dimanche 6 mai 2018

1ères Assises Communistes de l'Ecologie. ECOMMUNISME

Alors que nous sommes quelques un.e.s de Nanterre à avoir participé aux 1ères Assises Communistes de l'Ecologie ces 4 et 5 mai, j'ai besoin de partager le corpus qui nous a été transmis. Pour contribuer à son appropriation, nous permettre d'entrer dans le débat, être associé.e.s aux choix, et prendre notre part dans la lutte pour un futur possible.


Proposition n°1 
Prendre le pouvoir sur nos assiettes, ça commence par comprendre comment ça se passe de la fourche à la fourchette 

Production => Transformation => Distribution => Consommation


Proposition n°2 
Habitant.e.s des banlieues, nous avons droit à la Ville écologique et c'est à nous de la construire. Stop inégalités sociales et environnementales


Proposition n°3 
Face à l'URGENCE CLIMATIQUE, nous répondons par un plan local, national et européen d'actions concrètes : Développement du fret ferroviaire, gratuité des transports en commun, circuits courts agricoles et industriels, rénovation thermique du logement, etc...


Proposition n°4 
En Europe, face au green washing mensonger auxquelles s’adonnent continuellement les entreprises comme les instances nationales et la Commission européenne, nous convergeons pour rompre avec les orientations des traités européens et de la BCE afin d'éviter le désastre.



Proposition n°5  
Selon les conclusions des travaux du GIEC, la nécessité climatique impérieuse est de faire reculer très rapidement et massivement les énergies fossiles carbonées (charbon, pétrole, gaz). En France, nous nous prononçons pour un mix énergétique 100% PUBLIC diversifié (Nucléaire et ENR).


Proposition n°6
Pour une politique nationale d'aménagement du territoire qui préserve la nature et les êtres humains, nous agissons pour stopper le laisser-faire libéral contre l'écologie et le cadre de vie.



Proposition n°7
Nous militons dans l'entreprise pour un droit d'intervention des salarié.e.s et des citoyen.ne.s afin d'imposer de nouveaux modes de production qui respectent la nature et l'humain







vendredi 27 avril 2018

Pour un 1er mai internationaliste : SOMOS SUR (Ana Tijoux feat Shadia Mansour)


Pour ce 1er mai 2018, voici la traduction des paroles de la chanson d'Ana Tijoux : SOMOS SUR

Tu nous dis que nous devons nous asseoir
Mais les idées ne peuvent que nous mettre debout
Cheminer, avancer, ne pas se rendre ni reculer
Voir, apprendre, absorber comme une éponge
Personne n'est en trop, on a besoin de tous, tous comptent
Tous pour tous, tout pour nous
Tu nos dices que debemos sentarnos
Pero las ideas solo pueden levantarnos
Caminar, recorrer, no rendirse ni retroceder
Ver, aprender como esponja absorbe
Nadie sobra, todos faltan, todos suman
Todos para todos, todo para nosotros
Nous portons le grand rêve que l'empire tombe
nous le crions haut et fort, il n'y a pas le choix
ce n'est pas une utopie, c'est une joyeuse rébellion
la danse de ceux qui sont de trop, ta danse et la mienne
pour nous lever et dire : ça suffit
Ni l'Afrique, ni l'Amérique Latine ne se vendent aux enchères
avec de la terre, un casque, un crayon, fouler au pied le fiasco
provoquer un tremblement de terre social dans ce bourbier

Soñamos en grande que se caiga el imperio
lo gritamos alto, no queda mas remedio
esto no es utopía, es alegre rebeldía
del baile de los que sobran, de la danza tuya y mía
levantarnos para decir: ya basta
Ni África, ni América Latina se subasta
con barro, con casco, con lápiz, zapatear el fiasco
provocar un social terremoto en este charco
Tous ceux qui se taisent (tous)
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Todos los callados (todos)
Todos los omitidos (todos)
Todos los invisibles (todos)
Todos, to-to, todos
Todos, to-to, todos
Tous ceux qui se taisent (tous)
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Todos los callados (todos)
Todos los omitidos (todos)
Todos los invisibles (todos)
Todos, to-to, todos
Todos, to-to, todos
Nigeria, Bolivie
Chili, Angola, Porto Rico et Tunisie
Algérie, Venezuela,
Guatemala, Nicaragua, Mozambique, Costa Rica
Cameroun, Congo, Cuba, Somalie,
Mexique, République Dominicaine, Tanzanie
Tirez vous de l'Amérique Latine yanquees
français, anglais et hollandais, je te veux libre Palestine
Nigeria, Bolivia
Chile, Angola, Puerto Rico y Tunisia
Argelia, Venezuela
Guatemala, Nicaragua, Mozambique, Costa Rica
Camerún, Congo, Cuba, Somalía
México, República Dominicana, Tanzania
Fuera yanquis de América latina
franceses, ingleses y holandeses, yo te quiero libre Palestina

[Shadia Mansour]
(Donne moi le micro)
La musique est la langue maternelle du monde
Elle soutient notre existence, elle protège nos racines
Elle nous unit depuis la grande Syrie, à l'Afrique, jusqu'en Amérique Latine
Ici je suis avec Anita Tijoux
Ici je suis avec ceux qui souffrent, et non avec ceux qui t'ont vendu
Ici je suis avec la résistance culturelle
Depuis le début, hasta la victoria siempre!
Je suis avec ceux qui sont contre, ceux qui n'ont pas collaboré, ceux qui sont de notre côté
Depuis longtemps j'y ai pensé, c'est pourquoi j'ai investi sur Banksy quand Ban-Ki s'est brisé
Comme dit le refrain : "la situation a besoin d'être bercée mais en réalité la situation doit s'arrêter"
Pour chaque prisonnier politique libre, une colonie israélienne s'agrandit
Pour chaque salut, mille maisons dévastées
Ils utilisent la presse pour ce qu'ils peuvent fabriquer
Mais quand ma peine est condamnée, la voilà la réalité
(Dame el micrófono)
La música es la lengua materna del mundo
Ella apoya nuestro existencia, ella protege nuestros raíces
Ella nos une desde la gran Siria, África, hasta América Latina
Aquí estoy con Anita Tijoux
Aquí estoy con los que sufren, y no con los que te vendieron
Aquí estoy con la resistencia cultural
Desde el comienzo, hasta la victoria siempre!
Estoy con los que están en contra, con los que no colaboraron, con los que están en nuestro lado
Hace tiempo, yo he calculado, así que decidí invertir en Banksy después que Ban-Ki se quebró
Como dicen "la situación necesita ser acunada pero en realidad la situación se tiene que parar"
Por cada prisionero político libre, una colonia israelí se agranda
Por cada saludo, se retumbé mil casas
Ellos usan la prensa para que pueden fabricar
Pero cuando mi pena se condena, la realidad se presenta
Tous ceux qui se taisent (tous)
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Todos los callados (todos)
Todos los omitidos (todos)
Todos los invisibles (todos)
Todos, to-to, todos
Todos, to-to, todos
Tous ceux qui se taisent (tous)
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Todos los callados (todos)
Todos los sometidos (todos)
Todos los invisibles (todos)
Todos, to-to, todos
Todos, to-to, todos
Pillage, saccage, colonisation, Matías Catrileo, Wallmapu
Mille fois nous vaincrons, du ciel au sol, du sol au ciel
Allons, sau, sau, sau, sau, sau, sau, sau, sautant
Petit Cheval Blanc, repars dans ton village
Nous n'avons pas peur de toi, nous avons la vie et le feu
le feu de nos mains, le feu de nos yeux
Nous avons tant de vie, et jusqu'à la force couleur rouge
La petite Marie ne veut pas de ton chatiment
Elle va se libérer avec le sol palestinien
Nous sommes Africains, Latinoaméricains
Nous sommes ce Sud et nous nous tendons la main

Saqueo, pisoteo, colonización, Matías Catrileo, Wallmapu
Mil veces venceremos, del cielo al suelo, y del suelo al cielo
vamos, sa, sa, sa, sa, sa, sa, sa, saltando
Caballito Blanco, vuelve pa' tu pueblo
no te tenemos miedo tenemos vida y fuego
fuego nuestras manos, fuego nuestros ojos
tenemos tanta vida, y hasta fuerza color rojo
La niña María no quiere tu castigo
se va a liberar con el suelo Palestino
Somos Africanos, Latinoamericanos
somos este sur y juntamos nuestras manos
Tous ceux qui se taisent (tous)
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Todos los callados (todos)
Todos los omitidos (todos)
Todos los invisibles (todos)
Todos, to-to, todos
Todos, to-to, todos
Tous ceux qui se taisent (tous)
Tous les oubliés (tous)
Tous les invisibles (tous)
Tous, tou-tou, tous
Tous, tou-tou, tous
Todos los callados (todos)
Todos los sometidos (todos)
Todos los invisibles (todos)
Todos, to-to, todos
Todos, to-to, todos

samedi 10 février 2018

Renforcer la bataille électorale et la lutte pour un changement politique démocratique


Résolution du Comité Central du Parti Communiste Colombien

Le Comité Central du Parti Communiste Colombien réuni le 3 février dernier a décidé de renforcer le travail de la campagne électorale en soutenant la liste unitaire Decentes, où la candidate du PCC et de la UP est Aida Avella, et il a décidé de soutenir la candidature présidentielle de Gustavo Petro. Il a réclamé des garanties politiques et des garanties de sécurité pour la campagne électorale du parti FARC, pour ses candidats aux législatives et son candidat présidentiel Rodrigo Londoño. La voie vers le premier tour est de réussir une grande convergence démocratique avec une candidature présidentielle et un programme commun (editorial VOZ).

Le Comité Central du Parti Communiste Colombien s'est réuni pour examiner les nouveaux faits politiques dans le contexte des élections parlementaires et présidentielles pour la période 2018-2022.

Alors que la signature et le début de la mise en oeuvre de l'Accord Final de Paix ont eu lieu il y a plus d'un an, le bilan est précaire. Sur 34 engagements législatifs, seuls 12 ont été concrétisés. La réforme politique, celle du système des partis et celle du système électoral, a été avortée. Le naufrage des 16 circonscriptions spéciales de paix a été orchestré. En dehors du surgissement et de la participation du parti FARC considérée comme fait novateur, la campagne politique actuelle a lieu avec les mêmes normes et les limitations traditionnelles. La confrontation est plus aigüe avec les facteurs qui cherchent à inverser et vider de sens la JEP (Juridiction Spéciale pour la Paix), et empêcher le démantèlement du paramilitarisme, ce qui empêche de garantir et de protéger l'activité politique et la vie des ex-combattants.

Paradoxalement, la banqueroute éthique des élites politiques traditionnelles qui se reflète dans les scandales de corruption permanents, qui concernent toutes les branches du pouvoir et ses hauts dignitaires ; comme la crise sociale profonde dérivée de l'orientation économique néolibérale mise en oeuvre par les gouvernements de droite, coupables de la pauvreté, du chômage, du travail informel,  ou du manque d'opportunités pour la jeunesse, ouvrent un champ du possible politique, pour un projet alternatif avec un programme de réformes avancées.

Le renforcement de la violence paramilitaire, de même que le traitement militariste de la protestation sociale, font partie de la même stratégie du bloc de pouvoir dominant qu'il est nécessaire de vaincre par l'unité, l'intelligence et la plus large participation populaire dans les différents champs de la lutte idéologique et sociale, comme sur le champ politique électoral. L'offensive anticommuniste prétend réveiller la peur de la paix, des changements et elle stimule la haine contre les anticonformistes et la gauche. C'est pourquoi ils utilisent sans cesse l'expression vide "castrochaviste" pour entacher les forces qui défendent le vivre ensemble et les réformes démocratiques...

Et ce n'est pas qu'en Colombie. Au Brésil, ils cherchent à emprisonner Lula pour barrer sa candidature présidentielle. La consultation en Equateur cherche à annuler politiquement Correa. Au Venezuela, Trump et ses alliés, avec Santos parmi eux, cherchent à ne pas reconnaître l'Assemblée Nationale Constituante et les élections présidentielles, qu'ils réclamaient tant auparavant. Nous sommes solidaires de l'Amérique Latine, ses luttes et ses avancées sont les nôtres.

Dans ces conditions, les résultats électoraux seront déterminants dans la vie des colombiennes et des colombiens à moyen et long terme. Les forces du passé cherchent à normaliser une nouvelle version de l'Etat paramilitaire. Et donc, la lutte pour la paix intégrale avec justice sociale et les changements économiques, sociaux et politiques, ont besoin d'un groupe parlementaire représentatif et d'un nouveau gouvernement démocratique. Dans ce contexte, le Comité Central du Parti Communiste réaffirme sa conception unitaire et approuve les orientations basiques pour l'action de toutes et tous ses militants et dirigeants :

1. Appeler le mouvement populaire et ses expressions sociales, syndicales, agraires, ethniques, de quartier, culturelles, le mouvement des Femmes, de l'Université et de la jeunesse à assumer son engagement à cette heure cruciale, en impulser par sa mobilisation, son initiative et son soutien l'option d'un gouvernement démocratique qui consolide la paix et les réformes indispensables pour vaincre la corruption les injustices et les crimes contre la vie.

2. Persister dans l'organisation d'une grande coalition ou convergence politique et sociale pour la Présidence de la République, capable de définir une candidature d'unité pour le premier tour. Dans cette perspective, participer et inviter à participer activement d'autres secteurs de gauche et des secteurs citoyens progressistes à la Consultation Présidentielle de la Décence, pour définir le candidat présidentiel entre les candidats Gustavo Petro et Carlos Caicedo qui, avec des expériences et des parcours différents, partagent un programme commun d'engagements dans la lutte contre la corruption, en faveur des réformes et pour la paix.

3. Soutenir comme point fondamental de cette consultation populaire, la diffusion et le renforcement dans le débat public des 6 points programmatiques suivants :
  • a. Un nouveau modèle économique qui élimine la forte concentration de la richesse pour pouvoir en finir avec la misère.
  • b. De profondes réformes sociales qui garantissent un socle de protection sociale pour tous les colombiens, spécialement la population rurale.
  • c. La gratuité de l'éducation supérieure publique et une politique bien conçue en matière de sciences et de technologies.
  • d. Environnement et technologies propres. On créera dans le pays une conscience pour affronter les risques du changement climatique, avec des mesures de prévention, d'atténuation et d'adaptation.
  • e. Autonomie régionale et efficience de l'Etat. Ainsi que garantir un Etat qui respecte les droits des citoyens avec zéro corruption.
  • f. Paix avec transparence et transformation sociale. Respecter et mettre en oeuvre fidèlement l'Accord de Paix signé au Théâtre Colon ; renouveler le dialogue et le cessez-le-feu bilatéral entre le gouvernement et l'ELN ; ouvrir le dialogue avec l'EPL.
4. La Consultation Présidentielle de la Décence a un rôle central dans la tactique électorale et exige un grand effort de conviction et de mobilisation citoyenne. Gustavo Petro et Carlos Caicedo contribuent avec patriotisme et générosité à cet exercice démocratique en fonction du projet unitaire présent et futur. Sur la base des contenus programmatiques énoncés ci-dessus, plus la consultation des directions départementales du Parti, la délibération du Comité Central, et du Comité Exécutif National de la UP, nous soutenons la candidature de Gustavo Petro dans la consultation du 11 mars. Nous reconnaissons le parcours de Pétro, un dirigeant au talent démocratique et progressiste, engagé dans la défense des accords de paix et la lutte contre la corruption, avec la capacité d'appeler aujourd'hui de larges secteurs citoyens indignés par la politique traditionnelle. Dans le Magdalena, le César et la Guajira, au vu de l'apport politique significatif et important de Carlos Caicedo à la lutte régionale démocratique et progressiste, les accords établis précédemment sont maintenus.

5. Défendre par la mobilisation et la pression populaire le droit constitutionnel des listes de coalitions et donc, redoubler nos efforts dans les semaines qui restent avant les élections, pour la campagne au Sénat pour la Liste de la Décence de notre candidate Aida Avella Esquivel n° #5 sur le bulletin électoral. Conquérir cette représentation est un apport très important au groupe parlementaire de la paix dans cette corporation et une reconnaissance historique de la lutte du Parti Communiste et de l'Union Patriotique.

6. Renforcer la campagne des candidats de la UP à la chambre des représentants et de leurs alliés dans les 21 départements du pays. Cet effort ne sera pas seulement récompensé par la possibilité de conquérir de nouvelles représentations mais aussi par le travail politique, social et organisationnel qui permet de renforcer la présence du PCC, de la UP et de ses alliés dans les territoires, avec la perspective de consolider les luttes sociales et politiques du moment avec une vision du futur.

7. Le PCC soutient le droit à la participation politique des militants de la FARC, élément fondamental du respect de ce qui a été accordé, et rejette les prétentions de l'extrême droite qui veut empêcher la participation politique des principaux dirigeants de la FARC. Il exige de l'Etat toutes les garanties nécessaires pour l'opposition politique et sociale. Bien que les circonstances politiques n'aient pas permis une participation conjointe de toutes les forces de gauche et des forces démocratiques dans des listes et des candidatures unitaires, le Comité Central salue fraternellement les aspirations des autres organisations du camp démocratique, particulièrement, les candidatures de la Force Alternative Révolutionnaire du Commun, FARC, au Congrès de la République, et de Timoleón Jimenez à la Présidence.

8. Finalement la plénière du Comité Central souligne le travail des militants du Parti, de la Jeunesse Communiste, de l'Union Patriotique et de ses alliés dans le pays et à l'extérieur qui, avec persistance et discipline, malgré les adversités et l'absence de garanties, montrent la présence vivante et persistante du collectif de lutte, unitaire, à un moment si important pour le pays et pour la lutte du peuple colombien.

Unissons toutes les forces de la paix, du vivre ensemble et la justice sociale pour un gouvernement réellement démocratique !
Participons massivement à la Consultation Présidentielle de la Décence !
Vive les listes de la Décence et de l'Union Patriotique au Congrès de la République !
Vive le Parti Communiste Colombien !

Bogotá, 3 février 2018.

Con mucho cariño para @AidaAvellaE desde Francia :


Pour le libre droit à agir en démocratie

Communiqué du Parti Communiste Colombien
www.pacocol.org

Les agressions répétées contre les militants et les dirigeants du parti FARC indiquent qu'une action systématique, programmée et organisée est encouragée par les porte-paroles de l'extrême droite.

Contrairement aux affirmations de Rafael Pardo, ministre du post-conflit, et à l'éditorial du journal "El Espectador" du 6 février dernier, il n'y a rien de spontané dans ces attaques. Il est surprenant que de hauts fonctionnaires, des éditorialistes et les provocateurs coïncident dans l'atténuation de la gravité de conduites qui en viennent à favoriser des délits portant atteinte à la liberté de réunion, à l'expression citoyenne et qui encouragent des soulèvements mettant en danger la vie et l'intégrité de compatriotes, ou provoquent des dommages sur des biens immeubles et des véhicules.

Il est encore plus étonnant que le Code de Police qui s'applique avec une rigueur extrême sur les manifestations civiques, les mobilisations étudiantes, les actions des vendeurs ambulants ou les marches paysannes, se montre si tolérant face aux agressions violentes contre ceux qui ont décidé d'agir en démocratie.

L'ordre de "ne pas réagir" donné par la Direction de la Police facilite l'attaque, le vandalisme et les délits commis par les agresseurs fascistes. Les événements condamnables qui ont eu lieu ce 7 février à Cali et à Yumbo appellent à un revirement qui rende effectives les garanties de sécurité pour tous.

Le Parti Communiste Colombien condamne ces faits et signale la responsabilité du gouvernement national dont la chaîne de commandement a permis que de telles violations contre les droits et libertés fondamentales portent de nouveau atteinte à la consolidation de la paix et de la justice sociale que réclame le peuple colombien.

Il exige que le Ministère Public enquête sur une éventuelle participation de fonctionnaires et d'agents des services du renseignement intérieur dans l'organisation et la promotion de ce genre d'actes.

Il appelle à la solidarité active face aux exactions de ceux qui prétendent légitimer la stigmatisation, le harcèlement et la menace comme moyen d'action.

Parti Communiste Colombien
Jaime Caycedo Turriago
Secrétaire Général

mardi 16 janvier 2018

La nouvelle 11ème thèse


Par Carlos Boaventura de Sousa Santos
Source : Blog Publico

En 1845, Karl Marx a écrit les célèbres Thèses sur Feuerbach. Rédigé après les Manuscrits économiques et philosophiques de 1844, le texte constitue une première formulation de l'intention marxienne : Construire une philosophie matérialiste centrée sur la praxis transformatrice, radicalement différente de ce qui était dominant à l'époque, et dont le principal représentant était Ludwig Feuerbach. Dans la célèbre onzième thèse, la plus connue de toutes, il déclare : "Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer". Le terme "philosophes" est utilisé au sens large, en référence aux producteurs de connaissance érudite, incluant aujourd'hui toute la connaissance humaniste et scientifique considérée comme fondamentale, en opposition aux sciences appliquées.

Au début du XXIe siècle, cette thèse pose deux problèmes. Le premier, c'est qu'il n'est pas vrai que les philosophes se soient employés à contempler le monde sans que leur réflexion n'ait eu d'impact sur la transformation du monde. Et même si cela a eu lieu quelque fois, cela a cessé avec le surgissement du capitalisme ou, plus largement, avec l'émergence de la modernité occidentale, surtout à partir du XVIe siècle. Les études sur la sociologie de la connaissance des cinquante dernières années ont prouvé que les interprétations du monde dominantes à une époque donnée sont celles qui légitiment, rendent possibles ou facilitent les transformations sociales menées par les classes ou les groupes dominants.

La conception cartésienne de la dichotomie nature/société ou nature/humanité en est le meilleur exemple. Concevoir la nature et la société (ou l'humanité) comme deux entités, deux substances selon la terminologie de Descartes, totalement différentes et indépendantes l'une de l'autre, comme la dichotomie corps/âme, et construire sur cette base tout un système philosophique est une innovation révolutionnaire. Cela choque le "sens commun", car nous n'imaginons pas d'activité humaine sans la participation d'un certain type de nature, en commençant par la capacité et l'activité d'imaginer qui a , elle-même, une composante cérébrale, neurologique. De plus, si les êtres humains ont une nature, la nature humaine, il sera difficile d'imaginer que cette nature n'a rien à voir avec la nature non humaine. La conception cartésienne a évidemment de nombreux antécédents, depuis les textes les plus antiques de l'Ancien Testament (le livre de la Genèse) jusqu'aux plus récents de Francis Bacon, qui fut presque son contemporain, et qui considérait que la mission de l'être humain est de dominer la nature. Mais ce fut Descartes qui a conféré au dualisme la consistance de tout un système philosophique.

Le dualisme nature/société, selon lequel l'humanité est totalement indépendante de la nature et la nature est également indépendante de la société, est tellement constitutive de notre manière de penser le monde, notre présence et notre insertion au monde, que penser de manière alternative est quasiment impossible, même si le sens commun nous rappelle que rien de ce que nous sommes, pensons ou faisons, ne peut se soustraire en soi de la nature. Pourquoi alors, dans les milieux scientifiques et philosophiques, cette prévalence et cette quasi évidence de la séparation totale entre nature et société ? Aujourd'hui, il est démontré que cette séparation, aussi absurde qu'elle puisse paraître, a été une condition nécessaire à l'expansion du capitalisme. Sans cette conception, il n'aurait pas été possible de légitimer les principes d'exploitation et d'appropriation sans fin qui ont guidé l'entreprise capitaliste depuis le début.

Le dualisme contenait un principe de différenciation hiérarchique radicale entre la supériorité de l'humanité/société et l'infériorité de la nature, une différenciation radicale qui se basait sur une différence constitutive, ontologique, inscrite dans les plans de la création divine. Cela a permis que, d'un côté, la nature se transforme en une ressource naturelle inconditionnellement disponible pour l'appropriation et l'exploitation au bénéfice exclusif de l'être humain. Et d'un autre côté, que tout ce qui est considéré comme nature, soit objet d'appropriation dans les mêmes termes. C'est à dire que la nature, au sens large, englobait des êtres qui, étant si proches du monde naturel, ne pouvaient pas être considérés pleinement humains.

De cette manière, on a reconfiguré le racisme pour signifier l'infériorité naturelle de la race noire et donc, la conversion "naturelle" des esclaves en marchandises. Ce fut l'autre conversion dont n'a jamais parlée le père António Vieira (fameux jésuite portugais, 1608-1697), mais qui fut présuposée dans toutes les autres conversions dont il parla brillamment dans ses sermons. L'appropriation est devenue l'autre face de la surexploitation de la force de travail. La même chose a eu lieu avec les femmes, en reconfigurant l'infériorité "naturelle" des femmes, qui venait de très loin, en la convertissant en condition de leur appropriation et surexploitation, qui consiste dans ce cas à l'appropriation du travail non payé des femmes qui s'occupent de la famille. Ce travail, aussi productif que l'autre, a été considéré par convention comme lié à la reproduction pour pouvoir le dévaluer, convention que le marxisme a rejeté. Depuis lors, l'idée d'humanité en est venue à coexister nécessairement avec l'idée de sous-humanité, la sous-humanité des corps racialisés et sexualisés. Nous pouvons donc conclure que la compréhension cartésienne du monde était impliquée jusqu'à la moelle dans la transformation capitaliste, colonialiste et patriarcale du monde.

Dans ce cadre, la onzième thèse sur Feuerbach pose un deuxième problème. Pour affronter les graves problèmes du monde d'aujourd'hui, qui vont des niveaux choquants d'inégalité sociale à la crise environnementale et écologique, au réchauffement global irrésistible, la désertification, le manque d'eau potable, la disparition des régions côtières, des événements "naturels" extrêmes, etc... : il n'est pas possible d'imaginer une pratique transformatrice qui puisse résoudre ces problèmes sans une autre compréhension du monde. Cette autre compréhension doit recueillir, de manière nouvelle, le "sens commun" de la mutuelle interdépendance entre l'humanité/la société et la nature. C'est une compréhension qui part de l'idée qu'au lieu de substances, il y a des relations entre la nature humaine et toutes les autres natures, que la nature est inhérente à l'humanité et que l'inverse est également vrai. Et que c'est un contresens de penser que la nature nous appartient, si nous ne pensons pas, de manière réciproque, que nous appartenons à la nature.

Ce ne sera pas facile. Contre la nouvelle compréhension et donc, contre la nouvelle transformation du monde, de nombreux intérêts agissent, bien enracinés dans les sociétés capitalistes, colonialistes et patriarcales dans lesquelles nous vivons. Comme je l'ai démontré, la construction d'une nouvelle construction du monde sera le résultat d'un effort collectif et d'une époque, c'est à dire, qu'il aura lieu au sein d'une transformation paradigmatique de la société. La civilisation capitaliste, colonialiste et patriarcale n'a pas de futur, et son actualité démontre qu'elle ne survit que par la voie de la violence, la répression, les guerres déclarées et non déclarées, l'état d'exception permanent, la destruction sans précédents de ce que l'on continue à considérer comme une ressource naturelle, et donc, disponible sans limites. Ma contribution personnelle dans cet effort collectif a consisté dans la formulation de ce que j'appelle les épistémologies du Sud. Dans ma conception, le Sud n'est pas un lieu géographique, c'est une métaphore pour désigner les connaissances construites dans les luttes des opprimés et des exclus contre les injustices systémiques causées par le capitalisme, le colonialisme et le patriarcat, tout en sachant évidemment que beaucoup de ceux qui constituent le sud épistémologique ont vécu et vivent aussi dans le sud géographique.

Ces connaissances n'ont jamais été reconnues comme des apports pour une meilleure compréhension du monde par les titulaires de la connaissance érudite ou académique, qu'elle soit philosophique, du domaine des sciences sociales ou des sciences humaines. C'est la raison pour laquelle l'exclusion de ces groupes a été radicale, une exclusion abyssale, qui a résulté de la ligne abyssale qui a séparé le monde entre les pleinement humains, où n'est possible que l'exploitation (la sociabilité métropolitaine), et le monde des sous-humains, populations jetables où sont possibles l'appropriation et la super-exploitation (la sociabilité coloniale). Une ligne et une division qui prévalent depuis le XVIe siècle jusqu'à aujourd'hui. Les épistémologies du Sud cherchent à recueillir les connaissances produites de l'autre côté de la ligne abyssale, le côté colonial de l'exclusion, afin de pouvoir les intégrer dans de larges écologies de savoirs où elles pourront interagir avec les connaissances scientifiques et philosophiques, afin de construire une nouvelle compréhension/transformation du monde.

Ces connaissances -jusqu'à maintenant invisibles, ridiculisées, supprimées- ont été produites tant par les travailleurs qui ont lutté contre l'exclusion non abyssale (zone métropolitaine), comme par les nombreuses populations aux corps racialisés et sexualisés en résistance contre l'exclusion abyssale (zone coloniale). En se centrant particulièrement sur cette dernière zone, les épistémologies du Sud portent une attention spéciale aux sous-humains, celles et ceux qui ont précisément toujours été considérés les plus proches de la nature. Les connaissances produites par ces groupes, avec leur immense diversité, sont étrangères au dualisme cartésien et, au contraire, conçoivent la nature non-humaine comme profondément impliquée dans la vie sociale-humaine, et vice-versa. Comme disent les peuples indigènes des Amériques : "La Nature ne nous appartient pas, c'est nous qui appartenons à la Nature". Les paysans du monde entier ne pensent pas de manière très différente. Et il en arrive de même avec des groupes chaque fois plus nombreux de jeunes écologistes urbains partout dans le monde.

Cela signifie que les groupes sociaux les plus radicalement exclus par la société capitaliste, colonialiste et patriarcale, parmi lesquels beaucoup furent considérés comme des résidus du passé en voies d'extinction ou de blanchiment, sont ceux qui, du point de vue des épistémologies du Sud, sont en train de nous montrer une porte vers l'avenir, un futur digne de l'humanité, et de toutes les natures humaines et non humaines qui la composent. Faisant partie d'un effort collectif, les épistémologies du Sud sont un travail en cours, encore embryonnaire. Dans mon cas, je pense que jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pas réussi à exprimer toute la richesse analytique et transformatrice contenue dans les épistémologies du Sud que je propose. J'ai souligné que les trois modes principaux de domination moderne - la classe (capitalisme), la race (racisme) et le sexe (patriarcat)- agissent en s'articulant et que cette articulation varie avec le contexte social, historique et culturel, mais je n'ai pas porté suffisamment d'attention au fait que ce mode de domination s'appuie tellement sur la dualité société/nature, que sans le dépassement de cette dualité, aucune lutte de libération ne peut être un succès.

Dans ce contexte, la nouvelle onzième thèse devrait avoir une formulation de ce type : "Les philosophes, les chercheur.e.s en sciences sociales et les humanistes doivent collaborer avec tou.te.s celles et ceux qui luttent contre la domination, afin de créer des formes de compréhension du monde qui rendent possible des pratiques de transformation du monde libérant conjointement le monde humain et le monde non humain". Il est certain que c'est beaucoup moins élégant que la onzième thèse originale, mais cela nous serait peut être plus utile.

Source : Blog Publico
Traduction : CM




mercredi 27 décembre 2017

Evo Morales Ayma : Le temps s'achève pour nous


Discours de Evo Morales Ayma, 
Président de l'Etat Plurinational de Bolivie
Source : http://www.cancilleria.gob.bo/webmre/node/2361

Paris, 12 décembre 2017

Frères et soeurs de la presse,

Nous sommes à Paris en réponse à l'invitation du président Emmanuel Macron, du Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Gutierrez et d'autres organismes internationaux. Je profite de cette opportunité pour faire connaitre la position bolivienne sur ce Sommet de la Planète, qui représente un sommet pour la vie, pour l'humanité. Je salue le grand effort du président français qui, au nom de la France, au nom de la vie, nous a appelé, nous les présidents, les organismes internationaux, les experts qui étudient la vie, et particulièrement le futur des générations à venir.

Le temps s'achève pour nous. Alors que nous parlons, ouragans, tremblements de terres, inondations, sécheresses, pollution de l'air, pollution de nos océans et extinction des espèces qui en découlent, sont les conséquences directes du système actuel de production, de consommation et d'industrialisation sans mesure.

Frères et soeurs, le temps s'achève pour nous. Les 5 dernières années ont été les plus chaudes enregistrées dans l'histoire. Les concentrations de gaz à effet de serre continuent à augmenter. Le niveau de la mer continue à monter, les lagunes, les fleuves et leurs affluents sont en train de sécher. Au niveau global, la chaleur des océans atteint une température record.

La glace des deux pôles de la planète est en dessous de sa taille moyenne et nos cordillères perdent leurs couvertures blanches. Le temps s'achève pour nous. Les phénomènes extrêmes sont devenus le plus grand risque pour l'humanité en matière de santé, d'accès à l'eau et aux services de base.

Cette situation aggrave considérablement la crise humanitaire que vit l'Afrique et le Moyen Orient. Dans ma région, l'Amérique Latine et des Caraïbes, les derniers ouragans qui se sont abattus sur la Dominique, Antigua et Barbuda ont provoqué des dégâts qui atteignent 1.100 millions de dollars.

Nous devons attaquer les causes structurelles du changement climatique. Démonter le système de production qui ne se développe pas en harmonie avec la nature, modifier les modèles et la culture de la consommation sans fin, rénover notre relation avec la Mère Terre, en reconnaissant et en respectant ses droits.

Les pays qui ont plus de responsabilité historique sur les dommages à la Mère Terre doivent assumer un plus grand engagement réel et réaliser de plus gros apports.

Nous, les pays du Sud, qui étions avant des colonies et dont les ressources naturelles sont encore exploitées sans une juste rétribution, nous sommes ceux qui souffrons le plus des effets du changement climatique. Par ailleurs, nous sommes les pays qui apportons le plus en matière de réduction des gaz à effet de serre.

La Bolivie génère à peine 0.1% des gaz à effet de serre. Avec les arbres de notre Amazonie, nous capturons et nous nettoyons 2% mondial du dioxyde de carbone polluant. C'est à dire que nous apportons au monde 2% de l'oxygène de notre planète. Nous avons une équation environnementale positive, parce que nous émettons peu de gaz à effet de serre et que nous nettoyons ces gaz. Ainsi nous apportons au monde 20 fois plus d'oxygène que ce que nous polluons.

Pourtant, notre population souffre des terribles sécheresses ou inondations qui affectent sa vie quotidienne. Malgré ces difficultés, la Bolivie a investi ces dernières années plus de 1.600 millions de dollars en projets d'accès à l'eau, accomplissant ainsi les objectifs du millénaire. De plus, nous investissons maintenant 2.600 millions de dollars en diversification de nos sources d'énergie électrique avec des sources d'énergie alternatives et renouvelables.

Frères et soeurs de la presse,

Nous, les pays du Sud, nous sommes les gardiens de la Convention sur le Changement Climatique. Deux ans après la célébration de l'Accord de Paris, nous sommes à nouveau réunis, et nous débattons à nouveau sur les mêmes problèmes de blocage des financements pour une lutte efficace contre le changement climatique.

Si les pays développés ne respectent pas l'engagement de garantir les provisions pour le financement, le transfert de technologies et le développement des capacités, nous ne pourrons pas atteindre nos objectifs. Les pays industrialisés se sont engagés à faire une contribution annuelle de 100.000 millions de dollars pour ce que l'on appelle le financement climatique. Mais en deux ans, il n'y a eu l'assignation que de 10% de cette somme. 

Nous voyons avec une grande préoccupation que l'on envisage de transférer cette responsabilité au secteur privé. C'est une erreur historique gravissime. La privatisation de cette responsabilité apportera des conséquences irréversibles.

Frères et soeurs de la presse,

La privatisation est synonyme de capitalisme. On ne peut pas résoudre, avec plus de capitalisme, la crise provoquée par le capitalisme. Prétendre que ce système résolve la crise du changement climatique, c'est comme prétendre donner la responsabilité au renard de veiller sur le poulailler.

Certaines données nous montrent que, uniquement pour atténuer les effets du changement climatique, on doit investir environ 3% du PIB mondial, ce sont des données des Nations Unies. Le financement pour l'adaptation, l'atténuation, la technologie, les forêts, devrait être de 6% du produit national brut des pays développés.

Lamentablement, on dépense plus pour la guerre que pour combattre le changement climatique et ses conséquences. Un exemple clair de tout cela est ce qui arrive avec le principal pollueur de l'histoire de la planète : Les Etats-Unis. Il abandonne l'accord de Paris, méprise la communauté internationale et sa priorité, c'est la guerre, les interventions. Sa dépense militaire pour 2018 arrivera presque à 700 000 millions de dollars.

En tournant le dos à l'accord de Paris et en utilisant tant de ressources pour la guerre, les Etats-Unis ne sont pas seulement en train de construire des murs physiques entre frères, ils construisent le pire des murs dans le monde entier : le mur entre la vie et la mort, le mur qui peut priver nos générations futures de leur droit à la vie. Les Etats-Unis sont la principale menace contre la famille humaine et contre la Mère Terre.

Frères et Soeurs,
C'est pour toutes ces raisons et beaucoup d'autres que nous suggérons les tâches urgentes suivantes, ce sont nos 10 propositions pour cette conférence :

  1. Reconnaître et respecter les droits de la Mère Terre, son droit à exister et à être respectée intégralement, à maintenir ses cycles vitaux et ses processus évolutifs, à la génération, à la restauration et à la protection de ses structures génétiques.
  2. La création du Tribunal de Justice Climatique, contraignant, pour qu'il juge et sanctionne les responsables du dommage climatique.
  3. Reconnaître et solder la dette climatique historique des pays industrialisés envers la planète à cause de la sur-exploitation des ressources naturelles.
  4. Reconnaître les services basiques comme des droits humains : l'eau et l'énergie ne doivent pas être un commerce privé, mais un service public.
  5. Les ressources de la guerre doivent être re-dirigées et utilisées pour l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, elles doivent servir à faire face aux graves conséquences des catastrophes climatiques.
  6. Construire un nouvel ordre économique financier mondial, où les relations soient basées sur la complémentarité et la solidarité, et non sur le profit, l'individualisme et l'exploitation.
  7. La reconnaissance des droits des peuples du monde à accéder à égalité de conditions aux avancées de la science et de la technologie.
  8. Nous devons récupérer les savoirs ancestraux des Peuples indigènes pour vivre en harmonie avec la nature.
  9. Nous devons construire une nouveau paradigme de production, de consommation, de développement et de lien avec la Mère Terre : C'est le "Bien Vivre".
  10. Au niveau politique international, notre devoir est de défendre le multilatéralisme, l'égalité, la souveraineté des Peuples, et notre droit à la Paix, la Paix avec justice sociale, avec la dignité et la souveraineté des peuples.
Frères de la presse,

Le temps s'achève pour nous. Si nous voulons remporter ce défi global, notre lutte doit être contre le capitalisme, contre le colonialisme et contre l'impérialisme. L'être humain ne peut pas vivre sans la Mère Terre mais la Mère Terre peut mieux exister sans l'être humain.

Voici notre proposition pour cette conférence sur la planète convoquée par le président de France.
Merci beaucoup.

Paris 12 décembre 2017
Traduction : CM




L'assistante sociale / La trabajadora social

Elle reçoit dans son bureau le secret des familles et des personnes.
Elle reçoit les larmes et les questions.
Elle reçoit les histoires et les soifs d'avenir.
Elle reçoit la pauvreté crasse et la bêtise,
    la violence et la fragilité,
    la lutte au quotidien et les envies de vivre.
Elle écoute, elle reformule, elle explique, elle oriente.
Elle passe beaucoup de temps à remplir des évaluations et des formulaires, à rechercher dans quelles cases et quels dispositifs pourront se retrouver les personnes qui osent passer sa porte.

Alors que les associations du secteur social sont de plus en plus en difficulté,
alors que les aides individuelles sont de plus en plus limitées,
alors que les politiques publiques cherchent à faire du chiffre tout en réduisant les droits, 
alors que les bénéficiaires de l'aide et de l'action sociale sont de plus en plus considérés comme de dangereux assistés qu'il convient de contrôler,
la demande sociale ne cesse d'augmenter...

Et elle, l'assistante sociale,
est chargée de vider avec une petite cuillère
la mer des besoins qui frappent de plein fouet la société malmenée.
Si elle supporte ce travail de Sisyphe sans tomber dans l'amertume,
si elle est capable de gérer les conflits en désactivant les bombes relationnelles,
si elle va au-delà des pesanteurs institutionnelles et des contradictions des politiques publiques,
si elle cherche toujours à transformer la demande d'aide en possibilité d'autonomisation, 
c'est qu'elle aime les gens.




En su oficina, ella recibe el secreto de las familias y de las personas.
Recibe las lágrimas y las preguntas.
Recibe las historias y la sed de porvenir.
Recibe la pobreza crasa y la estupidez,
    la violencia y la fragilidad,
    la lucha cotidiana y las ganas de vivir.
Escucha, reformula, explica, orienta.
Pasa mucho tiempo rellenando evaluaciones y formularios, buscando los estratagemas y dispositivos donde se podran encarrilar las personas que se atreven a llamar a la puerta.

Cuando las asociaciones del sector social se encuentran cada vez peor,
cuando las ayudas individuales son más y más limitadas,
cuando las politicas públicas entran en las lógicas de cuotas y reducciones de derechos,
cuando los beneficiarios de la acción social son considerados como peligrosos asistidos que es menester controlar, y que la demanda social no para de aumentar...

... Ella, la trabajadora social,
está encargada de achicar con una cucharadita
el mar de necesidades que azotan la sociedad maltratada.
Si aguanta este trabajo de Sísifo sin caer en la amargura, 
si es capaz de gestionar los conflictos desactivando las bombas relacionales,
si soporta la pesadez institucional y las contradicciones de las políticas públicas,
si busca siempre la transformación del pedido de ayuda en posibilidad de empoderamiento, 
es porque quiere a la gente.