dimanche 10 novembre 2019

Coup d'état en Bolivie #EvoNoEstáSolo


Mobilisation mondiale pour la vie et la liberté d'Evo Morales et des militants de la justice sociale et de la souveraineté nationale en Bolivie
#EvoNoEstáSolo

Evo Morales démissionne pour préserver la paix du pays : "Nous démissionnons pour que nos frères les plus humbles cessent de recevoir des coups de pieds, nous ne voulons pas d'affrontements" a déclaré Evo Morales.

Le président bolivien, Evo Morales, a annoncé dimanche sa démission après la vague de violence perpétrée par des groupes d'opposition qui ne veulent pas reconnaître les résultats des élections du 20 octobre. Suite aux fortes violences contre les militants et les dirigeants du Mouvement pour le socialisme (MAS), l'intimidation de journalistes, l'incendie de résidences, la trahison d'alliés politiques et de membres de la police nationale, le pays traverse une grave crise politique. "J'ai décidé de démissionner de mon poste pour que Carlos Mesa et Luis Camacho, cessent de maltraiter et de blesser des milliers de frères (...) J'ai l'obligation de rechercher la paix et voir comment nous nous affrontons entre boliviens fait très mal. C'est la raison pour laquelle j'envoie ma lettre de démission à l'Assemblée plurinationale de Bolivie "a déclaré l'ancien président Evo.

Dans un communiqué, les forces armées boliviennes ont indiqué que pour rétablir la stabilité de la nation, un changement de la présidence était nécessaire. "Nous suggérons que le président démissionne de son mandat pour permettre la pacification et le maintien de la stabilité de la Bolivie" a déclaré le commandant en chef des forces armées, William Kaiman. "Nous démissionnons pour que nos humbles frères cessent de recevoir des coups de pied ... des familles pauvres, humiliées, nous ne voulons pas de confrontations. Nous avons décidé de renoncer à notre victoire électorale, pour préserver la Bolivie. Tout pour la patrie" a déclaré Morales. 

Il a également dénoncé des rumeurs divulguées par des groupes d'extrême droite sur son éventuel départ du pays: "Je n'ai pas à m'échapper, je n'ai rien volé, si quelqu'un pense que nous avons volé qu'il en présente la preuve", ajoute-t-il. De son côté, l'ancien vice-président, Álvaro García, a déclaré que le gouvernement démissionnait pour faire cesser les violences alors qu'il avait travaillé au rétablissement de la souveraineté nationale et la dignité des droits : "Nous sommes le gouvernement qui a nationalisé les hydrocarbures, le gouvernement qui a sorti de la pauvreté plus de 3 millions de citoyens".

Evo a subi l'effondrement de son cabinet après plusieurs démissions comme celles du vice-ministre du Tourisme, Marcelo Arze; la présidente du Tribunal électoral, María Eugenia Choque, la ministre de la Planification, Mariana Prado; ainsi que le sénateur élu pour le Potosí, René Joaquino; Le gouverneur Juan Carlos Cejas et le maire Williams Cervantes. Bien que l'ancien président bolivien ait appelé les organisations internationales telles que les Nations unies (ONU) et l'Organisation des États américains (OEA) à vérifier les résultats des élections et convoqué tous les secteurs sociaux à une table de dialogue, des groupes d'extrême droite se sont déployés dans les rues pour attaquer la population.

Morales laisse un pays avec des taux de développement humain élevés, qui garantit les droits fondamentaux de la population et affiche une croissance économique de 4,5%, selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL). "Ce n'est pas une trahison des mouvements sociaux, la lutte continue, nous sommes le peuple. Nous avons libéré la Bolivie, nous laissons une patrie libérée, en développement, et dont les générations ont beaucoup d'avenir", a conclu Evo.

Source : Telesur

iVOLVEREMOS!



vendredi 18 octobre 2019

Le bonheur, c'est de garantir du temps pour cultiver ses amours


José "Pepe" Mujica a participé la semaine dernière à une rencontre organisée par le centre des étudiants du Collège National de Buenos Aires. "Etre militant c'est dédier une partie importante de notre vie au sort des autres, avec l'utopie et le rêve que l'on peut construire un monde un peu meilleur que celui où il nous a été donné de naître. Le bonheur, c'est aussi un peu de solidarité" a-t-il affirmé face à des centaines de jeunes. Voici la traduction du discours complet de l'ex-président uruguayen

Source : Nuestras Voces

Ici, la majorité d'entre vous pourraient être mes petits-enfants, mais à votre âge, c'est naturel que les être humains fassent germer des utopies, qu'ils aient des rêves de monde meilleur. Le défi que vous allez devoir affronter tout au long de votre vie, c'est d'arriver à maintenir le feu sacré alors que la peau se ride, que les jambes ralentissent, que la vie se remplit de responsabilités et de défis, quand il faut payer les factures en fin de mois, quand tu fais des œdèmes en travaillant pour une multinationale et que tu regardes comment s'effilochent tes rêves au long de ta vie. Parce que l'histoire humaine est un cimetière d'utopies, mais que grâce à ça, nous avançons. Parce que nous avons toujours une bien plus grande capacité de rêver que de capacité à concrétiser. Mais comment vivre sans rêves ? Comment ce serait que d'être une brique, une pierre et de ne pas avoir de sentiments, d'émotions et d'engagements ?

Eh oui, les enfants, l'unique miracle qu'il y a sur cette terre pour chacun d'entre vous, c'est d'être né, c'est quelque chose de si quotidien pour chacun qu'on ne s'en rend pas compte. Il y avait quarante millions de probabilités que ça tombe sur quelqu'un d'autre et c'est tombé sur toi. Mais la vie s'en va plus vite que ce qu'il n'y parait. Et cette particularité n'est pas simplement humaine, c'est commun au monde vivant. Le monde vivant a quelque chose de différent du monde inerte, il a des sentiments et des émotions. Parce qu'une tortue qui pond des oeufs a des émotions, comme la poule qui prend soin de ses poussins. Et l'herbe qui se reproduit, avant de mourir, se fait graine pour se semer. C'est sa manière de sentir. La différence humaine, c'est que nous sommes conscients. En plus de vivre, nous pouvons nous refléter dans une conscience. Et puisque naître t'est tombé dessus, la question est : Que fais-tu de ta vie ? Ta vie sera-t-elle celle d'un sujet débiteur de comptes, qui confond être et avoir et à qui le marché finit par organiser le coeur, les relations humaines et tout le reste ? Ou bien, ta vie, tu seras capable de lui donner un contenu et d'être en partie auteur de sa trajectoire ?

Nous sommes ici par la solidarité des générations qui ont fait possible une accumulation de connaissances, transmises de génération en génération. D'autres viendront et vous, vous allez avoir d'autres défis, des grands défis. Nous sommes en train d'organiser dans ce monde une gigantesque marmite pour frire les choses vivantes et vous, vous allez devoir vous battre contre cet égoïsme qui nous menace d'un holocauste écologique. Vous êtes d'abord argentins, mais vous êtes aussi latino-américains, et frères de tous les peuples pauvres qui sont en Amérique. Vous avez la vie devant vous, ne trahissez pas cette belle étape de votre vie. Appliquez ou transformez consciemment les moments, et prolongez ce bel âge qui vous est donné de vivre. Et ça, ça ne dépendra que d'une chose qui s'appelle la volonté.

La vie militante, ce n'est pas une récompense, c'est une aventure. C'est avoir une raison de vivre et pas seulement vivre parce qu'on est né. Etre militant, c'est dédier une partie importante de notre vie au sort des autres, avec l'utopie et le rêve que l'on peut construire un monde un peu meilleur que celui où il nous a été donné de naître. Ce qui est passionnant et très important, le fond de la question, c'est de poursuivre cette aventure tout au long de la vie.

Nous sommes plongés, nous vivons dans un système qui engendre une culture qui a besoin de faire de nous des acheteurs compulsifs. Parce que sinon, tout se bloque. Alors nous avons tendance à confondre le bonheur avec le fait d'avoir des objets neufs, et quelquefois, nous abandonnons les choses les plus sacrées, ce peu de choses qui sont toujours les mêmes et qui nous entourent. Ou bien tu apprends à être heureux avec les choses élémentaires de la vie, ou tu ne seras jamais heureux.

Qu'est ce que ça a à voir avec tout ça ? Je sais bien que mon discours est un peu celui d'un vieux rat. Mais enfin, les gamins, le défi que vous allez affronter est précisément la spirale de la culture engendrée par notre temps. Et il faut bien comprendre que ce qui peut s'appeler bonheur, c'est de se garantir du temps pour cultiver les amours, cette différence de la vie et des sentiments. Travailler, bien sur il faut travailler, parce que si tu ne travailles pas, tu vis au crochet de quelqu'un qui le fait. On ne doit pas être un parasite. Mais la vie, ce n'est pas seulement travailler : il faut se garantir du temps pour les relations humaines, les enfants, l'amour, pour celles et ceux qui viendront, parce que la vie s'en va. Ne vous laissez pas voler la liberté, parce que tu es libre seulement quand tu passes le temps de ta vie à ces choses qui te motivent sans emmerder l'autre. Le bonheur, c'est aussi un peu de solidarité.

Les enfants, je ne sais pas la voie que va prendre l'Argentine, je sais qu'elle va sortir de son angoisse, elle en est sortie mille fois. C'est un pays richissime et c'est peut-être là qu'est son malheur, dans son excès de richesses. Vous êtes responsables de ce qui va venir, consacrez votre existence à la cause humaine, n'oubliez pas celles et ceux qui ne peuvent pas venir à l'université, celles et ceux qui sont toujours courbés dans la solitude des champs et des montagnes, dans les galeries des mines. Etre universitaire n'est pas un privilège, c'est une exigence, celle de servir son peuple et de ne pas l'opprimer. Voilà. Bonne chance et à bientôt.



vendredi 30 août 2019

Le futur de la Colombie ne peut pas être la guerre



Bogotá, 29 août 2019
Communiqué PCC-UP
Source : Pacocol

L'annonce faite aujourd'hui par un groupe d'ex-dirigeants des FARC-EP de leur persistance dans la clandestinité et la lutte armée constitue un fait politique avec de graves conséquences pour le processus de mise en œuvre de l'accord de paix et pour la perspective de lutte démocratique dans le pays.

Il est évident et indiscutable que des aspects substantiels de l'accord signé ne sont pas respectés, que les intentions réelles de l'extrême droite, du gouvernement actuel et des secteurs de la classe dominante sont de le détruire et de revenir à la politique de la guerre et de la peur pour justifier leur orientation réactionnaire et empêcher toute réforme et ouverture démocratique. Mais c'est par une stratégie politique qui appelle et mobilise la participation la plus large et l'intervention citoyenne dans les villes et les campagnes de Colombie que cela doit être dépassé. L'attitude du gouvernement qui relie la décision des ex-dirigeants au Venezuela est infâme.

Conformément à la tradition politique du Parti Communiste Colombien et de l'Union Patriotique qui ont toujours défendu la solution politique négociée, nous appelons tous les secteurs engagés pour la paix, le mouvement social et la communauté internationale à défendre l'Accord de Paix et sa pleine mise en œuvre, à protéger la vie des leaders socio-politiques et des ex-combattants en processus de réincorporation civile, et à ne pas renoncer à la conquête de la paix avec justice sociale.

Parti Communiste Colombien - Union Patriotique


lundi 12 août 2019

Colombie. Assassinats des leaders sociaux = Crise humanitaire


Le Gouvernement de Colombie refuse d'admettre que les assassinats des leaders sociaux, continuels et systématiques, engendrent une crise humanitaire : "Le discours officiel minimise les assassinats en Colombie. Il y a une méconnaissance profonde, ils ne voient pas que ce qui est en train de se passer avec les leaders sociaux, c'est une crise humanitaire. Alors que chaque semaine, nous voyons comment les gens sont assassinés, le gouvernement refuse d'agir efficacement" dit Shirley Muñoz, membre de l'Association Minga, coordinatrice de la communication du Programme Somos Defensores. 

Entre la signature de l'Accord de Paix en novembre 2016 par l'Etat et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et le 20 juillet dernier, 627 leaders sociaux et défenseurs des Droits Humains ont été assassinés, selon un rapport publié ce 26 juillet 2019 par INDEPAZ, Institut pour le Développement et la Paix (non gouvernemental). Annuellement, cela correspond à 21 assassinats en 2016, 208 en 2017, 282 en 2018 et 116 depuis le début de l'année 2019. Parmi les victimes, 92 étaient des femmes et 535 étaient des hommes. En ce qui concerne leur origine, 142 étaient indigènes, 55 afro-descendants et 245 étaient des paysans défenseurs de l'environnement,  coordinateurs communaux ou acteurs du Plan National Intégral de Substitution des cultures illicites. Le rapport d'INDEPAZ indique que, en plus, 138 ex-guérilleros des FARC qui avaient adhéré au processus de paix ont été assassinés pendant ce laps de temps.

Un rapport du Défenseur du Peuple indique que 196 leaders sociaux ont été assassinés entre mars 2018 et mai 2019 et que, pendant cette période, 1608 conduites qui portent atteinte aux droits humains des activistes ont été enregistrées dont 1351 menaces et 44 attentats.

"Il se produit un génocide continu et systématique contre toutes les communautés. Tous les acteurs légaux ou illégaux ont quelque chose à voir dans les assassinats. Bien que nous soyons supposément en temps de paix, il n'y a pas de garanties réelles pour protéger la population" a expliqué à Sputnik le politologue Oscar Montero, kankuamo assesseur de l'ONIC Organisation Nationale Indigène de Colombie.


Le discours officiel

Le président de la Colombie, Iván Duque, a affirmé ce 3 août qu'il y a eu "une réduction de 35% de ces assassinats comparé à la période antérieure immédiate" et que la Justice "a éclairci près de 56% de ces assassinats".

Mais Shirley Muñoz et Oscar Montero expliquent que le discours gouvernemental cherche constamment à "dissimuler la gravité" de ce qui se passe. Les autorités attribuent la responsabilité de ces crimes à la guérilla de l'ELN (Armée de Libération Nationale), aux paramilitaires du Clan du Golf, les Caparros, Pachenca et Pachelly, ainsi qu'aux dissidents de la FARC. Mais alors que les services du Procureur Général de la Nation affirment qu'ils avancent dans leurs enquêtes, la militante S.Muñoz rétorque que "ce n'est pas vrai". Et elle insiste : "Nous avons constaté une impunité supérieure à 90% dans les assassinats des leaders sociaux. Le Ministère Public dit que non, qu'ils ont eu un taux d'élucidation beaucoup plus haut, d'environ 50%, mais nous voyons bien que cela ne correspond pas à la réalité".

Pour sa part, Oscar Montero dit que le Gouvernement "minimise les assassinats" et agit comme si c'était "une farce".  Il ajoute : "Nous, les peuples indigènes de Colombie, nous savons mieux que personne que dans ce pays, les assassinats n'ont pas diminué. Après la signature de l'accord de paix, il y a eu 158 compagnons indigènes assassinés, et dans le seul cadre du Gouvernement de Iván Duque, 94 compagnons indigènes ont été assassinés. Les chiffres sont en augmentation et il n'y a pas de réponse officielle". Selon lui, les autorités cherchent à "rendre invisibles les victimes" et à lier les morts à des vengeances, des problèmes personnels ou des crimes passionnels.

S.Muñoz lamente que le Gouvernement n'applique pas l'accord de paix et ajoute : "Reconnaître ce qui se passe dans les territoires, ce serait reconnaître l'existence du conflit armé. Face à la communauté internationale, on veut donner une image d'efficacité, faire croire qu'on se préoccupe des gens".


Des assassins et des intérêts

Selon elle, "les morts violentes mettent en lumière les conflits dans les territoires et principalement celui de l'accès à la terre".  Pour les deux militants, dans ces disputes, les forces armées jouent un rôle "important", de même que les projets miniers et énergétiques. La majorité des leaders assassinés vivent dans des zones rurales et jouent un rôle dans la défense de la terre et des ressources naturelles.  Et elle argumente : "Nous ne pouvons pas dire que dans les lieux où il y a des méga-projets, les responsables (des assassinats) sont directement les entreprises ou les personnes liées à ces projets, il y a toujours des acteurs armés qui apparaissent comme responsables. Mais quand on analyse où se trouvent les zones de risque, cela coïncide souvent avec les intérêts de ces entreprises".

Elle explique que dans la majorité des cas, les responsables sont les groupes paramilitaires, il y a également des acteurs inconnus, des dissidents des FARC, la force publique et la guérilla de l'ELN. Ces faits ont lieu dans le contexte de vide de pouvoir lié au fait que, quand les FARC ont signé la paix, ils ont petit à petit abandonné les territoires qu'ils avaient contrôlé pendant des décennies. Elle explique : "Ils apparaissaient comme l'acteur dominant, ils étaient presque un Gouvernement pour beaucoup de gens. Là où il n'y avait pas de présence de l'Etat, la guérilla jouait ce rôle. C'était un acteur armé qui agissait par la force mais qui établissait aussi un certain ordre dans le territoire. Quand ils sont sortis de ces territoires, c'est resté vide parce que l'Etat n'est pas arrivé jusque là". En l'absence d'Etat, les paramilitaires sont arrivés, ainsi que des bandes résiduelles d'ex-FARC et des groupes liés au narcotrafic, qui exploitent la possibilité de contrôler des zones "stratégiques" pour le transport des drogues ou les plants de cultures illicites.

Selon O.Montero, "Il y a un réarrangement des groupes armés légaux et illégaux dans le pays. Là où il y avait les FARC, il y a maintenant l'armée et les groupes paramilitaires qui veulent se positionner dans les lieux stratégiques. Cela engendre une confrontation armée sanglante pour la poursuite du commerce de l'exploitation minière et du narcotrafic".

Il affirme qu'il y a également une responsabilité des "forces de l'Etat Colombien, notamment les polices et l'armée. Il est évident pour nous avec ce genre d'assassinats dans les communautés indigènes, que quand l'armée est proche, cela se traduit ensuite par de l'exploitation illégale des ressources minières. Et donc, il se pourrait qu'ils coopèrent avec des intérêts privés et des entreprises multinationales. Il est évident qu'ils cherchent à exploiter les ressources naturelles du pays sur le dos des communautés". 

Le programme Somos Defensores a dénoncé que 2018 a été "une des pires années" en matière de droits humains des militant.e.s et leaders sociaux : Les agressions ont augmenté de 43.7% par rapport à 2017, 805 agressions ont été comptabilisées dont 155 assassinats. Au premier trimestre 2019, 245 agressions ont été enregistrées, ce qui représente une augmentation de 66% par rapport à la même période en 2018.

Source : Sputnik
Traduction : CM

dimanche 24 février 2019

Nouvelle victoire stratégique du Vénézuéla Bolivarien en ce 23 février


Par Carlos Aznarez in Resumen Latinoamericano

Et voici qu'est arrivé ce jour que beaucoup appelaient le "jour J". Certains se pourléchaient déjà les babines, à Cúcuta ou à Miami, en pensant qu'allait arriver le "grand moment" où entrerait "l'aide humanitaire" et oú le "dictateur" et sa Révolution Bolivarienne s'effondrerait comme un jeu de cartes. Cela ressemble au vulgaire scénar d'un film de troisième catégorie mais le pire est que pour beaucoup de gens dans le monde entier, pour toute cette partie de la population qui croit religieusement ce que racontent les médias hégémoniques : le truc avait marché et ils s'imaginaient qu'au Venezuela, ce n'était qu'une question d'heures pour que la marionnette infâme appelée Juan Guaidó arrive avec tous les honneurs au Palais de Miraflores. Et finalement, est arrivé ce qui arrive à l'empire et à ses alliés dans toutes ses dernières batailles avec le chavisme, batailles diplomatiques ou diatribes d'un bellicisme verbal plus qu'irritant : elles échouent. Ils n'ont pas gagné, ni contre le peuple, ni contre le gouvernement légitime dirigé par Nicolás Maduro. Ni dans la zone de la frontière avec la Colombie, ni dans celle qui longe le Brésil et encore moins par la route maritime. Ils n'ont pas réussi non plus à mobiliser ces 600 000 personnes annoncées par Guaidó, qui sont devenues ce samedi 23 février, un petit groupe agressif de brigands mercenaires qui ont monté quelques violentes guarimbas et plusieurs fakes.

Au cours de la journée, la farce allait se répéter, en essayant de faire entrer quelques camions avec la fameuse "aide". Soudain, sur le pont, deux camions ont été incendiés par un groupe de guarimberos qui ont arrosé les véhicules d'essence, en étant filmés et photographiés par de nombreux reporters. Mais comme les médias hégémoniques sont la pointe de lance de l'intoxication massive, ils ont inventé un autre tableau mensonger en accusant le chavisme d'avoir causé cet incendie. Et plus encore : ils ont raconté que les coupables de cette piteuse action étaient les membres de la Garde Nationale Bolivarienne, qui se trouvaient pourtant placés très loin des faits. Il en a été de même, avec le vol de deux petits tanks sur le pont qui mène à Cucutá et qui s'est soldé par la désertion d'un groupe infime de gardes qui, non contents de passer à l'ennemi, se sont révélés des criminels : ces lâches ont renversé violemment des dizaines de barrières qui protégeaient le lieu, en blessant une vidéaste chilienne et une policière bolivarienne loyale. De l'autre côté du pont, on a pu observer la complicité des policiers d'Ivan Duque qui les aidaient ostensiblement. Pendant ce temps-là, deux des chefaillons des guarimbas de ce samedi, le député de droite José Antonio Olivares et un de ses comparses nommé Vilca Fernández célébraient "l'exploit".

Ce qu'ils n'ont pas dit, c'est que les brigands "engagés" par l'opposition affiliée à Guaidó et protégés par la police colombienne (voir les preuves vidéos qui tournent sur les réseaux), se sont grandement offusqués parce que les choses ne s'étaient pas bien passées et qu'on ne leur avait pas versé les "honoraires" négociés. C'est ainsi qu'une bande de malfrats, cagoulés ou à visage découvert, a mis une bonne raclée aux "entrepreneurs". Voilà comment le député Olivares a reçu des bonnes baffes aux cris de "voleurs, payez ce que vous avez promis".

Les médias ne racontent pas non plus la vérité sur ce qui est arrivé à l'extrême inverse du côté colombien du pont Simón Bolivar, là où s'étaient concentrés des milliers de patriotes bolivariens pour défendre avec leurs corps la souveraineté de leur pays face à toute tentative d'invasion étrangère. Ils ont reçu des coktails molotov, des grosses pierres et des tirs d'arme à feu. Certains de ceux qui ont été attaqués font partie de la liste des 42 blessés, deux par balles et trois gravement brûlés à cause des bombes incendiaires. Il y a aussi des policiers vénézuéliens dans la liste qui, comme pendant ces mois difficiles où on élisait la Constituante, se sont complètement investis pour que la meute d'Ivan Duque et l'opposition fascisante présidée par Guaidó ne mettent pas les pieds sur le territoire vénézuélien.

Un autre incident a eu lieu quand des opposants qui ont traversé la frontière à partir du Brésil, ont attaqué et brûlé une camionnette militaire bolivarienne sur le poste frontière de Pacaraima. A chacun de ces faits violents, se réduit ce qui pour Donald Trump, Marco Rubio, Elliot Adams, John Bolton et Luis Almagro, devait être la "solution finale" de ce qu'ils appellent la "dictature" socialiste.

Ils n'ont pas pu et ils ne pourront pas. Cela s'est clairement vu pendant cette journée. Ils ont été à nouveau vaincus par un peuple qui a des idées et qui est convaincu de lutter pour son présent, qui garde mémoire de ce que fut son passé et qui se prépare au jour le jour à forger un futur de progrès social. Cet esprit à la fois noble et guerrier, celui de Bolívar, celui qui a nourri Fabricio Ojeda, qui a été hérité par le Commandant Chavez et qui est aujourd'hui porté avec dignité par Nicolás Maduro s'est vu aussi défiler par les rues de Caracas, à l'heure même où ne se produisait pas l'invasion "humanitaire" annoncée. La marée rouge a de nouveau couvert l'avenue Urdaneta de bout en bout et a montré au monde qu'au Venezuela qui vit normalement et paisiblement, ils et elles sont des millions celles et ceux qui construisent le bouclier qui protège cet énorme processus libérateur.

Ils ont marché avec ferveur et avec beaucoup de joie, il n'y avait pas de rage dans leurs gestes. Bien au contraire, ils ont dansé, chanté, scandé les slogans anti-impérialistes de toujours, depuis le "Yanquis Go Home" jusqu'au "No pasarán" des luttes anti-fascistes des peuples. Ils étaient ouvriers, étudiants, habitants des quartiers populaires, des femmes en mouvement et des milliers de jeunes qui ont grandi avec la panacée d'accéder aux Universités populaires et aux plans de santé des Misiones. Ils sont sortis à la rue, avec la décision de montrer à ceux qui doutent encore de ce processus libérateur, qu'ils sont eux, disposés à le défendre. Il y avait là aussi cette délégation animée des mouvements sociaux du monde, qui inaugurent ce dimanche la rencontre de l'Assemblée Internationale des Peuples, instance d'organisation qui veut se construire pas à pas au nom de la Révolution Internationale. Parmi eux et elles, on a pu voir des sud-africains du Syndicat métallurgique Numsa qui ont dansé leurs danses typiques en l'honneur du Vénézuela, à côté des brésiliens qui clamaient "Lula Libre", des argentins qui conspuaient Macri et même des jeunes basques et catalanes avec les drapeaux de leurs nations. A travers toutes leur voix, "l'épée de Bolivar" continue à cheminer, comme le fait le socialisme, à travers l'Amérique Latine. Et leur agitation militante a reçu en retour les "saluts solidaires et révolutionnaires" des masses chavistes. Une fête du peuple, qui portait la victoire obtenue face à la nouvelle tentative de l'empire le plus terroriste qu'a connu l'humanité.

Ensuite, le président du peuple a parlé, celui élu en mai par des millions de citoyens, et non ce pantin autoproclamé qui devra maintenant rester vivre à Cúcuta ou à Bogotá, ou qui terminera en prison avec les autres terroristes de son acabit. L'écouter en cette occasion, s'adressant à celles et ceux qui font la Révolution au quotidien, a permis de se souvenir de gestes similaires de son maître Hugo Chavez, à qui Maduro ne rend pas seulement hommage mais qui, dans la pratique, fait honneur à son héritage.

Voilà, ce 23 février, la Révolution Bolivarienne a marqué un autre point, celui de la paix avec justice sociale face à la guerre impérialiste. Mais on ne peut pas être triomphaliste avec l'ennemi que l'on affronte aujourd'hui. Ils vont insister, ils sont féroces, impitoyables. Ils l'ont déjà montré et ils utilisent tout ce qu'ils ont entre leurs mains pour attaquer les peuples. C'est pourquoi il ne faut pas baisser la garde. Guaidó a d'ores et déjà demandé à ses complices de mettre pratiquement en route le recours de l'intervention armée. Trump, qui se rend sûrement compte du caractère inutile de ses "muchachos", va imaginer de nouvelles attaques. Il faut donc continuer à veiller, tout en évaluant à sa juste valeur ce qui a été fait jusqu'à maintenant. Ils n'ont pas pu gagner face au courage de ce peuple. Ils ne pourront pas.


Jour J au Venezuela : Les camions n'ont pas pu entrer


La tentative de l'opposition vénézuelienne a échoué, la frontière avec la Colombie est restée close. 

Par Marco Terrugi in Pagina 12

Depuis Ureña, Táchira (frontière Venezuela/Colombie)

Le 23 février, jour de l'entrée tant annoncée de l'aide humanitaire au Vénézuéla est arrivé, et il s'est terminé. Les pronostics apocalyptiques ne se sont pas réalisés, Nicolás Maduro n'est pas tombé, Juan Guaidó est resté à Cucuta, le pays n'est pas entré dans une confrontation cinématographique. Situation de Haute Tension ? Bien sur, particulièrement sur la zone frontière qui sépare les deux pays, à travers trois ponts sur un fleuve presque sec : Les ponts Simón Bolivar, Tienditas et Santander. D'un côté le Táchira, avec les villes de San Antonio et Ureña, de l'autre côté le Nord du Santander, avec la ville de Cúcuta.

La journée a commencé tôt avec, comme on s'y attendait, une pression frontale ciblée par la force médiatique sur les ponts. Les actions eurent des moments d'euphorie, comme par exemple le moment oú une poignée de membres de la Garde Nationale Bolivarienne a rejoint les troupes Trump-Rubio-Duque-Guaidó. Mais l'euphorie s'est éteinte et au fur et à mesure du passage des heures, s'est formée la certitude que ne passeraient de l'autre côté ni les gens, ni les camions.

Deux éléments sont emblématiques de la situation. D'un côté, le déploiement d'une confrontation permanente sur les ponts Bolívar et Santander auquel s'est ajouté l'essai d'occupation de l'aéroport de San Antonio qui a été désactivé. D'autre part, l'utilisation des camions de l'aide humanitaire.

La confrontation a repris les stratégies violentes déployées par la droite en 2014 et en 2017 dans plusieurs villes du pays : les tristement célèbres "guarimbas". Avec cette différence qu'elle se concentre sur les ponts internationaux et qu'elle compte sur le soutien évident des troupes de sécurité de l'Etat colombien. Le cycle s'est répété : Avancer vers le côté vénézuélien, reculer, chercher à passer sous le pont dans le cas du Pont Simon Bolivar. Que devrait faire un gouvernement face à la tentative d'invasion guarimbera financée internationalement ?

L'utilisation des camions a eu trois moments clés. Le premier, par l'exploitation médiatique des images des files de camion en route vers les ponts. Le deuxième, avec l'affirmation mensongère qu'ils avaient réussi à rentrer au Venezuela - comme par exemple le chanteur vénézuélien Nacho qui a annoncé que tout était arrivé à bon port. Et le troisième, par la création d'un fake, en brûlant deux citernes et en faisant un montage accusant la Garde Nationale Bolivarienne, alors qu'il y a un film enregistré qui montre que ce sont des jeunes de la première ligne de confrontation.

L'incendie des citernes semble avoir été planifié et se traduit par l'accusation de crime contre l'humanité portée sur Nicolás Maduro, par l'escalade des menaces internationales, comme celle du tweet du sénateur nord-américain Marco Rubio qui a affirmé que le Vénézuéla a tiré sur le territoire colombien et que les Etats-Unis défendront la Colombie en cas d'agression.

Mais ce qui est certain au delà de ces épisodes, c'est que rien de ce qu'ils avaient annoncé n'est arrivé. L'aide "humanitaire" n'est entrée par aucun point au Venezuela, ni par la Colombie, ni par le Brésil, ni par la mer. Il ne s'est pas produit de scission au sein de la Force Armée Nationale Bolivarienne. Les ponts n'ont ressemblé qu'aux images bien connues de la stratégie violente de la droite, dans un contexte maintenant plus complexe. Ce qui devait être le Jour J ne l'a pas été, ni le point de basculement tant annoncé. Une nouvelle fois, la base sociale de l'opposition est plongée dans la désillusion, confrontée à la distance entre les promesses de ses dirigeants - qui sont maintenant internationaux- et les corrélations réelles des forces en présence.

Le Chavisme, de son côté, a mobilisé à Caracas pour la cinquième mobilisation consécutive en cinq jours. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé la rupture des relations avec le gouvernement colombien, mesure centrale qui s'ajoute aux décisions prises antérieurement de fermer les frontières avec le Brésil, la Colombie, et les îles d'Aruba, Bonaire et Curaçao.

Le bilan de ce 23 février aboutit à ce que la "grande offensive" qui se posait comme l'attaque finale n'a pas atteint ses objectifs, avec un gouvernement vénézuélien qui reste debout malgré le choc qui, comme on s'y attendait, frappe simultanément sur plusieurs plans : armés, médiatiques, psychologiques, diplomatiques, territoriaux. Ce résultat final était ce à quoi on pouvait s'attendre au vu des forces réelles - sans l'effet gonflé des réseaux sociaux - et sans l'apparition d'une nouvelle carte d'Elliot Abrams, Iván Duque ou Marco Rubio.

Il y a aussi un autre décompte, c'est celui de la quantité de fausses nouvelles, constructions de rumeurs, données non vérifiées, sans sources dignes de foi. Cela participe de l'avalanche, de l'étourdissement, pour justifier de nouvelles actions possibles. Le cas des camions brûlés est celui le plus clair de cette journée du 23 février. Il est souvent difficile de confirmer les sources, les nombres, la véracité des faits, qui sont balayés dans les logiques de guerre dont l'opération communicationnelle est la colonne vertébrale. Personne ne peut se surprendre d'un mensonge nord-américain lors d'un assaut, le droit à l'innocence est interdit, la nécessité du doute est permanente.

Que se passera-t-il le 24 ou le 25 ? Il est encore trop tôt pour le savoir, mais il semblerait que, au vu de ce qui s'est passé, les pressions sur les ponts vont continuer, sans la capacité réelle d'entrer au Venezuela, les menaces et les réunions internationales vont aller en augmentant, et il y aura peut-être un fake de grande envergure. Rubio l'a déjà annoncé dans la nuit du 22 au 23, quand il a écrit sur la possibilité que l'ELN assassine des civils. Il a annoncé ce qu'eux-mêmes semblent disposés à faire, et comment le déguiser, pour ensuite justifier de nouvelles actions, en passant de la forme "aide humanitaire" à un nouveau schéma.

A la frontière, c'est une nuit tendue qui se termine, comme s'il pouvait arriver quelque chose à tout moment. Nous traversons des heures et des journées complexes, où l'un des objectifs centraux du gouvernement du Venezuela et du chavisme, est de prévenir les actions-pièges, les images de violence et la violence même qui a fait 42 blessés du côté vénézuélien ce samedi 23. Une idée du climat social de cette nuit de samedi est donnée par la tendance de Twitter, où les cinq hashtags les mieux positionnés demandent l'intervention internationale. Et pourtant, la certitude qu'ils ne réussiront pas à renverser Nicolás Maduro, élu démocratiquement, semble rester majoritaire.

Traduction : CM

jeudi 27 décembre 2018

La nature en Colombie. Traces indélébiles de destruction, tentatives de restauration



Source : El Tiempo

L'intervention de l'humain est la principale menace pour les écosystèmes et les espèces en Colombie. La colonisation, les changements démographiques, la distribution inégale du territoire ont déterminé, parmi d'autres facteurs liés à la population, le changement qu'a souffert l'environnement de notre pays. Conséquences d'une intervention humaine disproportionnée : Des écosystèmes dans un état critique et des centaines d'espèces menacées. C'est ce que révèle le rapport "Colombia Viva 2017", publié par le WWF, qui recueille des recherches de scientifiques comme Andrés A. Etter de l'Université Javeriana, et les données des derniers "livres rouges" des espèces menacées dans le pays, afin d'évaluer l'état actuel de nos écosystèmes et espèces. Le panorama n'est pas brillant.


D E S   E C O S Y S T E M E S   D A N S   U N   E T A T   C R I T I Q U E

La Colombie est le deuxième pays avec la plus grande biodiversité du monde après le Brésil, devant des pays comme l'Afrique du Sud ou l'Indonésie. C'est le seul pays d'Amérique du Sud qui a des côtes à la fois sur l'Océan Atlantique et sur l'Océan Pacifique, et c'est le seul lieu au monde où habitent des espèces comme le singe tití du Caquetá et la grenouille vénéneuse dorée Kokoï.

Dans notre pays, 85 types d'écosystèmes ont été identifiés, qui se divisent en plusieurs catégories suivant leur localisation géographique. Pourtant, avec le temps, l'intervention humaine a détérioré 31.3% de ces écosystèmes, en en laissant 20 dans un état critique et 17 autres en danger. Parmi eux, 26 ont perdu plus de 50% de leur zone originaire et 17 en ont perdu plus de 80%.


  • La forêt sèche tropicale : Située principalement dans la région caraïbe colombienne, c'est un écosystème caractérisé par de longues périodes de sécheresse, avec peu ou pas de pluie. Selon le rapport Colombia Viva 2017, l'élevage, la dégradation du sol par érosion, les incendies fréquents et l'extraction du bois sont les principales menaces pour ces écosystèmes. On estime que la superficie totale de la forêt dans le territoire national a diminué de 5.15 millions d'hectares, soit une zone qui équivaut à 12.875 fois le Parc Métropolitain Simón Bolívar et 440 fois la ville de Bogotá.



  • Les écosystèmes de l'Orénoque : Ce sont quatre écosystèmes proches de la vallée du fleuve Orénoque, où domine un climat tropical tout au long de l'année. Parmi eux, les Forêts Humides Tropicales du Piémont Llanero sont les plus affectées par l'intervention humaine. "Jusqu'en 1970, il n'y avait que 2% des Plaines Orientales qui avaient souffert un changement significatif lié à l'activité humaine. Mais en 2012, la transformation de la partie colombienne du bassin de l'Orénoque avait déjà atteint 15.5%" assure le rapport Colombia Viva 2017. En 2001, l'extension des savanes innondables, sableuses et hautes avait été réduite de 2.118 km carrés.



  • Les Páramos (Hauts-Plateaux) : C'est un écosystème intertropical qui se trouve au dessus de 2.900 m d'altitude, en montagne. Il est caractérisé par une végétation d'arbustes et de matorral, et est à l'origine des ruisseaux qui deviendront des fleuves. Sa fonction est de capter l'eau, de la purifier et de la drainer dans les époques de sécheresse. Sa température est instable et très variée, pouvant passer de 30°C à 0°C. Selon l'Institut Von Humboldt, "en 2000, il existait 1.237.273 hectares de Páramo" desquels 420.672 hectares ont été transformés par l'action humaine. En 2005, le taux annuel de disparition de ces écosystèmes était de 17%.



  • Les Nevados (Pics glaciaires) :  Il s'agit de grandes montagnes qui ont différents étages thermiques et qui ont un écosystème glaciaire à leur sommet. Selon le rapport Colombia Viva 2017, l'augmentation globale de la température, la diminution ou les changements dramatiques des pluies ont affecté gravement ces écosystèmes. A la fin du siècle dernier, 8 des 17 pics avaient souffert un dégel total et on estime qu'en 2032, il n'y aura plus de glaciers en Colombie.



  • Les Humedales (Zones Humides) : Ce sont des écosystèmes qui s'inondent d'eau de manière permanente ou intermittente tout au long de l'année, et qui sont constitués d'un mélange d'écosystèmes aquatiques et terrestres. Ils ont une très grande végétation et attirent une énorme quantité d'espèces animales à cause de leur richesse alimentaire.



  • Les milieux marins et côtiers : Situés dans la zone océanique de la terre, ils constituent un des écosystèmes les plus grands et les plus complexes à étudier. Ils se caractérisent par leur stabilité et leur faible variation de température et de salinité tout au long de l'année. Mais la sédimentation, la contamination des sources hydriques, les résidus de l'extraction des hydrocarbures et le changement climatique mettent en danger la plupart de ces écosystèmes, particulièrement les coraux.



UNE GARDERIE DE CORAUX A SAN ANDRES Y PROVIDENCIA


Des batteries de voitures, des WC, des pneus et même des engins de guerre comme des bazookas, faisaient partie du panorama sous-marin de San Andrés. Il ne s'agissait pas d'une situation récente, ni d'un phénomène provoqué par le passage d'un ouragan, mais de déchets amoncelés pendant des décennies qui, petit à petit, s'étaient approprié le paysage.

La mer aux sept couleurs en était affectée : les petits coquillages qui avaient pour coutume d'arriver sur les plages à l'aube, ont été remplacés par des morceaux de bouteille, des couvercles, des sacs et des boites de conserves qui, à leur tour, devenaient des aliments pour les poissons et les oiseaux. Le plastique était le plus gros des problèmes, particulièrement celui qui passe par des processus de vulcanisation pour devenir du caoutchouc. Il ne s'agit pas simplement d'une contamination visuelle dans laquelle un pneu apparaît sous l'eau sans raison apparente, mais surtout de déchets qui ont le pouvoir de détruire l'écosystème.

Selon Jorge Sánchez Berrío, coordinateur de l'initiative Bajo Tranquilo, projet de l'ONG Help2Oceans, le caoutchouc qui se trouve sous l'eau contient différentes bactéries qui étouffent les récifs coraliens. C'est une situation préoccupante quand on sait que 77% des coraux du pays se trouvent dans la mer de San Andrés. C'est pourquoi les membres de cette association, après avoir nettoyé 60 mille mètres carrés de fonds océaniques, ont décidé de sauver des petites semences de corail.

L'idée consiste à ancrer au fond des eaux de l'archipel des grosses cordes qui maintiennent des rectangles élaborés avec des tubes de PVC. Sur ces tubes, des grilles métalliques où reposent les petites semences de corail qui n'ont pas encore la taille d'héberger de la vie mais qui s'agrippent avec force au réseau qui les soutient pour grandir. Ces tubes ne sont pas contaminants des eaux, ce sont des garderies coralines pour les récifs qui peigneront de sept couleurs différentes la mer de San Andrés et qui deviendront le foyer de centaines d'étoiles de mer, oursins, larves et poissons.

Quatre garderies se trouvent à San Andrés et deux dans les îles de Providencia. Corales de Paz, Help2Oceans et le Mouvement environnementaliste colombien sont à l'origine du projet "Más Grande, más efectivo" (Plus grand, plus efficace) qui cherche à redonner vie aux récifs de coreaux de l'archipel colombien. "La culture de colonies de corail est un processus lent et complexe, mais donne de bons résultats" affirme Daniel Florio, moniteur de plongée et collaborateur de l'initiative. 

Pour le moment, tout a une couleur verdâtre et une apparence visqueuse. Certaines semences ont des formes de cactus, d'autres ressemblent à des bouts de gingembre et le reste paraît être une culture d'artichauts. Elles sont petites et ne grandiront pas plus d'un centimètre par an, mais avec leur apparence insignifiante, elles sont le noyau de tout un univers.








U N E   F L O R E    D A N S   U N   E T A T   C R I T I Q U E

La biodiversité de la Colombie ne se reflète pas seulement dans ses écosystèmes mais aussi dans la grande quantité d'êtres vivants qui y habitent. L'intervention irresponsable et exagérée de l'homme, dans la majorité des régions, a laissé une trace profonde sur la flore et la végétation du pays. 

Bien qu'il existe plus de 40.000 espèces végétales en Colombie, on s'est basé uniquement sur un échantillon de 1.853 espèces pour étudier leur état de conservation. Les résultats, compilés dans cinq volumes de livres rouges des plantes en Colombie, ont abouti au constat que 665 de ces espèces se trouvent menacées d'extinction. Selon cette étude, les espèces qui contiennent du bois sont les plus menacées en raison de leur valeur commerciale.

  • Les orchidées : Il s'agit d'une énorme famille où existent jusqu'à 60.000 espèces, très diverses entre elles. En Colombie, 202 espèces ont été enregistrées, localisées dans tout le territoire national, dont 54 sont menacées. Selon l'étude, l'intrusion dans leur habitat et les troubles occasionnés par l'homme ont engendré des modifications intolérables pour l'espèce.


  • Les frailejones : Ce sont des espèces complexes qui se trouvent dans les hauts-plateaux de Colombie. Ils se chargent de recueillir l'eau de la brume et de la conserver dans les époques de sécheresse. Ils ont une grande faculté d'adaptation aux changements de leur environnement et pourtant, sur les 68 espèces enregistrées dans le pays, 36 sont menacées et 7 se trouvent en situation critique, principalement à cause de l'élevage et de l'expansion agricole.


  • Les palmiers : Il s'agit de plantes qui atteignent une grande hauteur, caractérisées par les anneaux qui entourent leur tronc, qui d'ailleurs représentent leur âge. En Colombie, un nombre important de palmiers sont endémiques, c'est à dire, uniques dans le pays. Des facteurs comme l'élevage intensif et l'invasion d'autres espèces les ont considérablement affectés. Parmi les 213 espèces enregistrées, 83 sont menacées et six se trouvent en danger critique.


  • Les sauges : Elles forment une famille d'herbes et d'arbustes, dont un nombre important ont des propriétés médicinales ou gastronomique. Parmi les 203 espèces qui se trouvent dans le pays, 162 sont endémiques et 72 sont menacées.


  • Les bromélias : Ce sont des plantes qui ont une grande capacité d'adaptation pour pousser sur des roches, des arbres ou des cactus. Leurs feuilles accumulent l'eau et la matière organique, ce qui leur permet de servir d'habitat pour différentes espèces d'insectes et d'araignées. Selon le rapport Colombia Viva 2017, 160 des 492 espèces sont menacées principalement à cause de l'agriculture et de l'élevage.


  • Les passiflores : Il s'agit d'une gigantesque famille de plantes situées dans le monde entier, sauf dans l'Antarctique. Les Andes colombiennes sont un habitat parfait pour ces plantes qui se caractérisent par une grande diversité de fleurs très colorées. En Colombie, il existe 154 espèces de Passiflores enregistrées et 23 d'entre elles se trouvent menacées, principalement par des activités agricoles.





LE PALMIER A CIRE : UN SURVIVANT DEVENU MECANISME DE RECONCILIATION

Alors que cette plante était au bord de la disparition, le département du Tolima et différents secteurs de cette région ont misé sur sa conservation. Aujourd'hui, ce symbole national a rajeuni et est devenu un symbole de résilience.

"Quand Alexander Von Humboldt a exploré le département du Tolima, il s'est trouvé face à ce qu'il a appelé "un bois dans un autre bois", en voyant les feuillages et la splendeur des palmeraies sur la route entre Ibagué et Cartago" explique Jaime Cacéres, un habitant du hameau de Toche, situé à Ibagué. Comme lui, des centaines de tolimenses (les habitants du Tolima) sont très fiers de parler de leur territoire, particulièrement quand il s'agit de la plante emblématique qui embellit leurs paysages : le palmier de cire.

Jaime explique qu'"un palmier à cire met environ cent ans pour devenir adulte" et souligne l'importance de sa culture pour les paysages de son département et de ceux du Quindio, où il pousse également. Après une brève pause, un souvenir lui revient qui réveille son émotion : "Il fut un temps où la culture du palmier à cire était interdite et inexplorée. Par ici, il y avait des groupes hors la loi qui campaient et il était impossible d'accéder au territoire". La zone dont il parle, proche du cañon de Las Hermosas, au sud-est du Tolima où le conflit armé était historiquement présent, était une zone de repli du 21ème front des FARC. C'est pourquoi le palmier à cire était relégué dans les projets de durabilité et de conservation, bien qu'il ait été déclaré "Arbre national" et symbole patriotique de la Colombie par la loi 61 de 1985.

Mais ce n'est pas la seule difficulté qu'a dû affronter le palmier qui atteint en moyenne 70 mètres de hauteur. La célébration religieuse du "Dimanche des Rameaux" l'a décimé pendant toute une période au cours de laquelle la taille sans limite correspondait à une offrande religieuse, où les feuilles de palme étaient sensées recréer les rameaux qui accompagnaient l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem. La situation ne mettait pas seulement en danger la plante elle-même, mais aussi les espèces qui dépendent d'elle, comme le perroquet aux oreilles jaunes qui habite dans ses branches. C'est pourquoi, depuis 2001, la fondation ProAves a lancé la campagne "Réconcilie-toi avec la nature" dont l'objectif est de sensibiliser les habitants des territoires sur l'importance du palmier à cire et la problématique de son exploitation démesurée.

"Réconcilie-toi avec la nature" cherche à travailler sur la sensibilisation des habitants de la région, en lien avec les mairies, les corporations autonomes, différentes instances publiques et privées, et des institutions éducatives. A travers la pédagogie de la conservation, différentes alternatives ont été proposées pour changer les pratiques religieuses pendant la célébration du Dimanche des Rameaux.

Par exemple, à Roncesvalle, dans le Tolima, la campagne a compté sur la participation de près de 500 habitants qui ont reçu différents types de fleurs, de plantes et de graminées, comme alternatives d'offrande religieuse pendant la semaine sainte. Dans cette municipalité, on a commencé à consolider le changement de mentalité proposé par ProAves sur le palmier à cire. Le secrétaire au développement rural de Roncesvalle, William Manuel Romero, affirme que : "C'est un de nos arbres importants pour la municipalité et il se trouve dans une période de récupération et d'attention. Nous prenons conscience que cet arbre se trouve en voie d'extinction, et donc, avec l'Armée et la Mairie, nous développons des pépinières pour améliorer les cultures".

L'ingénieur Romero explique que la première chose à faire pour ces projets, c'est de bien choisir le micro-climat pour la pépinière, qui doit se situer en altitude. Ensuite, on choisit les semences qui seront apportées à la pépinière et on fait les plantations. "La population a pris conscience et a vu qu'il était important de maintenir la culture de ces arbres qui sont des symboles pour nous, c'est pourquoi ils collaborent même au recueil des semences pour les porter à la pépinière"

Le changement de mentalité à Roncesvalle a conduit la commune à devenir une des pionnières des projets de conservation du palmier à cire. De fait, au niveau culturel, ce bourg en est déjà au "XIIIème Festival du Perroquet aux oreilles jaunes et de la Palme à cire, et c'est devenu une tradition culturelle" selon le secrétaire à la Culture de la municipalité, Carlos Aguirre.

Au delà de ses problématiques et de son importance symbolique au niveau national, le palmier à cire est considéré aujourd'hui comme un outil de transformation sociale car il a aidé à dépasser les conflits du passé dans le territoire, tandis qu'il créait une conscience environnementale pour le futur chez les habitants. Avec des initiatives comme "Réconcilie-toi avec la nature", on garantit la protection de cette espèce végétal admirable qui pendant des générations a été, comme l'explique Carlos Aguirre, "le symbole qui appelle les gens à connaitre le paradis dans lequel nous vivons".










U N E   F A U N E    D A N S   U N   E T A T   C R I T I Q U E

La position géographique et la variété des climats de notre pays rendent possible la vie de milliers d'espèces animales. Mais beaucoup d'entre elles sont en danger à cause de l'intervention humaine, principalement parce qu'à mesure que s'étendent les villes et villages, les lieux qui servent d'habitat aux animaux se réduisent.

Selon le rapport Colombia Viva 2017 : "parmi les 284 espèces d'animaux terrestres dans les livres rouges (44 insectes, 4 araignées, 54 amphibiens, 29 reptiles, 125 oiseaux et 28 mammifères), 41 espèces sont en danger critique, 112 sont menacées et 131 sont vulnérables". Les amphibiens sont le groupe qui enregistre le plus gros pourcentage de risque, car sur les 54 espèces analysées, 13 se trouvent en situation critique, 25 en grave danger et 16 sont vulnérables.

  • Les abeilles : Ces insectes volants jouent un rôle fondamental dans la reproduction de la flore puiqu'ils sont chargés de la pollinisation. Selon le Livre Rouge des espèces menacées en Colombie, "les 11 espèces d'abeilles menacées (4 en état critique, 4 en situation de risque et 3 vunérables) sont un indicateur alarmant dans l'altération des fonctions critiques des écosystèmes".


  • Les grenouilles : Ce sont des amphibiens très menacés par le changement climatique et la déforestation de leur habitat. Les jungles du Pacifique en Colombie est l'unique lieu du monde où se trouve la grenouille poison dorée, considérée comme l'animal le plus vénéneux de la planète et, actuellement, dans un état critique de conservation. 



  • Les colibris : Considérés comme les oiseaux les plus petits de la planète, ils se caractérisent par leurs couleurs vives et leur large bec qu'ils utilisent pour extraire le nectar des fleurs. Ce sont les uniques animaux capables de se suspendre dans l'air et ils battent des ailes entre 80 et 200 fois par seconde. Actuellement, trois colibris se trouvent en état critique et quatre sont menacés. 



  • Les perroquets : Ces oiseaux colorés sont considérés comme un des animaux les plus intelligents de la planète. Actuellement, leur capture pour être vendu dans le trafic d'animaux exotiques est le principal facteur de menace pour cette espèce, comme celui de la déforestation. 



  • Les tortues : Ces reptiles pourvus d'une grosse et forte carapace de protection se trouvent en état critique en raison de facteurs comme l'urbanisation, l'agriculture et la chasse. 





UN JEU POPULAIRE QUI SAUVE LES GRENOUILLES

Ses yeux noirs qui sortent des orbites sont trop grands pour sa petite tête triangulaire. Avec ses longues pattes qui se terminent par 3 doigts à ventouse, elle est capable de sauter jusqu'à 6 mètres de distance et de s'accrocher aux feuilles et aux branches. Ce n'est pas un monstre mais se trouver en sa présence peut être mortel.

Avec seulement cinq centimètres, la phyllobates terribilis ou grenouille poison dorée, est considérée comme le vertébré le plus toxique de la planète. Sa peau brillante et de couleur jaune est imprégnée d'un puissant venin qui paralyse les muscles de qui la touche, en causant une mort lente et douloureuse.

Elle habite dans les forêts pluvieuses du Pacifique Colombien, dans les zones du Darién, du Cauca et du Chocó où elle est endémique. Elle utilise ses couleurs pour avertir ses possibles prédateurs de sa toxicité et elle se cache dans les pierres et les mares de la jungle. 

Pourtant, il ne s'agit pas de la grenouille la plus populaire du pays. En Colombie, il existe une autre grenouille, en bois, qui reste immobile dans l'attente qu'un ou plusieurs anneaux métalliques lui tombent dans la bouche. On la trouve facilement dans les cantines et les bars des quartiers où, contrairement à la grenouille poison dorée, elle ne fait pas peur mais provoque plutôt de la sympathie et du divertissement.

Cette grenouille est un jeu qui pourrait être considéré comme un Patrimoine Culturel de la Nation en raison de son histoire et de sa place dans toutes les familles colombiennes. Alors qu'elle a une grande popularité parmi ceux qui fréquentent les bars et les tavernes, c'est une amie qui ne peut manquer dans les excursions et les vacances dans les terres chaudes, où on mise sur qui obtiendra le plus de points et atteindra la fameuse "moñona" (le gros lot).

"Une grenouille avec qui, contrairement à la grenouille terribilis, on peut jouer" : Voilà le message que l'agence de publicité Habas, en lien avec la fondation ProAves et des entités comme l'Université Nationale, le Parc Explora de Medellín, la maison de production The Zoo Films, entre autres, sont chargés d'apporter dans les zones où la grenouille se trouve la plus menacée, en soulignant que, "avec la grenouille terribilis, on ne joue pas".

Timbiquí est une petite commune qui se baigne dans les eaux de l'Océan Pacifique et se réveille entre roucoulements et coups de marimba. Ses cours d'eaux vifs et chargés d'or sont contaminés de mercure à cause de l'activité minière illégale et ses poumons forestiers commencent à manquer d'air à cause de la déforestation. Mais, pendant que certains cherchent de l'or dans les eaux et du bois précieux dans les arbres, d'autres cheminent dans la forêt à la recherche d'un trésor différent. Le venin de la grenouille terribilis ne suffit pas à la tenir en sécurité et l'être humain est chargé de la chasser jusqu'à en faire une espèce en voie d'extinction.

Une fois que cet animal est attrapé, son prix oscille entre les 15.000 et les 800.000 mille pesos à Timbiqui, mais peut dépasser les 2.000 euros quand il arrive dans le vieux continent. Sa valeur vient du fait que ce poison qui devrait la rendre invincible, permet d'obtenir un médicament beaucoup plus efficace que la morphine.

Partant de cette problématique, l'initiative "Grenouilles qui sauvent des Grenouilles" est arrivée à Timbiquí, où à travers différents ateliers et formations, on a expliqué à la population l'importance de protéger ce petit animal. Le jeu populaire de la grenouille a été modifié et la grande bouche métallique a été changée pour ressembler à la grenouille dorée. Sans aucun trou permettant le passage d'anneaux métalliques, ni aucun nombre de points sur la façade qui ne puissent être ajoutés. C'est devenu un meuble pour prendre conscience qu'avec ce petit animal, jaune et coloré, on ne doit pas jouer.

"Moi je les ai vues, mon oncle les chasse dans le bois" fut une des réponses des enfants des écoles de Timbiquí, mettant en évidence que la chasse de cet animal est enracinée dans leur culture. On estime qu'environ 20 grenouilles poison sortent du pays tous les mois et que, même les têtards sont trafiqués dans les mines vidées des stylos.

"Nous savons que les chasseurs ne vont pas arrêter de chasser, mais il est important d'ouvrir les yeux sur ce problème et que les dénonciations aient lieu pour éviter qu'ils ne viennent de la population" dit Camila Osorio, une des personnes engagées dans le projet de l'agence de publicité. Le résultat de l'expérience éducative est un documentaire que l'on espère passer dans différentes salles de cinéma au niveau national, pour sensibiliser l'ensemble des colombiens sur la richesse qui habite nos forêts et l'importance de sauver la grenouille poison dorée du Pacifique.