colombie : la 2e guérilla du pays accepte de négocier la paix


Dialogue avec l'ELN. Une excellente nouvelle
 Points de la négociation :
  1. Participation de la société à la construction de la paix. La négociation doit avoir lieu entre le Gouvernement et la société civile, composée par des secteurs populaires définis par l'ELN
  2. Démocratie pour la paix. On doit réaliser un débat qui examine la décision de la société sur les problèmes sociaux qui l'affectent. Il doit y avoir une révision du cadre juridique, des garanties pour la manifestation publique et la révision de la situation juridique des personnes condamnées pour des actes de mobilisation sociale).
  3. Transformations pour la paix. Il est demandé de prendre en compte les propositions de transformations qui émanent de la société, ainsi que les programmes pour dépasser la pauvreté, l'exclusion sociale, la corruption et la dégradation de l'environnement.
  4. Les Victimes. Il est essentiel de reconnaitre les droits des victimes et leur réparation, ainsi que la résolution de leur situation sur la base de la justice, la vérité et l'engagement de non-répétition et de non-oubli.
  5. La Fin du conflit. Il doit y avoir un engagement pour éradiquer la violence et pour que l'ELN puisse passer à la politique légale. La situation juridique de l'ELN devra être définie, ainsi que des garanties pour la sécurité et pour l'exercice de la politique, il y aura un cessez-le-feu bilatéral. De plus, on fera la lumière sur le phénomène du paramilitarisme. On souscrira un accord sur les armes pour mettre fin au conflit.
  6. Mise en oeuvre. Les accords pactés dans l'agenda seront exécutés à travers un plan général d'exécution qui incluera des mécanismes de suivi, de contrôle et de vérification.

lundi 10 octobre 2016

Colombie : Défendons la paix ! Le Futur, c'est Aujourd'hui !


Défendons la Paix. Le Futur, c'est Aujourd'hui ! 
Mobilisation générale et permanente

Par Rodrigo Restrepo
Paris, 10 octobre 2016

Alors que le "NON" frauduleux et pervers ne s'est imposé que par quelques voix, nous avons cru qu'il fallait chercher le bon côté de ce résultat et maintenir l'espérance, avec la certitude qu'aujourd'hui nous, les défenseurs de la paix, nous sommes plus nombreux qu'il y a quelques années et qu'il suffirait de pousser un peu pour accompagner le président Santos dans sa volonté de faire avancer le processus.

Nous supposions que Santos, faisant usage de ses trucs de tricheur invétéré, avait une grosse carte cachée dans sa manche après avoir joué la carte de la paix et de la tranquillité des colombiens dans un pari inutile. Mais il ne l'a pas encore sortie. Santos voulait occuper une page de l'Histoire. Il voulait un Nobel de la Paix. Nous le savions depuis toujours. Il a réussi. Mais qu'il n'oublie pas que le Comité norvégien lui a remis ce prix "comme un hommage au peuple colombien qui, malgré tous les mauvais traitements soufferts, n'a pas perdu l'espérance d'atteindre une paix juste, et à toutes les parties qui ont contribué à ce processus de paix, ainsi qu'aux innombrables victimes de la guerre".

Aujourd'hui, la paix que nous souhaitons est entre les mains du Président, seulement entre ses mains. Il a les moyens et le soutien national et international, c'est pourquoi nous tenons à lui dire :

Monsieur le Président, ne permettez pas que la lâcheté et le cynisme s'emparent de vos décisions après l'échec du OUI dans les urnes. Ce n'est pas en reportant la paix "sine die", ni en annonçant une date de rupture du cessez-le-feu bilatéral et définitif, ni en organisant des conciliabules avec les élites politiques en tournant le dos au peuple et aux victimes, que vous défendrez ces accords de paix qui vous ont offert la gloire internationale.

Monsieur le Président, n'oubliez pas que cette distinction majeure que Vous portez maintenant au nom de "la Paix" sera aux colombiens et en honneur aux victimes, uniquement quand les accords seront mis en oeuvre.

Ne répondez pas comme si plus d'un demi siècle de guerre, des millions de victimes, des milliers de morts et de disparus, six ans de négociations avec les FARC, l'espérance brisée de millions de colombiens, particulièrement des jeunes générations, ne comptaient pas. La manière dont vous avez agi pendant la semaine dernière, semaine vertigineuse, amène à penser que cette machination que vous avez manigancé pendant tout ce temps pourrait être une blague macabre. Un coup monté de plus de l'oligarchie contre les aspirations du peuple colombien. Peuple qui vous a élu pour un second mandat avec l'objectif de soutenir et d'accompagner ce rêve de paix qui est en train de naufrager aujourd'hui.

La clameur silencieuse et soucieuse de la jeunesse l'a dit clairement dans les rues de nos villes et à l'extérieur du pays : Continuez de l'avant, vous ne pouvez pas tituber, nous sommes pour la Paix ! Les Victimes de Bojayá sont catégoriques, dans leur juste indignation : "Vous nous avez fait croire que La Paix est possible, et maintenant nous adjurons le Président Santos, les FARC et toute la société colombienne à ce que le OUI à 96% du village de Bojayá soit respecté et que l'Accord de Paix se mette en oeuvre, comme il a été négocié à La Havane".

Quant à nous, les convaincus de la paix et tous ceux qui se réveillent aujourd'hui ou reprennent pied, face à la mobilisation militaire et aux vents de guerre qui sont en train de souffler, nous n'avons pas d'autre alternative que la mobilisation, civile et pacifique, générale et permanente, silencieuse ou assourdissante... Toujours nombreuse et déterminée pour ne pas jeter par dessus bord le peu qui a été atteint.

Le pire chemin est celui de l'apathie et de la résignation. N'oublions pas qu'au delà de la fraude évidente, l'indifférence et l'indolence de bien des gens ont permis la victoire du NON des violents. Des marches, des assemblées, des places occupées, des forums publics, du bruit, beaucoup de bruit dans les réseaux sociaux : C'est maintenant ou jamais !

Nous ne pouvons pas attendre les propositions savantes des politologues et des politiques. Nous avons tous la parole et le devoir d'agir. Il n'y a pas beaucoup d'options. Ou nous nous situons du côté de la Paix, aujourd'hui et où que nous nous trouvions, en imaginant des mécanismes de pression. Ou demain nous devrons prendre partie dans un conflit qui s'étendra et qui, même si nous ne voulons être que des spectateurs, terminera par nous entrainer d'un côté ou de l'autre.

Alerte aux jeunes colombiens : le futur se joue aujourd'hui, ne laissez pas passer l'opportunité d'un lendemain meilleur, plus digne, où nous puissions construire et avancer, au lieu de détruire et écraser.

Trad°: CM


¡Defendamos la Paz. El Futuro es Hoy! 
Movilización general y permanente 

Cuando el perverso y fraudulento « NO » se impuso por unos cuantos votos creímos que había que buscarle el lado positivo a ese resultado y mantener la esperanza bajo la certeza de que hoy, los defensores de la paz, somos mas numerosos que hace unos años y que solo haría falta un pequeño empuje para acompañar al presidente Santos en su empeño por sacar adelante este proceso. 

Suponíamos que Santos haciendo uso de sus prácticas de tahúr empedernido, después de haber jugado la paz y la tranquilidad de los colombianos en una apuesta innecesaria, tendría una carta maestra escondida bajo la manga. Pero aun no la ha sacado. Santos quería ocupar una página en la Historia. Quería un Nobel de la Paz. Eso lo sabíamos desde siempre. Lo ha logrado. Pero que no olvide el señor Presidente que el Comité noruego le entregó ese galardón como « un homenaje al pueblo colombiano que, a pesar de todos los abusos sufridos, no ha perdido la esperanza de lograr una paz justa, y a todas las partes que han contribuido a este proceso de paz, así como a las incontables víctimas de la guerra ». 

Hoy la paz que anhelamos está en sus manos, solo en sus manos, Usted tiene las herramientas y el respaldo nacional e internacional, por eso tenemos que decirle : Señor presidente no permita que la cobardía y el cinismo se apoderen de sus decisiones tras la derrota del Si en las urnas. No es postergando la paz "sine die", ni anunciando fecha para romper el cese al fuego bilateral y definitivo, ni organizando conciliábulos con las élites políticas de espaldas al pueblo y a las víctimas, la manera como Usted va a defender esos acuerdos de paz que le merecieron la gloria internacional. 

Señor presidente, no olvide que esa distinción mayor que Usted lleva ahora en nombre de « la Paz » será de los colombianos y en honor a las víctimas solamente cuando los acuerdos sean implementados. 

No responda como si mas de medio siglo de guerra, millones de víctimas, miles de muertos y desaparecidos, seis años de negociaciones con las FARC, la esperanza rota de millones de colombianos -en particular de las jóvenes generaciones- como si nada de eso contara. La manera como Usted ha actuado en esta semana de vértigo lleva a pensar que esta tramoya que nos armó durante todo este tiempo podría ser una burla macabra. Una encerrona más de la oligarquía a las aspiraciones del pueblo colombiano. Un pueblo que lo eligió para un segundo mandato con el objetivo de apoyarlo y acompañarlo en ese sueño de paz que hoy está naufragando. 

El clamor silencioso y preocupado de la juventud lo ha dicho claramente en las calles de nuestras ciudades y desde el exterior : siga adelante no puede titubear, estamos por la Paz ! 

Las víctimas de Bojayá en su justa indignación son categóricas : “Nos hicieron creer que La Paz es posible y ahora urgimos al Presidente Santos, a las FARC y a toda la sociedad colombiana a que se respete el SI, del 96 por ciento de la población de Bojayá, y a que se implemente el Acuerdo de Paz, tal como se negoció en La Habana”. 

En cuanto a nosotros, los convencidos de la paz y todos aquellos que ahora se despiertan o recapacitan, frente a la movilización militar y los vientos de guerra que soplan, no tenemos otra alternativa distinta a la movilización, civil y pacífica, general y permanente, silenciosa o bulliciosa; pero eso sí, numerosa y determinada a no echar por la borda lo poco que se ha logrado. 

El peor camino es la apatía y la resignación. No olvidemos que, además del fraude evidente, la indiferencia y la desidia de muchos permitió la victoria del NO de los violentos. Marchas, asambleas, ocupación de plazas, cabildos abiertos, ruido mucho ruido en las redes sociales. Es ahora o nunca! 

No podemos esperar las sabias propuestas de politólogos y políticos. Todos tenemos la palabra y el deber de acción. No hay muchas opciones. O nos situamos al lado de la Paz, hoy y desde cualquier lugar donde estemos, clamando e imaginando mecanismos de presión. O mañana tendremos que tomar parte en un conflicto que se extenderá y, aunque queramos ser solo espectadores, terminará por arrastrarnos de uno u otro lado. 

Alerta jóvenes colombianos: el futuro se juega hoy, no dejéis pasar la oportunidad de un mañana mejor, más digno, donde podamos construir y avanzar, en lugar de destruir y aplastar.

Rodrigo Restrepo
París, 10 de octubre de 2016

 

vendredi 7 octobre 2016

Communiqué conjoint #2. Délégations du Gouvernement National et des FARC-EP


Sources :
Pazfarc-ep.org
equipo paz gobierno
La Havane, Cuba. 7 octobre 2016

Nous, délégations du Gouvernement National et des FARC-EP, après nous être réunis à La Havane avec les pays garants et avec le Chef de la Mission Spéciale des Nations Unies en Colombie, Jean Arnault, voulons informer l'opinion publique que :

1. Après quasi 4 ans de conversations intenses, nous avons conclu le 24 août dernier l'Accord Final pour la Cessation du Conflit Armé et la Construction d'une Paix Stable et Durable, dans lequel nous nous sommes engagés. Nous considérons qu'il contient les réformes et les mesures nécessaires pour asseoir les bases de la paix et garantir la fin du conflit armé.

Nous reconnaissons, toutefois, que ceux qui ont participé au Plébiscite du 2 octobre dernier se sont prononcés majoritairement en faveur du Non bien que ce soit avec une marge étroite. Dans le cadre des facultés présidentielles octroyées par la Constitution Politique, il convient que nous continuions à écouter les différents secteurs de la société, dans un processus rapide et efficace, pour comprendre leurs préoccupations et définir rapidement une solution par les voies évoquées dans la sentence de la Cour Constitutionnelle C-376 de 2016. Les propositions d'ajustements et les précisions qui résulteront de ce processus, seront discutées entre le Gouvernement National et les FARC-EP pour donner des garanties à tous.

2. Nous réaffirmons l'engagement assumé par le Président de la République et le Commandant des FARC-EP de maintenir l'arrêt des Hostilités et le Cessez-le-Feu Bilatéral et Définitif décrété le 29 août dernier, ainsi que le contrôle et la vérification à travers le mécanisme tripartite. De même que les garanties de sécurité et de protection des communautés dans leurs territoires, conformément à ce qui est défini par les parties dans le protocole.

Pour consolider ce Cessez-le-feu, nous avons accordé un protocole tendant à prévenir tout incident dans les zones de pré-regroupement dans les quadrants définis, et assurer un climat de sécurité et de tranquillité assurant la pleine application de toutes les règles qui régissent l'arrêt des Hostitilités et le Cessez-le-feu Bilatéral et Définitif.

Le mécanisme Tripartite de Contrôle et de Vérification avec la participation du Gouvernement et des FARC-EP et la coordination de la mission des Nations Unies aura la charge de contrôler et vérifier le respect du protocole, particulièrement le respect des règles qui s'appliquent au Cessez-le-feu.

3. Dans ce but, nous demandons au Secrétaire Général des Nations Unies, et par son intermédiaire, au Conseil de Sécurité, qu'il autorise la Mission des Nations Unies en Colombie à exercer les fonctions de contrôle, vérification, résolution des différends, recommandations, rapports et coordination du Mécanisme de Contrôle et de Vérification prévues dans la Résolution 2223 (2016) du protocole mentionné ci-dessus.

De même, nous invitons les pays qui contribuent à la Mission avec des observateurs désarmés à ce qu'ils continuent à déployer leurs hommes et femmes, qui pourront compter sur toutes les garanties de sécurité nécessaires.

4. Parallèlement, nous continuerons à avancer dans la mise en oeuvre de mesures de construction de confiance à caractère humanitaire comme la recherche des personnes déclarées disparues, les plans pilotes de déminage humanitaire, la substitution volontaire des cultures d'usage illicite, les engagements concernant le départ des mineurs présents dans les campements et la situation des personnes privées de liberté.

5. Les délégations remercient le Comité International de la Croix Rouge pour son soutien permanent, le Chili et le Venezuela pour leur accompagnement et surtout, Cuba et la Norvège, pour leur travail intense et dévoué de soutien à la construction des accords de paix en Colombie, leur contribution constante à la recherche de solutions dans des moments difficiles et leur disposition à continuer leur soutien au processus de paix.

Trad°: CM