Il s'agit de créer un Ministère chef de file des politiques publiques pour les droits des femmes. Car le Conseil présidentiel pour l'équité des femmes, en tant qu'organe chargé au niveau national d'animer et de concevoir les questions relatives aux droits et à l'égalité des femmes, a été insuffisant dans la mesure où il n'a eu ni autonomie, ni capacité territoriale, ni budget suffisant pour pouvoir apporter des solutions aux différentes situations qui affectent les femmes.
Ce Ministère doit tenir compte des éléments suivants :
1. Le Ministère doit disposer d'un cadre institutionnel doté d'un pouvoir politique, administratif et financier pour éradiquer les multiples discriminations et violences basées sur le genre subies par les femmes et les filles. Un vice-ministère, soutien politique, technique et financier, est envisagé pour servir de mécanisme national de promotion des femmes, où s'orienterait la mise en œuvre technique des politiques, les mesures et actions visant à garantir les droits des femmes, des personnes LGBTIQ+, à combler les écarts et l'égalité entre hommes et femmes.
2. Avoir une indépendance budgétaire et institutionnelle. Le Ministère doit disposer d'un budget suffisant et de ressources humaines, financières, techniques et administratives qui lui permettent d'aller au-delà des actions d'assistance technique, pour passer à des actions de coordination Nation/Territoires, engendrer des engagements interinstitutionnels et promouvoir des réformes et des politiques publiques dans tous les secteurs qui concernent les droits humains des femmes.
3. Rendre Transversale l'approche des droits des femmes et du genre avec une perspective intersectionnelle, différentielle, territoriale et ethnique dans toutes les entités du gouvernement national. La responsabilité des droits des femmes n'est pas exclusive au ministère de l'Égalité, mais il doit promouvoir et coordonner la transversalité de l'approche genrée dans toute la structure de l'Etat, en contribuant au renforcement et à la consolidation de l'institution genrée dans tous les secteurs.
4. Territorialisation. La promotion, la protection et la garantie des droits des femmes doivent être assurées sur l'ensemble du territoire national. En ce sens, le Ministère doit coordonner et mettre en œuvre des actions dans les 32 départements du pays, en tenant compte de la diversité ethnique et des différences entre les secteurs rural et urbain. De même, les besoins, les caractéristiques et les particularités économiques, culturelles et sociales de chaque territoire et des communautés doivent être prises en compte et reconnues, garantissant la durabilité socio-environnementale.
5. Approche intersectionnelle. Les actions du ministère doivent reconnaître que les inégalités auxquelles sont confrontées les femmes sont configurées à partir de multiples systèmes d'oppression qui opèrent simultanément (sexisme, racisme, capacitisme, adultocentrisme, classisme, entre autres) configurant les expériences de chacune dans un contexte historique, social et culturel déterminé qui doit être pris en compte tant dans les conceptions institutionnelles que dans les actions qui sont développées.
6. Les droits des femmes sont des droits humains. Le Ministère devra avoir une approche des droits humains des femmes qui lui permette de dépasser les actions assistancielles et familialistes pour développer des actions qui cherchent à combler les écarts et à reconnaître les différences et les diversités qui traversent la vie des femmes dans le pays.
7. Mécanisme national de promotion de la femme. Le ministère de l'Égalité devra assumer comme élément fondamental de son travail le respect et la promotion des engagements internationaux du pays en matière de droits humains des femmes. Il devra également promouvoir le respect des ordonnances des tribunaux pour garantir les droits des femmes victimes et surmonter l'état d'inconstitutionnalité qui affecte la jouissance effective de leurs droits.
8. Composition de l'équipe de travail de l'entité. Tous les mécanismes institutionnels possibles doivent être générés pour s'assurer que celles et ceux qui font partie du nouveau gouvernement et en particulier de ce ministère ne soient pas des personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison d'actes de Violences basées sur le Genre (VBG) et de discrimination. Le ministère devra avoir et promouvoir pour tous les secteurs, des politiques claires de tolérance zéro à la VBG et à la discrimination.
9. Le ministère devra promouvoir et renforcer les processus d'organisation des femmes et, en coordination avec le Ministère de l'intérieur, promouvoir la création de mécanismes formels de dialogue entre les femmes, leurs organisations sociales et l'État. Dans les processus d'accompagnement territorial, il conviendra de promouvoir le développement de ces mécanismes (Conseils Consultatifs, Comités de Femmes, Conseils de Femmes, etc.).
10. Renforcer l'Observatoire du Genre. Le ministère doit promouvoir des processus de recherche qui étudient les progrès dans le domaine des droits des femmes pour renforcer, en coordination avec les autres secteurs, la qualité et la pertinence des informations sur le genre et les droits humains des femmes pour la prise de décision et l'orientation des politiques publiques.
Creación de un Ministerio como líder de las políticas públicas para los derechos de lasmujeres. La Consejería Presidencial para la Equidad de la Mujer como dependenciaencargada a nivel nacional de liderar y diseñar los temas correspondientes a losderechos de las mujeres e igualdad ha sido insuficiente en la medida que notiene ni autonomía, capacidad territorial, ni presupuesto suficiente para poder darsoluciones a las diferentes situaciones que afectan a las mujeres.
Este Ministerio debe tener en cuenta los siguientes elementos:
1. El Ministerio deberá contar con una institucionalidad con poder político,administrativo y financiero para erradicar las múltiples discriminaciones yviolencias basadas en género que viven las mujeres y las niñas. Se sugiereun Viceministerio con respaldo político, técnico y financiero para hacerlas veces de Mecanismo de adelanto nacional para las Mujeres, desdedonde se oriente la implementación técnica de las políticas, las medidasy acciones tendientes a garantizar los derechos de las mujeres, de laspersonas LGBTIQ+, el cierre de brechas y la igualdad de entre hombres ymujeres.
2. Tener independencia presupuestal e institucional. El Ministerio debecontar con una partida presupuestal suficiente y con recursos de personal,financieros, técnicos y administrativos que le permitan ir más allá delas acciones de asistencia técnica, para pasar a impulsar acciones decoordinación nación- territorio, generar compromisos interinstitucionales eimpulsar reformas y políticas públicas con todos los sectores en materia dederechos humanos de las mujeres.
3.Transversalizar el enfoque de derechos de las mujeres y de género conmirada interseccional, diferencial, territorial y étnica en todas las entidadesdel gobierno nacional, La responsabilidad de los derechos de las mujeresno es exclusiva del Ministerio de la Igualdad, sino que debe impulsar ycoordinar la transversalización del enfoque de género en toda la estructuradel Estado, ayudando a fortalecer y consolidar la institucionalidad degénero en todos los sectores.
4. Territorialización. La promoción, protección y garantía de derechos delas mujeres se debe dar en todo el territorio nacional. En este sentido elMinisterio debe coordinar e implementar acciones en los 32 departamentosdel país teniendo en cuenta la diversidad étnica, y diferencias entre elsector rural y el sector urbano. Asimismo, se deben tener en cuenta yreconocer las necesidades, características y particularidades económicas,culturales y sociales de cada territorio y las comunidades, garantizando lasostenibilidad socioambiental.
5. Enfoque Interseccional. Las acciones del Ministerio deben reconocerque las desigualdades que enfrentan las mujeres se configuran a partirde múltiples sistemas de opresión que operan simultáneamente(sexismo,racismo, capacitismo, adultocentrismo, clasismo, entre otros) configurandolas experiencias de cada una en un contexto histórico, social y culturaldeterminado que debe ser considerado tanto en los diseños institucionalescomo en las acciones que se desarrollen.
6. Los derechos de las mujeres son derechos humanos. El Ministerio deberátener un enfoque de derechos humanos de las mujeres que le permitasuperar acciones asistencialistas y familistas para desarrollar accionesque busquen el cierre de brechas y el reconocimiento de las diferencias ydiversidades que atraviesan la vida de las mujeres en el país.
7. Mecanismo Nacional de adelanto para las mujeres. El Ministerio de laIgualdad deberá asumir como parte fundamental de su quehacer elcumplimiento e impulso de los compromisos internacionales que tieneel país en materia de DDHH de las mujeres. También deberá impulsar elcumplimiento de las órdenes de las Cortes para la garantía de derechos delas mujeres víctimas y para superar el Estado de Cosas Inconstitucionaleque afectan el goce efectivo de sus derechos.
8. Composición del equipo de trabajo de la entidad. Se deberán generartodos los mecanismos institucionales posibles para asegurar que quieneshagan parte del nuevo gobierno y en particular de este Ministerio no seanpersonas con investigaciones en razón de hechos de VBG y discriminación.El Ministerio deberá contar, e impulsar para todos los sectores, políticasclaras de Tolerancia Cero a las VBG y a la Discriminación.
9. El Ministerio deberá promover y fortalecer los procesos organizativos delas mujeres y en coordinación con el Sector Interior, impulsar la creacióndel Mecanismos de Diálogo Formal entre las mujeres, su organizacionessociales y el Estado. En los procesos de asistencia territorial se deberáimpulsar el desarrollo de estos Mecanismos (Consejos Consultivos, Comitésde Mujeres, Consejos de Mujeres, Etc.. )
10. Fortalecer el Observatorio de Asuntos de Género. El Ministerio deberáimpulsar procesos de investigación que indaguen sobre el avance enmateria de derechos de las mujeres para fortalecer en articulación conlos demás sectores la calidad y pertinencia de información en materia degénero y DDHH de las mujeres para la toma de decisiones y orientación dela política pública.
Recommandations du groupe "Droits de Femmes" que le nouveau gouvernement de Gustavo Petro et Francia Márquez peut mettre en œuvre dans le cadre de ses 100 premiers jours de gouvernement.
Parité.
Mettre en œuvre des actions concrètes pour concrétiser la parité, en reconnaissant les femmes dans leur diversité, dans les lieux de prise de décision qui garantissent efficacement l'équité et l'égalité des chances par l'offre d'emplois au niveau de la direction du Pouvoir Exécutif de l'Ordre National et la promotion du Projet de loi de réforme de la Participation Citoyenne, en favorisant la parité, l'alternance, l'universalité et la prévention de la violence politique contre les femmes, dans une perspective différentielle et intersectionnelle.
Droits sexuels et reproductifs.
Élaborer les lignes directrices du ministère de la Santé et/ou le décret de la réforme sanitaire qui permettent de se conformer aux dispositions de l'arrêt C-055 de 2022, conformément à l'exhortation adressée au gouvernement national et au Congrès de la République par la Cour constitutionnelle.
Accord de paix.
S'engager à mettre en œuvre l'Accord de paix et ses approches en élargissant le périmètre, au-delà des 51 indicateurs de genre et en reprenant les plus de 100 mesures de l'accord de paix en matière de droits des femmes et des personnes LGBTI ; et avec la formulation participative du Premier Plan National de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Transversalité.
Institutionnaliser la transversalité de l'approche genrée dans une perspective intersectionnelle et territoriale pour garantir les droits des femmes en promouvant la création de directions, unités ou bureaux du Genre dans tous les secteurs au niveau national, comme action politique au contenu affirmatif qui souligne la volonté d'équité, d'égalité d'opportunités et le renforcement du plan d'investissement pluriannuel avec des budgets sensibles au genre.
Revenu de base.
Développer en priorité le revenu de base permanent pour les femmes cheffes de famille afin de respecter la Déclaration Universelle des Droits Humains, la Constitution politique et le Bloc de Constitutionnalité colombien, et le programme de gouvernement "La Colombie est femme" qui garantit l'autonomie économique des Femmes.
Les violences de genre.
Approuver le Plan national global de prévention des Violences de Genre et éradiquer le féminicide, installer la première table nationale de sécurité pour les femmes et la prévention du féminicide afin d'assurer le suivi et une attention prioritaire aux cas cas et d'élaborer la proposition initiale du Système National d'Alertes Précoces de Féminicide.
Politique publique de la Femme rurale.
Promouvoir l'approbation de la Politique Publique de la Femme rurale qui garantit son autonomie économique, l'accès à la terre et leur reconnaissance en tant que : défenseures du territoire et de la durabilité alimentaire, de la biosphère, de la durabilité, tisserandes de vie et de paix, dans le respect de la loi 731 de 2002 et des lois connexes.
Protection des femmes dirigeantes et des défenseures des droits humains.
Ratifier le Programme Intégral de Garanties pour les Femmes Leaders et Défenseures des Droits Humains - PIG et l'engagement pour le développement du nouveau plan d'action pour la période de quatre ans.
Ministère de l'égalité.
Le gouvernement doit garantir que le Projet de loi qui créé ce ministère comprend une figure administrative techniquement et financièrement robuste, avec la capacité de répondre aux demandes des 52% de la population qui sont des femmes, et éviter que ne se perdent l'approche des droits des femmes, de genre, différentielle et intersectionnelle au profit d'une éventuelle approche populationnelle, familialiste et assistancielle.
Système national du Soin
Passer en revue les avancées dans l'élaboration de la Politique et des Directives du Système National de Soins à travers l'harmonisation des cadres réglementaires et les initiatives nationales, ainsi que dans les échanges d'expériences et de bonnes pratiques avec les organisations sociales et les expertes dans le cadre de la Commission Intersectorielle de la Politique Nationale de soins.
Decálogo de los derechos de las mujeres para los primeros 100 días
Paridad.
Implementar acciones concretas para materializar la paridad, reconociendo las mujeres en sus diversidades, en los escenarios de decisión que garantice efectivamente la equidad e igualdad de oportunidades en la provisión de los empleos del nivel directivo de la Rama Ejecutiva del orden Nacional e impulsar el Proyecto de Ley de la Reforma de participación ciudadana, promoviendo la paridad, la alternancia, la universalidad y la prevención de la violencia política contra las mujeres, desde una mirada diferencial e interseccional.
Derechos sexuales y reproductivos.
Desarrollar los lineamientos en el Ministerio de Salud y/o Decreto de reforma Sanitaria que permitan dar cumplimiento a lo establecido en la Sentencia C-055 de 2022, en consonancia con el exhorto dirigido al Gobierno Nacional y al Congreso de la República por la Corte Constitucional.
Acuerdo de paz.
Realizar el compromiso de la implementación del Acuerdo de Paz y sus enfoques ampliando el alcance, más allá de los 51 indicadores de género y retomando las más de 100 medidas del acuerdo de paz en materia de derechos de las mujeres y personas LGBTI; y con la formulación participativa del Primer Plan Nacional de la Resolución 1325 del Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas.
Transversalización.
Institucionalizar la transversalización del enfoque de género con una mirada interseccional y territorial para la garantía de los derechos de las mujeres con el impulso de la creación de direcciones, unidades u oficinas de género en todos los Sectores del nivel nacional como acción política de contenido afirmativo que denote la voluntad por la equidad, la igualdad de oportunidades y fortalecimiento del plan plurianual de inversiones con presupuestos sensibles al género.
Renta Básica.
Implementar con prioridad la renta básica permanente para las mujeres cabeza de familia con la finalidad de dar cumplimiento a la Declaración Universal de los Derechos Humanos, la Constitución Política y el bloque de Constitucionalidad colombiano y al programa de gobierno Colombia es mujer garantizando la autonomía económica de las Mujeres.
Violencias basadas en género.
Aprobar el Plan Nacional Integral para Prevenir las Violencias Basadas en Género y erradicar el Feminicidio e instalar la primera mesa nacional de seguridad para las mujeres y prevención del feminicidio para hacer seguimiento y atención prioritaria a casos y elaborar la propuesta inicial del Sistema Nacional de Alertas Tempranas de Feminicidio.
Política Pública de Mujer rural.
Impulsar la aprobación de la Política Pública de Mujer rural que garantice su autonomía económica, el acceso a la tierra y reconocimiento como: defensoras del territorio y la sostenibilidad alimentaria, de la biosfera, la sostenibilidad y tejedoras de la vida y la paz, en el cumplimiento de la Ley 731 de 2002 y leyes conexas.
Protección de Lideresas y Defensoras de DDHH.
Ratificar el Programa Integral de Garantías para las Mujeres Lideresas y Defensoras de los Derechos Humanos - PIG y su compromiso con el desarrollo del nuevo plan de acción para el cuatrienio.
Ministerio de Igualdad.
El gobierno debe garantizar que el Proyecto de Ley que cree este Ministerio, contenga figura administrativa robusta técnica y financieramente con la capacidad para atender las demandas del 52% de la población que somos las mujeres, y prevenir que se pierdan los enfoques de derechos de las mujeres, género, diferencial e interseccional frente a un eventual enfoque poblacional, familista y asistencialista.
Sistema Nacional de Cuidado
Revisar los avances en la formulación de la Política y Lineamientos para el Sistema Nacional de Cuidados a través de la armonización de Marcos normativos e iniciativas nacionales, así como de intercambios de experiencias y buenas prácticas con organizaciones sociales y expertas en el marco de la Comisión Intersectorial de la Política Nacional de Cuidados.
Colombie. Où en sont les femmes à l'heure du passage de relais de l'ancien gouvernement ? Et où seront les femmes dans le nouveau gouvernement ? Telles sont les questions qui ont guidé la réflexion du groupe de liaison du secteur "Femmes". Tout au long du processus, des expertes sur les questions liées aux droits des femmes, au genre et à l'approche différentielle, ont assumé la responsabilité d'enquêter et de faire un diagnostic sur la situation actuelle des ressources administratives, juridiques, financières et humaines que le gouvernement sortant d'Iván Duque avait mises en oeuvre en faveur des femmes, et ont identifié ce que le nouveau gouvernement de Gustavo Petro et Francia Márquez devrait prioriser.
L'objectif de ce rapport est de présenter les principaux constats recueillis par cette équipe et les recommandations qui en découlent. Il est à la disposition du mouvement social des femmes, mouvement national, régional et territorial afin de rejoindre leurs revendications construites dans leurs diversités depuis des années en les intégrant à la construction du nouveau Plan National de Développement. Il s'agit d'établir des voies d'action et d'exécution, et que le nouveau gouvernement matérialise l'engagement de Changer avec les femmes, en tant que sujets de politique et de pouvoir.
De même, ce rapport espère contribuer à l'analyse de ce qui a fonctionné, afin de déterminer quels sont les processus qui doivent se poursuivre, lesquels doivent être renforcés et quelles décisions ou actions peuvent aller à l'encontre des droits des femmes, de la participation et de la reconnaissance des mouvements et agendas des femmes et des féministes.
¿Dónde están las mujeres en el empalme? Y ¿dónde estarán las mujeres en el
nuevo Gobierno? Estas son las preguntas que guiaron la conformación del sector
poblacional de mujeres. A lo largo de este proceso, expertas en temas relacionados
con los derechos de las mujeres, enfoque de género y diferencial, asumieron
la responsabilidad de indagar y sistematizar la situación actual de los recursos
administrativos, jurídico, financieros y humanos que ejecutó el gobierno saliente
de Iván Duque a favor de las mujeres, e identificar qué deberá priorizar el gobierno
entrante de Gustavo Petro y Francia Márquez.
Este informe tiene como objetivo de presentar los principales hallazgos recolectados
por este equipo y recomendaciones surgidas en el marco de este proceso y lo
ponemos a disposición del movimiento social de mujeres nacional, regional y
territorial, para sumarnos a exigir la priorización e inclusión de las agendas que
han construido las mujeres en sus diversidades durante años y esperan que esta
sea la oportunidad de incorporarlas en la construcción del nuevo Plan Nacional
de Desarrollo, con el objetivo de establecer rutas de acción y ejecución, y que el
gobierno entrante materialice el compromiso del Cambio con las Mujeres, en tanto
sujetas políticas y de poder.
Así mismo, este informe espera contribuir al análisis de qué ha funcionado, qué
procesos deben continuar, cuales deben fortalecer y cuáles decisiones o acciones
pueden ir en contravía de los derechos de las mujeres, la participación y el
reconocimiento de los movimientos y agendas de mujeres y feministas.
Conclusions politiques du rapport de liaison
Nous, citoyennes engagées dans la transformation de la vie politique et le programme gouvernemental "Colombia Potencia Mundial de la Vida" (La Colombie puissance mondiale de la Vie), nous avons remis au président Gustavo Francisco Petro Urrego et à la vice-présidente Francia Elena Márquez Mina le rapport de liaison sur les progrès, les défis et les reculs du gouvernement sortant en matière de promotion des droits des femmes en Colombie. Il y a eu clairement une avancée dans la construction d'un agenda institutionnel qui protège les droits des femmes, mais c'est insuffisant au regard de la persistance des écarts structurels et culturels auxquels elles sont confrontées.
En Colombie, selon le ministère de la Santé (Bulletins de la population : Genre - Femmes, Hommes et secteurs sociaux LGTBI au mois de décembre 2019), les femmes représentent 52 % de la population. Ces données montrent que nous les femmes, nous ne sommes pas une minorité, et qu'au contraire nous sommes présentes dans toutes les couches de la population sans exception. Il est faux de considérer les femmes comme une « minorité sociale » car cette vision reproduit leur exclusion dans divers espaces. De même, les approches des politiques familialistes et assistancielles nous empêchent de comprendre et de surmonter les inégalités structurelles qui reproduisent la violation systématique des droits fondamentaux qui garantissent une vie digne et le plein exercice de la citoyenneté.
Nous appelons le gouvernement national nouvellement élu à mener, dès le début de son mandat, des actions pour avancer dans la construction d'un projet politique de pays qui reconnaisse, garantisse et rétablisse les droits des femmes dans leurs diversités, et dont les principes soient :
la reconnaissance des femmes comme majorité sociale,
la représentation dans les espaces de concertation,
la participation paritaire à tous les niveaux de décision dans une perspective de redistribution économique et de transformation des conditions d'exercice du pouvoir.
ConclusionesPolíticas del informe de empalme
Nosotras ciudadanas comprometidas con la transformación del quehacer político y el programa de gobierno “Colombia Potencia Mundial de la Vida” hicimos entrega al presidente Gustavo Francisco Petro Urrego y a la vicepresidenta Francia Elena Márquez Mina el informe de empalme sobre los avances, retos y retrocesos del gobierno saliente en materia de derechos de las mujeres en Colombia. Es claro el avance en la construcción de una agenda institucional para proteger sus derechos, no obstante insuficiente respecto a la persistencia de brechas estructurales y culturales que enfrentamos las mujeres.
En Colombia, de acuerdo con el Ministerio de Salud (Boletines poblacionales: Género- Mujeres, hombres y personas de los sectores sociales LGTBI Corte a diciembre de 2019), las mujeres somos el 52% de la población. Este dato demuestra que las mujeres no somos una minoría, y que por el contrario integramos todos los sectores poblacionales sin excepción. Es erróneo considerar a las mujeres como “minoría social”, esta visión reproduce su exclusión en diversos espacios. Así mismo, los enfoques de políticas familistas y asistenciales impiden comprender y superar las desigualdades estructurales que reproducen la vulneración sistemática de los derechos fundamentales que garanticen una una vida digna y el ejercicio pleno de la ciudadanía.
Hacemos un llamado al gobierno nacional electo para desde el inicio de su mandato ejerza acciones para avanzar en la construcción de un proyecto político de país que reconozca, garantice y restituya los derechos de las mujeres en sus diversidades, que tenga como principios el reconocimiento de las mujeres como mayoría social, la representación en los espacios de concertación, la participación paritaria en todos los niveles de toma de decisión en una perspectiva de redistribución económica y de transformación de las condiciones para el ejercicio de poder.
C'est en ce sens que la démarche de réduction des inégalités sera irréversible. Le changement est avec les femmes et c'est l'occasion de redessiner la carte politique ! C'est pourquoi nous vous proposons de :
Concrétiser votre désir de changement avec les femmes et les filles sujettes de droits, en avançant sur les propositions pour les 100 jours de gouvernement, construites pour faire face aux revendications historiques du mouvement des femmes et du mouvement féministe.
Créer des espaces de co-construction et de concertation avec les femmes dans le processus de construction du Plan National de Développement pour garantir l'inclusion, la planification et la conception de programmes, stratégies, projets et feuilles de route qui garantissent les droits des femmes comme axe politique transversal. En garantissant la participation dans leurs propres espaces, ainsi que la participation transversale à toutes les tables de discussion prévues ou à définir.
Orienter et renforcer la capacité institutionnelle dans tous les secteurs pour que soit mise en oeuvre la transversalité de l'approche genrée de manière intégrale et dans une perspective intersectionnelle et territoriale, en mettant l'accent sur la défense et la protection des droits des femmes.
Cesser de formuler des politiques publiques considérées comme « fortes » du point de vue masculin, car les politiques économiques, de défense et de sécurité, et du travail affectent les femmes de manière différenciée. Cette composante a toujours été essentielle, mais aujourd'hui, elle doit être une priorité pour répondre à un contexte post-pandémique, dans lequel l'impact sur les femmes est différencié en Colombie .
En tal sentido el enfoque de reducción de las desigualdades será irreversible. ¡El cambio es con las mujeres y esta es la oportunidad para redibujar el mapa político! Y para ello proponemos:
Concretar su voluntad de cambio con las mujeres y niñas sujetas de derechos, avanzando con las propuestas para los 100 días de gobierno, construidas por este equipo de cara a las demandas históricas del movimiento de mujeres y feminista.
Crear espacios de co-construcción y de concertación con las mujeres en el proceso de construcción del Plan Nacional de Desarrollo para la garantía de la inclusión, planeación y diseño de programas, estrategias, proyectos y rutas que garanticen los derechos de las mujeres como un eje político y transversal. Garantizando la participación en espacios propios, así como la participación transversal en todas las mesas que se formulen o definan.
Direccionar y fortalecer la capacidad institucional en todos los sectores para que se implemente la transversalización del enfoque de género de forma integral y con una mirada interseccional y territorial, con énfasis en la defensa y protección de los derechos de las mujeres.
Dejar de formular las políticas públicas consideradas como “fuertes” desde lamirada masculina, pues las políticas económicas, de defensa y seguridad, y detrabajo atraviesan de manera diferenciada a las mujeres. Este componente siempreha sido esencial, pero en la actualidad debe ser prioridad para responder ante uncontexto post pandémico, en cuál, el impacto sobre las mujeres en Colombia esdiferenciado.
La formulation des politiques publiques dans une approche genrée devra inclure l'approche territoriale, intersectionnelle, anti-raciale et intersectorielle qui permette la reconnaissance des droits des femmes dans leur diversité ethnique, leur identité de genre, leur orientation sexuelle, leurs capacités diverses et un regard sur les inégalités socio-économiques.
En ce qui concerne le ministère de l'Égalité, il sera essentiel de concerter la communauté universitaire, les citoyennes et citoyens, les entités de l'Etat et les secteurs économiques sur ce que signifie l'Egalité dans le contexte colombien et quels sont les principaux défis et actions pour y parvenir. A ce propos, les propositions des mouvements féminins et féministes nationaux, territoriaux et régionaux seront déterminantes.
Respecter les mandats et engagements pris par le président et la vice-présidente dans le programme gouvernemental, ainsi que dans les espaces de dialogue et de débat avec les femmes et les féministes.
Sans la participation des femmes, il n'y a pas de démocratie. Que garantir la réalisation effective des droits des femmes en termes de prévention et d'attention aux violences basées sur le genre, dans la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs, dans la réalisation effective de la participation politique des femmes, dans la garantie de la pleine jouissance d'une vie en paix et avec le droit au territoire et à la terre, à leur autonomie économique dans des conditions dignes, dans la reconnaissance et la redistribution des tâches de soins qui incombent historiquement aux femmes,dans le fait que les petites filles et les femmes âgées, les femmes jeunes et adultes, les femmes dans leur diversité jouissent d'une vie en toute liberté soit le mandat et l'engagement de transformer la société colombienne en une société plus juste dans laquelle le changement concerne plus de la moitié de la population
La formulación de las políticas públicas con enfoque de género deberá incluir el enfoque territorial, interseccional, anti-racial e intersectorial que permita el reconocimiento de los derechos de las mujeres en su diversidad étnica, de identidad de género, de orientación sexual, capacidades diversas y una mirada desde las desigualdades socioeconómicas.
De cara al Ministerio de la Igualdad será fundamental concertar con la comunidad académica, la ciudadanía, las entidades del Estado y sectores económicos qué significa la Igualdad para el contexto colombiano, cuáles son los principales retos y acciones para alcanzarla. Aquí las propuestas de los movimientos de mujeres y feministas nacionales, territoriales y regionales serán determinantes.
Darle cumplimiento a los mandatos y los compromisos adquiridos por el presidente y la vicepresidenta electa pactados en el programa de gobierno, así como en los espacios de diálogo y debate con las mujeres y feministas.
Sin la participación de las mujeres no hay democracia. Garantizar el cumplimiento efectivo de los derechos de las mujeres en materia de prevención y atención de las violencias basadas de género, en el reconocimiento de los derechos sexuales y reproductivos, en hacer efectiva la participación política de las mujeres, en garantizar el goce pleno de una vida en paz y con derecho al territorio y la tierra, a su autonomía económica en condiciones dignas y en el reconocimiento y la redistribución de las labores de cuidado que históricamente han recaído sobre las mujeres, en el que las niñas y las adultas mayores, las mujeres jóvenes y adultas, las mujeres en su diversidad gocen una vida en libertad; sea el mandato y compromiso para transformar a la sociedad colombiana en una más justa y en la que el cambio por la vida contemple a más de la mitad de la población
Aujourd'hui, nous nous sommes rendus à Cuba : Carlos Ruíz Massieu, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Colombie ; Jon Otto Brodholt, envoyé spécial du Royaume de Norvège ; Monseigneur Héctor Fabio Henao, délégué de la Conférence épiscopale colombienne pour les relations Église-État ; Iván Danilo Rueda Rodríguez, Haut Commissaire pour la Paix ; Iván Cepeda Castro, sénateur de la République et le soussigné, Álvaro Leyva Durán, ministre des Affaires étrangères et de la Paix de la République de Colombie. En compagnie du docteur Iván Cepeda et du haut-commissaire Danilo Rueda, j'ai été reçu par le ministre des Affaires étrangères de la République de Cuba, Bruno Rodríguez Parrilla. Après lui avoir transmis les salutations du président Gustavo Petro Urrego au président de la nation, Miguel Díaz-Canel, et à tout le peuple cubain, nous exprimons notre solidarité et celle de tout le peuple colombien pour la récente tragédie qui a affecté la population de Matanzas. La triste situation, soulignons-le, nous a tous touchés.
Nous avons ensuite souligné au ministre des Affaires étrangères que depuis plus de quarante ans, plus précisément depuis les années 1980, sans interruption, la République de Cuba a accueilli sur son territoire des délégués des gouvernements colombiens qui ont tenté de parvenir à la paix nationale avec des groupes armés, et qu'ils y ont été toujours bien reçus dans le même but.
Nous avons souligné que Cuba a été le berceau de l'accord de paix final de 2016 entre l'État colombien et les Forces armées révolutionnaires de #Colombia FARC-EP, qui a été considéré comme un exemple pour le monde entier.
Le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a été informé que la Colombie rejette la classification de "marraine du terrorisme" avec laquelle on a tenté de méconnaitre l'engagement de Cuba pour la paix en Colombie et dans le monde. C'est précisément pour tout le contraire que nous sommes ici. Nous aspirons à reprendre les pourparlers avec l'Armée de Libération Nationale (ELN), dans cette terre de paix, afin d'entamer la voie proposée par le président Petro Urrego, pour parvenir à une paix totale.
Merci à la République de Cuba pour son hospitalité. Nous sommes honorés d'être ici et vous remercions pour le nouvel accueil aux fins de réconciliation qui aujourd'hui et toujours nous accompagneront.
Le nouveau président de la République de Colombie s'appelle Gustavo Francisco Petro Urrego. Il a pris ses fonctions ce dimanche 7 août 2022 sur la Plaza de Bolívar à Bogotá au cours d'une cérémonie émouvante où le principal protagoniste était le peuple.
Sous un soleil radieux qui a illuminé la place emblématique de la capitale, Gustavo Petro et la vice-présidente Francia Márquez Mina ont juré non seulement de défendre la Constitution politique, mais aussi de tenir la promesse de changement faite aux citoyens. Alors que Petro a exigé de l'establishment militaire que l'épée de Bolívar soit présente pendant la cérémonie par mandat populaire, la nouvelle ministre de l'Égalité a invoqué ses ancêtres dans son serment "jusqu'à ce que la dignité devienne une habitude".
En rupture avec le protocole, l'écharpe présidentielle a été remise par la sénatrice de la République, María José Pizarro. C'est un acte symbolique puisque le père de la sénatrice était Carlos Pizarro Leóngómez, le dernier commandant de la guérilla M-19 où le nouveau chef de l'Etat a milité dans sa jeunesse.
Discours de Roy
Après avoir vu une exposition de photos qui dépeint crûment les images que le conflit armé a laissées et continue de laisser, le président du Sénat de la République, Roy Barreras, a pris la parole dans un discours où il a rappelé les idées libérales du XIXe siècle, l'histoire tragique des guerres dans le pays, le rôle de l'Accord de paix dans l'objectif supérieur de paix et la puissante mobilisation sociale qui a conduit à la victoire d'un représentant de la gauche démocratique du pays.
« Le triomphe de Gustavo Petro est la démonstration que la violence politique n'est pas la voie, que la paix et les transformations passent par des moyens démocratiques (…) C'est ce que nous sommes venus faire aujourd'hui. Arrêter la machine de la mort et faire de la Colombie une puissance mondiale de la vie », a déclaré le sénateur du Pacte historique. À la fin, sur ordre du président de la République, une pause a dû être décrétée jusqu'à ce que l'épée de Bolívar atteigne la place principale du pays.
L'épée de Bolívar et le discours de Petro
Après plusieurs minutes, l'épée emblématique de Bolívar est arrivée vers quatre heures vingt de l'après-midi. Et ainsi, dans ce qui peut être considéré comme son premier acte de gouvernement, le président Petro a commencé son premier discours en tant que chef de l'État, considéré comme le plus important de sa vie.
« Cette épée a tellement de sens pour nous toutes et tous. Nous voulons qu'elle ne soit plus jamais enterrée. Qu'elle ne soit rengainée que lorsqu'il n'y aura plus d'injustice dans le pays. Son véritable propriétaire est le peuple », a déclaré Petro, la voix brisée par l'émotion.
TRADUCTION DU DISCOURS DE GUSTAVO PETRO
Bogotá, Place de Bolívar, 7 août 2022
Arriver jusqu'ici implique sans aucun doute de traverser une vie. Cette vie immense qui ne se parcourt jamais seul. Il y a ici ma mère, Clara. Sans elle, rien n'existerait en moi en ce moment. Voici mon père, Gustavo, homme des Caraïbes. Voici ma soeur et mon frère, Adriana et Juan, qui m'ont supporté et me supportent.
Voici mes enfants, Nicolás Petro, Nicolás Alcocer, Andrea et Andrés, Sofa et Antonella, mes petites dont le coeur et l'âme s'épanouissent. Voici Verónica Alcocer, qui m'a accompagné, qui m'a donné une progéniture, la vie même. Dont l'amour a rendu tout possible. Elle ne sera pas là juste pour m'accompagner, mais pour accompagner les femmes de Colombie dans leurs efforts pour aller de l'avant, créer, se battre, être. Vaincre la violence à l'intérieur et à l'extérieur des familles, construire la politique de l'amour.
Et voici le peuple, dans le parcours de mon existence. Voici les mains humbles du travailleur, voici les paysans et ceux qui balayent les rues. Voici les cœurs au travail, les aspirations de celles et ceux qui souffrent, voici les travailleuses qui m'ont embrassé quand je tombais, quand je me sentais faible. L'amour pour les gens, pour celles et ceux qui souffrent d'exclusion, c'est ce qui m'a amené ici pour unir et construire une nation.
Le "Cent Ans de Solitude" de notre bien-aimé Gabriel García Márquez se termine ainsi : « Tout ce qui y était écrit était inimitable à tout jamais car les lignées condamnées à cent ans de solitude n'avaient pas de seconde chance sur terre ».
Souvent dans notre histoire, les colombiens et les colombiennes ont été renvoyés à la condamnation de l'impossible, au manque d'opportunités, à des NON retentissants. Je veux dire à tous les Colombiens et à toutes les Colombiennes qui m'écoutent sur cette Plaza Bolívar, aux alentours, dans toute la Colombie et à l'étranger que notre deuxième chance commence aujourd'hui.
Nous l'avons mérité. Vous l'avez mérité. Votre effort a valu et en vaudra la peine. Il est temps de changer. Notre avenir n'est pas écrit. Nous possédons le stylo et nous pouvons l'écrire ensemble, dans la paix et la solidarité.
Aujourd'hui commence la Colombie du possible. Nous sommes ici contre toute attente, contre une histoire qui disait que nous n'allions jamais gouverner, contre l'habitude, contre ceux qui ne voulaient pas lâcher le pouvoir. Mais nous l'avons fait. Nous avons rendu l'impossible possible. Avec le travail, en voyageant et en écoutant, avec des idées, avec amour, avec effort. À partir d'aujourd'hui, nous commençons à travailler pour rendre possibles des choses impossibles en Colombie. Si nous avons pu, nous le pourrons. Que la paix soit possible. Nous devons mettre fin, une fois pour toutes, à six décennies de violence et de conflit armé. On le peut. Nous respecterons l'Accord de paix, nous suivrons strictement les recommandations du rapport de la Commission vérité et nous travaillerons sans relâche pour apporter la paix et la tranquillité dans tous les coins de la Colombie. Ce gouvernement est celui de la vie, de la paix, et c'est ainsi qu'on s'en souviendra.
La paix est possible si nous libérons le dialogue social dans toutes les régions de Colombie, pour nous retrouver au milieu des différences, pour nous exprimer et être entendus, pour chercher par la raison, les chemins communs de la coexistence. C'est la société dans son ensemble qui doit discuter du comment ne pas s'entretuer et comment progresser. Dans les dialogues régionaux, nous appelons toutes les personnes non armées à chercher les chemins du territoire qui permettent la coexistence. Peu importe les conflits, il s'agit précisément de les mettre en évidence par des mots, d'essayer de trouver des solutions par la raison. C'est avec plus de démocratie, plus de participation que je propose de mettre fin à la violence.
Mais nous appelons aussi toutes celles et ceux qui sont armés à déposer les armes dans les nébuleuses du passé. A accepter des avantages juridiques en échange de la paix, en échange de la non-répétition définitive de la violence, pour travailler en tant que propriétaires d'une économie prospère mais légale, qui mette fin au retard des régions.
Pour que la paix soit possible en Colombie, il faut dialoguer, beaucoup dialoguer, se comprendre, chercher des voies communes, produire des changements.
Bien sûr que la paix est possible si, par exemple, la politique contre la drogue vue comme une guerre, est changée par une politique de prévention forte de la consommation dans les sociétés développées.
Il est temps qu'une nouvelle convention internationale accepte que la guerre contre les drogues a échoué, qu'elle a laissé un million de Latino-Américains assassinés au cours de ces 40 années et qu'elle laisse des Nord-Américains morts par overdose chaque année. Que la guerre contre les drogues a renforcé les mafias et affaibli les États. Que la guerre contre les drogues a conduit les États à commettre des crimes et a effacé l'horizon de la démocratie. Allons-nous attendre qu'un autre million de Latino-Américains soient assassinés et que les overdoses atteignent 200 000 aux États-Unis chaque année ? Changeons plutôt la politique de l'échec contre un succès qui permette à la Colombie et à l'Amérique latine de vivre en paix.
Que l'égalité soit possible. 10% de la population colombienne possède 70% de la richesse. C'est absurde et immoral. Ne naturalisons pas les inégalités et la pauvreté. Ne détournons pas les yeux, ne soyons pas complices. Avec de la volonté, des politiques de redistribution et un programme de justice, nous allons rendre la Colombie plus égalitaire et avec plus d'opportunités pour toutes et tous.
L'égalité est possible si nous sommes capables de créer de la richesse pour toutes et tous, et si nous sommes capables de la répartir plus équitablement. C'est pourquoi nous proposons une économie basée sur la production, le travail et la connaissance. Et c'est pourquoi nous proposons une réforme fiscale génératrice de justice. Prendre une partie de la richesse de ceux qui ont le plus et gagnent le plus, pour ouvrir les portes de l'éducation à tous les enfants et à tous les jeunes, ne doit pas être considéré comme une punition ou un sacrifice. C'est tout simplement le versement solidaire de quelqu'un qui a de la chance, à une société qui permet et garantit sa fortune. Si nous sommes capables d'apporter une partie de la richesse créée aux enfants sous-alimentés grâce à quelque chose d'aussi simple que de payer des impôts légaux, nous serons plus justes et plus en paix. Ce n'est pas seulement une question de charité, c'est une question de solidarité humaine. La solidarité est ce qui a permis aux peuples de survivre et de réaliser les plus grandes conquêtes de la culture et de la civilisation.
Nous n'avons pas avancé en tant qu'humanité en nous faisant concurrence, nous l'avons fait en nous entraidant. C'est pourquoi nous sommes vivants sur cette planète. Nous serons égaux quand celui qui a le plus paiera ses impôts avec plaisir, avec fierté, en sachant qu'il aide son prochain, jeune garçon, jeune fille, bébé, femme, à grandir en bonne santé, à penser, vivre avec la plénitude que donne la nutrition et l'éducation du cerveau et de l'âme.
La solidarité est dans l'impôt payé par ceux qui peuvent le payer et dans les dépenses de l'État qui vont à ceux qui en ont besoin pour leur enfance, pour leur jeunesse, pour leur vieillesse.
C'est pourquoi nous avons proposé une réforme fiscale, une réforme de la santé et des retraites, une réforme du contrat de travail, une réforme de l'éducation. C'est pourquoi nous avons donné la priorité dans le budget aux infrastructures d'éducation, de santé, d'eau potable, aux districts d'irrigation et aux routes de quartier. Les impôts ne seront pas confiscatoires, ils seront simplement justes, dans un pays qui doit reconnaître l'énorme inégalité sociale dans laquelle nous vivons comme une aberration, dans un État qui doit protéger la transparence des dépenses, et dans une société qui mérite de vivre en paix.
Être une société de la connaissance, c'est-à-dire une société dont tous les membres ont le maximum d'éducation et de culture, n'est pas une utopie. Des peuples plus pauvres que nous il y a des décennies, ne sont aujourd'hui des sociétés du savoir que parce qu'ils ont investi pendant des décennies et en priorité dans l'éducation publique.
Le temps est venu de rembourser la dette à notre éducation publique pour qu'elle atteigne toutes et tous. Et qu'elle soit de qualité.
Le temps est venu de prendre conscience que la faim progresse. Elle progresse dans le monde entier parce que l'idée d'une sécurité alimentaire basée exclusivement sur le commerce international s'est effondrée. Le commerce international en soi n'est ni positif ni négatif, mais s'il n'est pas géré intelligemment et planifié, il peut détruire des économies et des vies. Le monde apprend aujourd'hui l'importance de la souveraineté alimentaire. La souveraineté alimentaire est la garantie que doit avoir toute société de pouvoir consommer ses nutriments essentiels. La Colombie est un pays qui devrait et peut jouir de la souveraineté alimentaire pour atteindre l'objectif Faim zéro. Une mission d'État avec tout le secteur privé qui le voudra doit garantir une alimentation saine et complète à toute la société colombienne et réaliser des excédents d'exportation. Au pays où l'être humain a découvert le maïs, il faut à nouveau produire du maïs. L'État devra fournir l'irrigation, le crédit, les techniques, les semences améliorées, la protection. Les paysans et l'entreprise privée pourront fournir le travail et l'engagement quotidien pour que nos champs produisent à nouveau la nourriture dont notre peuple a besoin.
Nous construirons à nouveau des périmètres d'irrigation avec l'armée, et des maisons paysannes et des routes de quartier avec les soldats de la Patrie. L'armée, la société et la production peuvent s'unir dans une nouvelle éthique sociale indestructible. Les hélicoptères et les avions, les frégates, ne servent pas seulement à bombarder ou à tirer, ils peuvent servir aussi à créer la première infrastructure de santé préventive du peuple colombien. Ce n'est que si nous produisons, que nous serons riches et prospères en tant que société. La richesse est dans le travail et le travail est de plus en plus, celui de l'intelligence.
C'est pourquoi, à partir d'aujourd'hui, tous les actifs en voie d'extinction du domaine de la SAE deviendront la base d'une nouvelle économie productive gérée par des organisations paysannes, par des coopératives urbaines de jeunes productifs, et par des associations féminines populaires.
Que l'égalité des genres soit possible. On ne peut pas continuer à permettre que les femmes aient moins d'opportunités d'emploi et gagnent moins que les hommes, qu'elles passent trois ou quatre fois plus d'heures à prendre soin des autres, qu'elles soient moins représentées dans nos institutions. Il est temps de combattre toutes ces inégalités et d'équilibrer les balances.
Que l'avenir vert soit possible. Le changement climatique est une réalité. Et c'est urgent. Ce n'est ni la gauche ni la droite qui le disent, la science le dit. Nous devons et nous pouvons trouver un modèle économiquement, socialement et écologiquement durable.
Il n'y aura un avenir que si nous équilibrons nos vies et l'économie du monde entier avec la nature. La science a annoncé la possible extinction de l'espèce humaine dans un ou deux siècles seulement en raison des effets sur la santé que la crise climatique entraînerait. Le virus covid a montré à toute l'humanité l'alerte vivante et réelle de cette possibilité.
La science ne semble pas avoir tort. C'est pourquoi depuis la Colombie, nous demandons au monde de l'action et non de l'hypocrisie.
Nous sommes prêts à passer à une économie sans charbon et sans pétrole, mais cela ne représente pas grand-chose pour aider l'humanité. Ce n'est pas nous qui émettons des gaz à effet de serre. Ce sont les riches du monde qui le font et qui rapprochent les êtres humains de l'extinction. Mais nous avons la plus grande éponge pour absorber ces gaz après les océans : la forêt amazonienne.
L'un des piliers de l'équilibre climatique et de la vie sur la planète est la forêt amazonienne. Allons-nous laisser cette jungle être détruite pour atteindre le point de non-retour de l'extinction de l'humanité ? Ou allons-nous la sauver avec l'humanité elle-même qui veut continuer à vivre sur cette terre ? Où est le fonds mondial pour sauver la forêt amazonienne ? Les discours ne la sauveront pas. Nous pouvons convertir toute la population qui habite aujourd'hui l'amazonie colombienne en une population qui prenne soin de la jungle, mais nous avons besoin des fonds du monde pour le faire. S'il est si difficile d'obtenir l'argent que les taxes sur le carbone et les fonds climatiques devraient accorder pour sauver quelque chose d'aussi essentiel, alors je propose à l'humanité d'échanger la dette externe contre des dépenses internes pour sauver et récupérer nos jungles, nos forêts et nos zones humides. Réduisez la dette extérieure et nous dépenserons le surplus pour sauver des vies humaines.
Si le FMI aide à échanger la dette pour une action concrète contre la crise climatique, nous aurons une nouvelle économie prospère et une nouvelle vie pour l'humanité.
Les "on ne peut pas" et les "ça a toujours été comme ça", c'est fini. Aujourd'hui commence la Colombie du possible. Aujourd'hui commence notre deuxième chance.
A partir d'aujourd'hui, je suis le président de toute la Colombie et de tous les colombiens et colombiennes. C'est mon devoir et c'est mon souhait. La Colombie n'est pas seulement Bogotá. Le gouvernement du changement sera décentralisé. Je vous promets que nous serons présents et travaillerons dans tout le pays, de Leticia à Punta Gallinas, de Cabo Manglares à l'Isla San José. L'absence de l'État dans de nombreuses régions du pays fait très mal. Ca suffit. Je vais travailler pour que le lieu de naissance ne conditionne pas ton avenir et pour que l'État soit présent dans tous les coins de la Colombie.
J'apprécie la présence des présidents, présidentes et autres représentants des peuples frères d'Amérique latine et du monde. A une époque où l'on voit des nations sœurs se bombarder, ici, au cœur de la Colombie, au cœur de l'Amérique latine, il y a une douzaine de présidents de la région, avec une diversité idéologique et des trajectoires différentes, mais tous unis et solidaires partageant cette véritable fête de la démocratie.
Il est temps de sortir des blocs, des groupes et des différences idéologiques pour travailler ensemble. Comprenons une fois pour toutes que ce qui nous unit est bien plus que ce qui nous sépare. Et qu'ensemble nous sommes plus forts. Faisons de cette unité rêvée par nos héros, Bolívar, San Martín, Artigas, Sucre et O'Higgins, une réalité. Ce n'est pas une utopie ni du romantisme. C'est le moyen de nous rendre forts dans ce monde complexe.
Aujourd'hui, nous devons être plus ensemble et unis que jamais. Comme l'a dit un jour Simón Bolívar : « L'union doit nous sauver, tout comme la division nous détruira si elle réussit à s'introduire entre nous". Mais l'unité latino-américaine ne peut pas être une rhétorique, un simple discours. Nous venons de vivre peut-être le pire de la pandémie de covid, et l'Amérique latine n'a pas su se rassembler, se coordonner, acheter les vaccins les moins chers. Dans la pratique, elle a été sans capacité de négociation, dispersée dans ses gouvernements. Allons-nous avoir une Amérique latine sans capacité de recherche scientifique ? Une Amérique latine sans capacité de coordonner ses services de santé, sans capacité de coordonner les achats de médicaments de manière unifiée ?
L'Amérique latine se réunit dans certaines institutions, mais pas sur des des projets concrets. Avons-nous réussi à réaliser le raccordement de tous nos réseaux électriques ? Existe-t-il un réseau électrique qui couvre toute l'Amérique ? Avons-nous réussi à rendre nos sources d'énergie propres ? N'est-il pas temps d'encourager les compagnies pétrolières publiques et nos sociétés de transport d'électricité à construire l'instrument commercial et financier latino-américain qui soutiendra les investissements dans la production d'énergie propre et dans le transport de cette énergie à l'échelle continentale ?
La Colombie mettra l'accent international sur la conclusion des accords les plus ambitieux possibles pour freiner le changement climatique et défendre la paix mondiale. Nous ne sommes pas avec la guerre. Nous sommes avec la Vie.
Nous chercherons de plus grandes alliances avec l'Afrique d'où nous venons, nous chercherons une alliance des peuples afro en Amérique, nous chercherons à ce que San Andrés soit un centre de santé, culturel et éducatif de la Caraïbe antillaise ; Tous les ambassadeurs de Colombie aux Antilles partiront de là.
Nous chercherons une alliance avec le monde arabe sur la voie de l'évolution vers les nouvelles économies décarbonées. Nous chercherons à unir notre Buenaventura et notre Tumaco à la riche et productive Asie de l'Est.
Notre hymne, qui est l'un des plus beaux du monde, dit "sentir ou souffrir". La Colombie accumule des siècles de souffrance. Une mère qui ne peut pas nourrir son enfant en souffre. Un jeune homme qui émigre parce qu'il ne trouve pas d'opportunités en souffre. Une grand-mère ou un grand-père qui n'a pas une retraite décente en souffre. La Colombie dont nous rêvons, la Colombie que nous voulons, la Colombie que nous méritons est la Colombie que nous voulons ressentir. La Colombie qui vibre, qui s'efforce, qui aspire et travaille pour la paix. Qui veut une terre prospère, avec des chances égales quelque soit son lieu de naissance, quelque soit le nom de famille de ses parents ou la couleur de sa peau. C'est la Colombie que nous voulons ressentir et pour laquelle nous travaillerons jusqu'au dernier jour de notre mandat.
Dans ce premier discours comme président de la Colombie, devant le pouvoir législatif, et devant mon peuple, je veux partager mon décalogue de gouvernement et mes engagements.
Je travaillerai pour parvenir à une paix vraie et définitive. Comme personne, comme jamais auparavant. Nous allons respecter l'Accord de paix et suivre les recommandations du rapport de la Commission Vérité. Le "Gouvernement de la Vie" est le "Gouvernement de la Paix". La paix est le sens de ma vie, c'est l'espoir de la Colombie. Nous ne pouvons pas décevoir la société colombienne. Les morts le méritent. Les vivants en ont besoin. La vie doit être la base de la paix. Une vie juste et sûre. Une vie à vivre savoureuse, à vivre heureuse, pour que le bonheur et le progrès soient notre identité.
Je prendrai soin de nos grands-pères et grands-mères, de nos garçons et filles, des personnes handicapées, des personnes que l'histoire ou la société ont marginalisées. Nous ferons une "politique des soins" afin que PERSONNE ne soit laissé pour compte. Nous sommes une société solidaire, qui se soucie et prend soin des autres. Que votre gouvernement le soit aussi. Nous ferons une politique sensible à la souffrance et à la douleur des autres, avec des outils et des solutions pour créer l'égalité.
Je gouvernerai avec et pour les femmes de Colombie. Aujourd'hui, ici, un gouvernement paritaire commence et avec un ministère de l'égalité.
Enfin ! Avec notre vice-présidente et ministre Francia Márquez, nous allons travailler pour que le genre ne détermine pas combien tu gagnes ou comment tu vis. Nous voulons une égalité et une sécurité réelles pour que les femmes colombiennes puissent marcher tranquillement et ne pas craindre pour leur vie.
Je dialoguerai avec toutes et tous, sans exceptions ni exclusions. Ce sera un gouvernement de la porte ouverte pour quiconque veut discuter des problèmes de la Colombie. Peu importe son nom, d'où qu'il vienne. L'important n'est pas d'où nous venons, mais où nous allons. Le désir d'avenir nous unit, pas le poids du passé. Nous allons construire un Grand Accord National pour établir la feuille de route de la Colombie pour les années à venir. Le dialogue sera ma méthode, les accords mon but.
J'écouterai les colombiennes et les colombiens comme je l'ai fait pendant toutes ces années. On ne gouverne PAS à distance, loin des gens et déconnecté de leurs réalités. Bien au contraire : on gouverne en écoutant. Nous allons concevoir des mécanismes et des dynamiques pour que chaque colombien se sente entendu dans ce gouvernement. Je ne serai pas pris au piège par les voiles de la bureaucratie. Je serai proche des problèmes. Je marcherai aux côtés et avec les colombiens de tous les coins de Colombie. C'est parce qu'on est proche qu'on peut comprendre et se mettre à la place de l'autre.
Je défendrai les Colombiens et les Colombiennes contre la violence et je travaillerai pour que les familles se sentent en sécurité et sereines. Nous le ferons avec une stratégie de sécurité globale. La Colombie a besoin d'une stratégie qui va des programmes de prévention à la poursuite des structures criminelles et à la modernisation des forces de sécurité. Les vies sauvées seront notre principal indicateur de succès. Le crime se combat de multiples manières. Toutes essentielles. Je veux défendre les familles colombiennes contre l'insécurité journalière et quotidienne : que ce soit la violence sexiste ou toute autre violence.
Je lutterai contre la corruption d'une main ferme et sans hésitation. Un gouvernement "tolérance zéro". Nous allons récupérer ce qui a été volé, faire en sorte que cela ne se reproduise plus et transformer le système pour décourager ce type de pratique. Ni famille, ni amis, ni collègues, ni collaborateurs... Personne n'est exclu du poids de la Loi, de l'engagement contre la corruption et de ma détermination à la combattre.
Je protégerai notre sol et notre sous-sol, nos mers et nos rivières. Notre air et notre ciel. Nos paysages nous définissent et nous remplissent de fierté. Et, pour cette raison, je ne permettrai pas que la cupidité de quelques-uns mette notre biodiversité en danger. Nous allons lutter contre la déforestation incontrôlée de nos forêts et favoriser le développement des énergies renouvelables. La Colombie sera une puissance mondiale de la vie. La planète Terre est la "maison commune" des êtres humains. Et la Colombie, de par ses énormes richesses naturelles, va mener ce combat pour la vie planétaire.
Je développerai l'industrie nationale, l'économie populaire et la campagne colombienne. Sans distinctions ni préférences. Nous allons accompagner et soutenir tous ceux qui luttent pour la Colombie : le paysan qui se lève à l'aube, l'artisan qui fait vivre notre culture, l'entrepreneur qui crée du travail. Nous avons besoin de chacun pour grandir et redistribuer la richesse. La science, la culture et la connaissance sont le carburant du XXIe siècle. Nous allons développer la société de la connaissance et de la technologie.
Je respecterai et ferai respecter notre Constitution. Celle qui dit dans son article 1 : « La Colombie est un État social de droit, organisé sous la forme d'une République unitaire, décentralisée, avec autonomie de ses entités territoriales, démocratique, participative et pluraliste, fondée sur le respect de la dignité humaine, sur le travail et la solidarité des personnes qui la composent, dans la primauté de l'intérêt général ».
Nous développerons également une nouvelle couverture légale qui rende notre développement durable, juste et équitable. La loi, comme le dit Paolo Flores d'Arcais, c'est le pouvoir de ceux qui n'ont pas de pouvoir. Nous avons besoin de meilleures lois, de nouvelles lois au service de la grande majorité et garantissant leur respect. Je crois vraiment que les débats de nos assemblées législatives seront fructueux et offriront des résultats pour la société colombienne. Il y a beaucoup de travail à faire et je fais entièrement confiance à nos représentants.
Et enfin, je vais unir la Colombie. Nous unirons, entre toutes et tous, notre chère Colombie. Nous devons dire stop à la division qui nous confronte en tant que peuple. Je ne veux pas deux pays, comme je ne veux pas deux sociétés. Je veux une Colombie forte, juste et unie. Les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que nation exigent une étape d'unité et de consensus basiques. C'est notre responsabilité.
Je termine ici avec ce qu'une enfant Arhuaca m'a dit lors de la cérémonie de possession ancestrale que nous avons faite vendredi dans la Sierra Nevada.
«Pour harmoniser la vie, pour unifier les peuples, pour guérir l'humanité, ressentir la douleur de mon peuple, des gens d'ici, que ce message de lumière et de vérité se répande dans tes veines, dans ton cœur et qu'ils deviennent des actes de pardon et de réconciliation mondiale, mais d'abord, dans nos cœurs et mon cœur, merci."
Cette deuxième opportunité est pour elle, et pour tous les enfants, garçons et filles de Colombie.